LE BREXIT : MAY VA ENTRER DANS LE « DUR »
L’EMBOBINEUR : PEUT-ON LE CROIRE ?

DEBAT EN DIAGONALE…

Debat-presidentiel-le-podium

 

Impossible mais nécessaire.

Trop long, trop confus, trop convenu… mais comment faire autrement avec onze candidats dont au moins cinq n’ont pas leur place. Ce fut une discussion-fleuve que malgré tout les deux chaines organisatrices ont réussi à cadrer un minimum. Je l’ai regardé en diagonale et souvent d’une oreille distraite. Amusé par  la voix rocailleuse et les arguments basiques de Lassalle, agacé par  les sempiternelles rodomontades gauchistes d’Artaud figées dans le temps, énervé par l’agressivité donneuse de leçons de Dupont-Aignan qui ne visait qu’un seul, impavide devant  les  arguments creux de  Macron toujours d’accord, hermétique aux arguments de Le Pen, rigolard face aux clowneries de Poutou (je ne devrais pas, il paraît qu’on ne se moque pas), incrédule devant les démonstrations autoritaires d’Asselineau, étonné par les tours de passe-passe de Mélenchon, insensible à ceux d’Hamon, attentif aux réactions toujours aussi posées et précises de Fillon. J’en ai oublié un. Je ne sais plus ce qu’il  a dit. Onze candidats, c’est beaucoup, c’est trop, et cela jette la confusion dans une conversation qui devient alors inaudible.  Restait à faire du théâtre pour exister, ce que Fillon répugne à jouer.

Un débat utile ?

Il est difficile de dire si ce débat télévisé a déplacé les votes. Certes, les candidats s’en sont envoyé des vertes et des pas mûres et aucun sujet n’a été enterré, mais comment développer un raisonnement avec si peu de temps imparti. Les « poursuites » qui empoisonnent la campagne de François Fillon et de Marine Le Pen et pour lesquelles ni l’un ni l’autre n’avaient construit avant leur prise de parole une argumentation, ont été évoquées et ont fait ressortir quelques éléments d’’information utiles. Ainsi face à une difficulté judiciaire il y a une défense possible. Evidemment, l’occasion était trop belle pour les candidats dits « petits », ceux dont les chances d’arriver au second tour sont quasi nulles, d’attaquer François Fillon sur l’inadéquation entre ce qu’on lui reproche et les mesures qu’il propose, notamment d’augmenter le temps de travail : un prélude aux défilés qui ne manqueront pas de  battre le pavé  s’il  est élu,  mais ça, on le savait déjà. Est-ce que, pour autant, le débat a convaincu l’électorat, a confirmé les choix ou les a changés ? Environ 40 % des électeurs se disaient encore indécis à trois semaines du premier tour. Combien ont pris une décision ? Les sondages nous diront rapidement si l’électorat a bougé. Ceux qui regardent sont ceux qui ont déjà des convictions.  Car il faut aimer la politique pour s’arrimer quatre heures durant devant son poste. Mais pour changer d’avis, il faudrait  passer outre ses convictions personnelles et avoir des candidats qui aient le temps de décrire une vision d’avenir, ce qui parait aléatoire quand vous disposez d’un total de 15 minutes à la fois pour cogner l’adversaire et parer les coups. Il y a eu quelques moments utiles comme  celui où Benoît Hamon a attaqué Jean-Luc Mélenchon au sujet d’une politique européenne dont l’issue inéluctable est le « Frexit ». Moments trop rares noyés dans les arguties idéologiques…

Un paysage inchangé.

Après le spectacle, on n’est pas plus avancé : le paysage politique reste aussi étrangement fluide. Le rapport des forces actuel est très fragile et il est appelé à se modifier. Le schisme Hamon-Mélenchon interdit, sauf surprise, à la gauche-gauche tout espoir de figurer au second tour, même si M. Hamon remonte la pente ou si M. Mélenchon la redescend, et rien au cours du débat ne semblait indiquer une telle évolution. Macron reste encore très « friable ». La seule vraie question porte sur le sort de François Fillon. Ses supporters sont convaincus qu’il rééditera son exploit de la primaire, avec une remontée fulgurante trois jours avant le 23 avril, ce qui est largement possible comme en témoignent l’affluence à ses réunions publiques, le déploiement des réunions sur le terrain et la  campagne très active qu’il mène sur tous les fronts, et surtout, le retour des « juppéistes » à ses côtés, comme hier à Provins. Faire revenir des électeurs partis ailleurs ou indécis est toujours une tâche ardue, mais l’énergie qu’il déploie peut surmonter ce défi. Cette campagne a ouvert la vanne d’un flot irrésistible de démagogie. On y dit ce qu’on veut, il suffit pour le savoir d’avoir suivi le grand débat.  Ce flot est certainement le meilleur allié de François Fillon pour faire ressortir le « sérieux » de sa candidature.

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