LA COURBE EST INVERSEE !
PUISQUE LA FRANCE EST EN GUERRE…

UN PEU D’HISTOIRE…

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LES CONGES PAYES

En descendant tranquillement vers la côte vendéenne, hier matin, sur l’A 87, la circulation était fluide, mais dans l’autre sens, ça « remontait ». Les « aoûtiens » dont le temps de vacances était terminé s’acheminaient en grappes drues vers leurs pénates afin de reprendre le dur labeur. C’est que les traditions ont la vie dure : je le constate tous les ans, c’est la première quinzaine d’août qui est toujours la plus fréquentée par les vacanciers. Ce phénomène nous vient de 1936, quand les « accords Matignon » accordèrent les premiers « congés payés » dans l’enthousiasme général.

Ce principe était déjà appliqué dans plusieurs pays et même dans certaines professions en France. Ce n’était donc pas tout-à-fait une révolution. C’est Napoléon III qui publia un décret en 1853, accordant quinze jours de congés aux fonctionnaires (c’est aussi lui qui accorda le droit de grève). Vous allez penser que ce sont toujours les mêmes qui sont servis en premier.  Au début du XXème siècle, les salariés du métro, des usines électriques et à gaz, les employés de bureau et de commerce ont obtenu en moyenne une semaine de congés. Ceux de la Société des Transports en Commun Parisiens battent tous les records avec vingt et un jours ! Quelques entreprises privées adoptent aussi le principe en particulier dans les secteurs du livre et de la couture. C’est ainsi que les employés du journal « l’Information » profitent de congés payés dès 1920, ce qui n’échappe pas à Léon Blum, collaborateur au journal. Cette expérience inspirera le chef du gouvernement du « Front populaire ».

Pourtant, la grande majorité des ouvriers échappent à cette évolution. Probablement parce que les syndicats sont encore en retard d’une guerre et préfèrent concentrer leurs efforts sur les salaires et la durée du travail. Bien que beaucoup d’usines ferment en août, leurs ouvriers ne sont alors pas payés, ce qui paraîtrait scandaleux aujourd’hui mais pas à l’époque, où pour le patronat et beaucoup de salariés il est inconcevable « d’être payés à ne rien faire ». C’est pourquoi la généralisation des congés est jugée encore en 1936 comme utopique et ruineuse.

Cette loi votée le 8 juin 1936 sera emblématique des conquêtes sociales sacralisées par le « Front Populaire ». Elle accorde quatorze jours de congés annuels pour les salartiés ayant travaillé un an.  Dans le même temps, Léo Lagrange, sous-secrétaire d’Etat aux sports et à l’organisation des loisirs (ça rappelle André Henry, ministre du temps libre en 1981), propose des billets populaires de congés annuels mis en vente dès le 3 août. On part en train, en vélo, ou même à pied pour le plaisir de planter sa tente dans un coin de verdure. Beaucoup voient la mer pour la première fois ! Et si une grande majorité n’a pas les moyens de partir, ce temps de repos est utilisé en pique-niques ou invitations entre voisins. C’est une manière de s’approprier ce moment inédit et le sentiment d’être maitre de ses journées.

La coupur d’août n’a jamais été remise en cause. Elle rythme l’année. Le tourisme de masse s’est peu à peu développé avec le secteur des loisirs et des vacances, faisant vivre des milliers d’autres salariés. Des lois successives ont augmenté la durée des congés : trois semaines en 1956, quatre en 1969, cinq en 1982. La trêve estival reste mais est moins tranchée, elle est souvent complétée par un temps de repos pris pour aller aux sports d’hiver et depuis les RTT qui viennent s’ajouter, la mode est de plus en plus à l’étalement des vacances tout au long de l’année.

Pourtant, la coupure de la première quinzaine d’août est encore très marquée. Les traditions ont la vie dure, les fermetures annuelles aussi !

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