IZ(VERY)NOGOUDS !
LA COURSE EN TETE

CES PARENTS QUI FUIENT LE MAMMOUTH


  Sorbonne                                                             

 

L’autre jour, je passais la soirée chez des amis. Parmi les invités un jeune couple, parents de trois enfants. La conversation, comme souvent, en est venue à aborder les problèmes d’éducation. Récemment, ils ont pris la décision de les inscrire dans une école privée. J’ai voulu connaître leurs raisons : ils en ont donné deux essentiellement. La première, c’est le ras le bol des jours de grève et des billets revendicatifs à signer, glissés dans les cahiers de leurs enfants. La seconde, c’est qu’ils avaient le sentiment que ceux-ci ne travaillaient pas beaucoup. Pourtant, ils n’étaient pas dans un lieu où un taux d’élèves d’origine étrangère aurait pu ralentir le rythme des apprentissages ou perturber la classe. Depuis qu’ils ont changé d’école, ils ont le trouvent que leurs enfants ont plus de travail, apprennent plus de choses, sont plus encadrés et plus suivis… Sans parler de la violence, inconnue dans leur nouvel établissement. Une école religieuse (ou privée) sous contrat d’association. 

Amer constat ! Pour moi, qui ai fait une carrière dans l’Education Nationale, c’est désolant. Car rien n’aurait dû pousser ces jeunes à quitter l’enseignement public dans lequel ils ont fait toutes leurs études. D’ailleurs, ils le disent eux-mêmes, ce sont des raisons pratiques qui les ont décidés. Pas la compétence des enseignants, même si leur comportement militant les avait agacés plus d’une fois. Désormais, plus de jours de grèves à galérer pour faire garder les gosses. Ils se sentent plus à l’aise avec les enseignants de l’école privée pour l’accueil et les contacts. Ce qui est grave, c’est qu’ils ne sont pas les seuls à faire la même démarche. La queue et le délai d’attente s’allongent pour entrer dans leur école. Et beaucoup d’écoles privées connaissent la même situation. 

C’est donc que l’école de la République n’est plus l’école de la République. Elle fait fuir une partie des parents. Probablement, ceux qui ne votent pas à gauche, et encore, ce n’est pas si sûr que ça. Les comportements excessifs y sont de plus en plus fréquents : on trouve prosélytisme, manque de retenue sur les opinions, refus d’appliquer les directives, là où on devrait avoir tolérance, prudence et implication. Dès lors qu’une partie de la population ne se reconnaît plus dans cette école, c’est qu’elle faillit à sa mission première qui est celle d’être accueillante pour tous, quelles que soient les opinions et les croyances.

Mais le spectacle que nous offrent les dernières convulsions des grèves dans les universités est encore bien pire. Comme nous le crie Françoise THOM, universitaire, maitre de conférence en histoire contemporaine à la Sorbonne, « il était du devoir des enseignants d’aider les étudiants à se construire intellectuellement et moralement, afin de les équiper pour les épreuves futures. Au lieu de cela, nous les voyons en grand nombre donner l’exemple de la dérive idéologique la plus extrême, nous les voyons persuader les étudiants de sacrifier un semestre d’études, de dissiper leur temps dans des AG volubiles et stériles…Des groupes de gardes rouges ne se gênent pas pour apostropher les professeurs, pour fouiller leurs cartables… La violence est sanctifiée par la mythologie de gauche ». Et après 8 semaines de blocage, la prestigieuse faculté se retrouve au bord de la faillite. Une université américaine a déjà réclamé le remboursement des frais consentis pour ce semestre. S’y ajoutera le remboursement des frais de scolarité d’une grande partie des 24 000 étudiants qui vont faire valoir leurs droits. Et on s’attend à une baisse de 25%  des demandes d’inscriptions pour la rentrée 2009. Un vrai désastre ! Beau résultat en vérité.

Mais pouvait-on attendre autre chose d’une trentaine d’irréductibles qui n’avaient rien d’autre à proposer que le « naufrage pour tous » ?

Les facs et les établissements d’enseignement supérieurs privés ont de beaux jours devant eux. Il sera toujours facile de dire que c’est ce que le gouvernement cherchait. Un peu trop facile ! Et que dire des diplômes qui seront délivrés cette année ? Quelle valeur auront-ils ?

La crise que traverse le système éducatif est, bien plus qu’une crise de système, une crise idéologique et catégorielle. Une crise du personnel enseignant, majoritairement aveuglé par une idéologie vaguement rousseauiste, alors que le monde a bien changé, et qui s’accroche à ses avantages acquis comme une tique au mollet d’un marcheur. Ils se sont coupés de la réalité et n’acceptent pas qu’on s’introduise dans leur territoire. Alors vous parlez, si un gouvernement,  de droite de surcroît, prétend changer les choses … Et pourtant, il faudra bien un jour, non seulement « dégraisser le mammouth », mais aussi le faire muer. Le gouvernement a raison de ne pas céder sur l’essentiel. Et puis, le mandat des électeurs est plus légitime que…- vous connaissez la suite.

 

 

                                                           

Commentaires

jibe124

J'ai vécu 1968 en tant qu'étudiant. Je me suis d'emblée retrouvé du coté des non-grévistes. J'étais consterné devant la puérilité des revendications. Le foisonnement de "conneries" des semeurs de chienlit, encouragés par des professeurs complaisants et gauchistes.
Résultat des courses nous avons passé nos examens en septembre avec l'impossibilité de trouver un job d'été.
J'ai (mal) vécu 1968 à l'envers.J e ressent aujourd'hui le désarroi des majorités silencieuses. Je les conjure de se faire respecter et d'avoir le courage de clamer leur colère vis à vis de minorités agissantes, politisées et irresponsables. Il faut savoir que dans ces situations on retrouve des nervis , non étudiants qui dictent leur loi dans les amphis et à la porte des locaux universitaires.
Nous avons mené ce combat il y a 41 ans malgré l'importance des communistes et des gauchistes qui représentaient plus du quart de l'électorat et qui avaient pour modèle unique l'URSS et la RDA.
Une autre époque ...
Que les jeunes Français sauvent leur université, maintenant, aujourd'hui.

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