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LES CHOIX DE L’IMPUISSANCE

LA MONNAIE POUR LES NULS

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Marine Le Pen a affirmé qu’on paierait notre baguette de pain en nouveaux Francs très rapidement, réitérant sa volonté de revenir à la monnaie nationale. J’ai entendu Florian Philipot disserter sur la dévaluation qui l’accompagnerait, autour de 20%, en comparaison avec la Livre après le Brexit.  Là-dessus est intervenu un accord  avec Nicolas Dupont Aignan dans les clauses duquel la candidate FN renoncerait à sortir de l’Euro…  tout en sortant de l’Europe. Difficile d’y comprendre quelque chose.  Toujours est-il qu’il faut savoir exactement à quoi on s’expose.

Et d’abord comment se fait la valeur d’une monnaie ?

Jusqu'au 15 août 1971 et l'annonce de la fin de la convertibilité du dollar en or par le Président américain Richard Nixon, l'or était au centre du système monétaire international. Chaque monnaie avait donc une définition de sa valeur en poids d’or fin.  C’était le système dit de Bretton Woods. Depuis, nos devises-papier (dollars, euros, yen) ne sont plus convertibles en or et leur valeur dépend uniquement de la confiance que nous leurs accordons. Si nous perdons confiance dans nos devises, elles retournent à leur valeur intrinsèque, la valeur du papier sur lequel sont imprimés nos billets. Comme disait Voltaire en 1729 : « Toutes les monnaies de papier retournent à leur valeur intrinsèque – ZÉRO. » Les billets ne représentent qu'une petite fraction de la monnaie en circulation. La quasi-totalité est en fait de la monnaie scripturale, les dépôts bancaires, des lignes de compte dans des systèmes informatiques. Notre monnaie est dématérialisée et n'a aucune valeur intrinsèque. Ainsi, le dollar américain, monnaie de réserve internationale, a déjà perdu 99% de son pouvoir d'achat par rapport à l'or. La valeur de la plupart des grandes monnaies (les plus utilisées pour le commerce et la finance) - comme le dollar américain, l’euro, le yen japonais ou la livre sterling - dépend du prix du marché. Le cours de l’euro en dollar, du dollar en euro, de l’euro en yen, du yen en dollar, etc. varie en permanence, au gré des transactions réalisées par les opérateurs dans les salles de marchés (des banques ou des bourses). La valeur d’une monnaie repose donc sur la confiance que l’on accorde à un pays, sur l’importance de sa richesse, sa stabilité, sa croissance économique et sa puissance stratégique. Pour nous, ce n’est pas la France, mais la zone euro qui est prise en compte. Si un pays a, par exemple, de forts déficits commerciaux (flux de marchandises) et/ou de sa balance des paiements (flux de capitaux), cela pèse sur la valeur de sa monnaie, qui, normalement, se déprécie. Enfin, les banques centrales (Banque centrale européenne, Réserve fédérale américaine, Banque du Japon…) - qui émettent les monnaies et fixent le niveau des taux d’intérêt à court terme - peuvent influencer le marché, par exemple lorsqu’elles trouvent que la spéculation va trop loin à la hausse ou à la baisse. Les appréciations publiques émises par les responsables des banques centrales sont prises très au sérieux par les investisseurs, car elles peuvent annoncer une inflexion - à la hausse ou à la baisse - du loyer de l’argent.

Quel  rapport entre l’euro et le Franc ?

La valeur de l’Euro est un taux de conversion et non un taux de change comme avec les autres valeurs monétaires mondiales. La valeur de ce taux de conversion a été fixée avec un système de pondération en fonction de l’importance économique des pays membres de l’Union Economique et Monétaire (UEM) multiplié par le taux de change international des différentes monnaies des pays concernés au 1er janvier 1999. Le cours du dollar a joué un rôle essentiel pour évaluer la pondération des cours nationaux. De cette manière, les organismes financiers internationaux ont donc réussi à convertir de manière équitable les valeurs monétaires nationales pour les 11 pays concernés avec les valeurs suivantes : Allemagne = 1,95583 DEM, Autriche = 13,7603 ATS, Belgique = 40,3399 BEF, Espagne = 166,386 ESP, France = 6,55957 FRF, Italie = 1936,27 ITL, etc… Si le taux de conversion de l’Euro ne peut varier à l’intérieur des pays de l’UEM, cette monnaie s’échange depuis le 1er janvier 1999 avec les autres monnaies internationales. La valeur de la monnaie qui circule en France actuellement tient compte non pas de la situation économique réelle du pays,  mais de celle de l’Euroland,  ce qui constitue une sorte de bouclier, car,  compte tenu que nous sommes à  la traine de l’Europe pour nos déficits et l’énormité de notre  dette,  avec  un commerce extérieur largement déficitaire, il y a belle lurette que nous aurions connu plusieurs dévaluations. En fait, nous sommes à l’abri de la prospérité allemande, pour faire court. Sortir de l’euro,  c’est prendre le risque d’une chute brutale de la confiance qui fait aujourd’hui la stabilité de notre monnaie. 1F  = 1€,  c’est tout simplement un énorme mensonge, car c’est impossible à réaliser.

Pourtant la  banque de France a des réserves d’or !

La France détient la 4ème réserve mondiale d’or : plus de la moitié du bas de laine national, près de 100 milliards d’euros, est constitué d’or pur. Le stock d’or présent dans les coffres de la Banque de France n’a pas beaucoup varié et se situe toujours aux alentours de 2 435 tonnes, constituant ainsi la  4ème réserve de métal jaune au monde après celles des États‑Unis, de l’Allemagne et de l’Italie. L'or est une valeur refuge, comme réserve de valeur, il contribue à garantir la crédibilité monétaire. C'est surtout, aujourd’hui, un actif de diversification qui permet de réduire l'exposition au risque de change du dollar, car une part importante des réserves françaises est en dollars. Néanmoins, en cas de faillite « systémique »  ces quelques 100 milliards d’euros ne pèseraient pas grand-chose face à nos 2 200 milliards d’euros de dette. La mondialisation et la déréglementation du secteur bancaire, autorisant des instruments financiers tels que les produits dérivés, ont créé un système tellement complexe et interconnecté que la perte de confiance dans le système monétaire pourrait entraîner un effondrement économique généralisé. En 2008  nous avons assisté au début de cette mécanique, et les banquiers centraux ont préféré « sauver » le système en injectant des milliers de milliards de nouvelles liquidités dans l'économie, créant encore plus de dette. Ils n'ont fait que déplacer le problème un peu plus loin. Et le risque est aujourd'hui encore plus important. On imagine ce qui se passerait si la sortie du Franc entraînait l’effondrement de l’euro …  Ce n’est  pas seulement la France qui plongerait dans une effroyable crise.

Historiquement, toutes les expériences de monnaies-papier, sans exception, se sont terminées par le même résultat, la perte totale de leur pouvoir d'achat. Marine Le Pen nous y précipiterait à coup sûr, plus vite que prévu !

 

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