QUI A DIT ?
MANQUE PAS D'AIR !

LE GAUCHOIS ET LE FRANCOIS

 

Chacun son langage de 2ème tour.

Le candidat socialiste a choisi de parler le « gauchois ». C’est un langage particulier qui ne s’adresse qu’au « peuple de gauche ». Quand il plaide le plus large rassemblement, c’est bien sûr de « toute » la gauche qu’il parle. Au-delà sont les cons qui ne peuvent pas comprendre. D’ailleurs est-il possible de ne pas être de gauche ? Mais qu’est-ce qui fait donc la différence ? « Nous à gauche, comprends-tu, on réfléchit » : voilà la réponse ! Donc quand on prétend rassembler en dehors de la gauche, on divise. CQFD.

Ce langage est pratiqué abondamment sur les médias puisque 96% des journalistes se disent de gauche. L’élite qui le pratique en connait tous les codes. Certains mots reviennent en boucle : juste (la gauche est plus juste), solidarité (un fonds de commerce), inégalités (qui forcément se creusent), changement (surtout pour les classes moyennes mais faut pas leur dire), rassemblement (limité au peuple de gauche) et division (quand on s’en distingue). Il a aussi ses insultes. La plus grave c’est « riche » et sa variante « président des riches », mais il y a aussi « Fouquet’s », « bouclier fiscal » (perdu de vue), et évidemment « sarkozyste » (quasi synonyme de barbare). C’est un langage qui véhicule des expressions toutes faites comme « cadeau fait aux riches », « justice fiscale, justice sociale, ordre juste »…  Enfin, il a son ordre sacré avec « 1981 » comme date de naissance du monde (passage de l’ombre à la lumière) et le nom « Mitterrand » qui doit être prononcé en faisant une génuflexion. Un langage qui est devenu impénétrable pour les ouvriers et les gens simples.

Nicolas Sarkozy, lui, parle le « François », à la différence de son adversaire qui en porte le prénom mais ne le pratique pas. Tous ses discours s’adressent au « peuple de France ». C’est le « François » universel. Il a aussi ses mots fétiches : « travail », « valeurs », « effort », « mérite », « crise inouïe », « responsabilité », « réformes », « rassemblement » (réflexe gaulliste), « sécurité » et ses gros mots : « assistanat », « sectaire » (principal trait des socialistes), « impôts », « immigration » (surtout quand elle est clandestine). Le François aime aussi les expressions idiomatiques telles que « discipline budgétaire », « France forte », « ceux qui se lèvent tôt », « règle d’or », ou encore « bon sens ». Ici, point de dimension sacrée. Même la référence au Gourou suprême – De Gaulle – devient épisodique. Ce langage n’est pas à la portée de tous. Si les gens simples le comprennent, certaines élites le méprisent ou l’ont oublié. Pas assez intellectuel évidemment, et pourtant efficace.

Dans le registre gauchois, le mot démocratie désigne un système dont seule la gauche a le monopole, alors que pour le François elle s’accomplit dans la diversité des opinions. De même, l’Etat, selon la définition gauchoise, ne peut bien fonctionner que lorsque la gauche en détient tous les leviers, sinon il ne peut être « exemplaire ». Il n’y a qu’un mot qu’on ne trouve pas dans le dictionnaire gauchois, c’est « nombril », un oubli évidemment. 

 

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