CETTE DROITE QUI SE RENIE…
ET L’EUROPE ALORS ?

UNE SOIREE AVEC BELLAMY.

Bellamy MJ 1

 

Il me fallait bien vingt-quatre heures  pour retomber sur Terre. C’est  vrai, je suis ressorti du meeting d’hier soir sur un petit nuage : la foule au rendez-vous, de vieux amis dans  la salle, des  adhérents qu’on ne voyait  plus depuis des lustres, bien sûr, mais surtout le discours de François-Xavier  Bellamy  a été d’une telle intensité qu’encore aujourd’hui  on en parle avec le même émerveillement, le mot n’est pas trop fort.  Et ceux qui me liront et qui y étaient ne me contrediront pas.

Je  ne vais  pas m’étendre sur les autres intervenants, chacun dans leur rôle  avec des exposés de bonne facture. Je me contenterai de relever quelques moments sortant de l’ordinaire dans le  propos de notre tête de liste. C’est avéré, quand il fait de la « civilisation européenne » un enjeu essentiel, il sait convaincre.  Edouard Philippe ne peut qu’ironiser, tant, à côté, sa vision de  l’Europe est technocratique et étriquée. Laissons-le à  son mépris, c’est celui des médiocres quand ils sont parvenus.

Bellamy MJ 2Dans son exposé,  François-Xavier Bellamy a abordé un sujet d’importance,  celui de la  crise environnementale. Il en voit la principale cause dans la  mondialisation débridée qui a abouti,  en faisant de chacun de nous un consommateur qu’il faut satisfaire avec  le  meilleur produit au meilleur prix, à la mise en place d’une organisation mondiale « taylorisée » où les uns fabriquent tandis que les autres se contentent des activités de  services et de loisirs. Cette  organisation qui oublie le travail comme créateur de la  richesse a  conduit à des déséquilibres insupportables  pour les sociétés et pour la planète. Pour les sociétés parce que le consommateur doit pouvoir aussi travailler pour avoir un pouvoir d’achat, et c’est parce qu’on l’a oublié que la puissance publique  est  condamnée  à le lui garantir par l’argent public, grâce à   des prélèvements fiscaux toujours plus élevés, avec en corollaire le chômage… on connait la suite. Pour la planète, parce qu’au prix d’une concurrence  toujours plus exacerbée, on fait faire aux produits  des  parcours toujours plus incroyables  et en même temps désastreux pour l’empreinte carbone : un poisson pêché dans la mer  du Nord part en Chine pour être "fileté" et revient en Europe comme plat  cuisiné pour être consommé ; la Chine nous achète nos chênes qui partent chez elle pour  revenir chez nous en parquets prêts à poser ;  nous consommons de l’agneau de Nouvelle-Zélande qui a fait 18 000 km pour arriver dans nos assiettes …  Face  à ces phénomènes,  l’Europe en est restée à un code de la concurrence entre ses états :  cherchez l'erreur  ! Le  rééquilibrage mondial du  marché est nécessaire et  cela   passe  par une prise de conscience de l’Europe :  il nous faut réapprendre à  produire ce que nous consommons  et  par la  mise en place  d’une barrière écologique, imposer aux produits  qui veulent entrer  les mêmes règles et  les mêmes  contraintes  que celles que nous imposons à nos propres producteurs. Alors, un grand pas sera fait pour résoudre la crise environnementale.  Nul besoin d’une banque du climat dotée de 1 000 milliards  d’euros. Cette  mise en lumière de l’individu devenu d’abord un consommateur qui est dissocié de sa capacité de  travail éclaire d’un  jour cru  la  crise  que nous connaissons en France et  explique l’obsession pour ne pas dire  la tyrannie du pouvoir d’achat.

Un autre temps fort de son intervention a porté sur la notion de dignité de l’être humain. Bellamy MJ 4 C’est l’aventure chrétienne, après l’apport grec de  la raison et de la liberté  et celui de la res-publica romaine, qui donne le sens de la dignité humaine. Je ne peux m’empêcher alors de repenser à l’approche qui avait été  développée par  Jean Leonetti, le radical laïc et constater la grande proximité des deux analyses. N’est-ce pas là ce qui fait notre culture commune. Là encore,  la dimension européenne est nécessaire si l’on veut que l’humain soit respecté. Notre civilisation à quelque chose de singulier à dire au monde sur  le respect de la nature humaine, et le tire de son héritage judéo-chrétien.

Et puis, il y a eu ce moment poignant quand  François-Xavier Bellamy a évoqué nos deux soldats morts au Mali,  en proposant  une minute de silence en leur mémoire, les prenant en exemple pour  démontrer que nous sommes liés les uns aux autres, que nous sommes obligés par  ce qui nous précède, et c’est ce qui donne sens à leur sacrifice. Moment d’intense émotion quand il récite les paroles du chant des soldats qui portaient les cercueils de leur camarade,  en point d’orgue de la démonstration.

Le philosophe se fait diablement pédagogue avec son intelligence tranquille. Et l’auditoire est sous le charme, au sens propre du mot. Voilà un excellent avocat  pour défendre notre vision de l’Europe et nos propositions au sein du groupe PPE, tant il est  vrai que la politique se  mesure, comme il dit, au service qu’elle  rend. On en redemande !

 

 

Commentaires

Daniel PRESSI

Merci pour ce texte qui résume parfaitement l'intensité de cette soirée à laquelle j'ai eu la chance d'assister.
Avant que mr Bellamy ne soit investi, j'avais acheté et lu son livre "DEMEURE" qui m'avait déjà éclairé sur la valeur de l'auteur.
Sa logique, son calme et son humilité devraient convaincre les indécis.
Soyons optimistes.

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