HISTOIRE
EPILOGUE
UN REMANIEMENT SEVEREMENT BORNE !

ELOGE DU BEAU

Renaissance

 

La laideur est partout.

Je hais cette époque dans laquelle nous vivons. La laideur et la vulgarité sont partout et j’ai l’impression que le  mal s’aggrave sous la pression des idéologies obscurantistes  vertes et déconstructionnistes. Tous les domaines sont touchés. Le  plus usuel qui nous concerne tous les jours, celui de la mode, est particulièrement concerné : vêtements troués, coiffure soigneusement ébouriffées… Avec l’été et la chaleur,  les corps se  dénudent et l’on découvre l’invasion des tatouages qui sont rarement jolis. Les  grands couturiers y mettent du leur et les défilés qu’ils organisent hésitent entre le disgrâcieux et l’improbable au point qu’on se demande s’ils « ont tout », comme aurait dit ma grand-mère.  Le domaine de l’art n’y échappe pas : les œuvres des artistes contemporains font un concours qui se partage entre farce et foutage de gueule : il ne suffit pas de planter un plug anal  géant place Vendôme ou de suspendre  un homard géant dans la merveilleuse galerie des glaces du château de Versailles pour transformer une provocation en œuvre  artistique impérissable. De même, notre époque contemporaine, qui voit  l’extension des villes, se vautre dans une architecture généralement terne qu’on  pourrait  qualifier de « caserniste » tant elle privilégie le fonctionnel, ce qui fit dire à Renaud, avec justesse, dans une chanson : « il est blême, mon HLM ». Le  modernisme n’a pas de modèle  de beauté. Il se complet dans l’ordinaire et le terne. Les entrées de villes sont emblématiques de cette laideur de boites à chaussures en tôles avec   comme enluminures  les panneaux publicitaires. Même les monuments qui se targuent de « gestes contemporains »  laissent souvent songeurs, et je peux comprendre le réflexe de Roselyne Bachelot, alors Ministre de la Culture, qui a préféré qu’on reproduise la flèche de Notre-Dame à l’identique au « phallus surplombant des boules » que d’aucuns auraient voulu réaliser. Ces artistes (un bien grand mot) de l’art contemporain se  moquent du monde et ne croient  plus qu’en leur singularité de « créateurs », expression de leur « moi » surdimensionné. L’insignifiant  le cède  souvent à la  provocation. Et  voilà que nos espaces verts qui embellissaient de  leur parterres fleuris nos jardins urbains, sous la pression dite du « respect de la biodiversité », sont devenus des friches innommables remplies de chardons et de plantes peut-être naturelles mais  particulièrement disgracieuses. Double punition pour les citadins condamnés à vivre dans des espaces vulgaires et calamiteux. Recrudescence des allergies aux pollens garantie. Même le septième art est touché et je il  y aurait beaucoup à dire sur  la dictature des minorités  qui nous imposent des thématiques absurdes en guise de fictions. On ne rêve plus, on cauchemarde.

Je rêve  d’une nouvelle Renaissance.

Heureusement, nous avons notre patrimoine monumental et architectural, nos musées et  leurs œuvres indépassables pour nous replonger dans le beau, les splendeurs du passé.  Notre sensibilité peut enfin s’émouvoir et le goût se confronter à l’esthétisme. Nos contemporains  ont tout à gagner à renouer avec les Grecs et leur exigence sans cesse poursuivie de la recherche de l’équilibre, de la ligne harmonieuse, de la  proportion idéale. Le temple, grâce au nombre d’or, reste  à taille humaine, la statue se fait représentation parfaite du corps humain. Face  à une œuvre contemporaine, on a envie de crier : « Au secours, Praxitèle ! ». C’est en essayant de faire aussi bien que les tragiques grecs que Racine a su être lui-même. C’est en renouant avec l’inspiration première, la beauté du monde, à travers la représentation de la nature, que les artistes ont su se dépasser en se lançant le défi : puis-je faire aussi bien ? Pour cela il faudrait qu’ils renoncent à la subversion qui veut que l’art soit devenu une branche de la  société spectaculaire-marchande au lieu de proposer  le pas  de côté qui permettrait d’y échapper. Le plus beau moment de notre histoire n’a-t-il pas été celui où, encore pleine de la foi du Moyen-Age, notre Europe redécouvre le réalisme géométrisé des Grecs, instaurant un dialogue fécond avec les œuvres imprégnées du christianisme, pleines  de compassion et de douceur, du Roman et du Gothique. Le chemin parcouru jusqu’à nous n’est qu’une longue liste de chefs d’œuvres, accompagnée  par Les Lumières qui apportent leur dimension insurpassable, faisant que la raison ne pouvait se fonder que sur le savoir et le courage de l’acquérir.  L’individualisme forcené  qui guide aujourd’hui la conduite de beaucoup et l’obéissance à ses propres instincts plutôt qu’aux lois de la communauté que forme la République unie est exactement la situation à laquelle les Lumières voulaient arracher l’Homme prisonnier de sa minorité intellectuelle.  On préfère enfermer la population dans ses préjugés et son ignorance, s’étonnant ensuite de son inculture et de son abêtissement. Les  récents événements qui ont secoué la France en sont un parfait exemple et le débat  qui s’en suit n’échappe pas  aux  modes actuels de fonctionnement de notre société :   débat  public entravé par l’autocensure et même la censure, déni de réalité et, comme l’affirme Alain Finkielkraut, « malheur à celui qui ose dire ce qu’il voit ». En même temps, ce ringard de Tour de France offre à  nos yeux émerveillés, chaque jour, la   beauté de notre  pays, partout  elle se déploie, saupoudrant le  territoire de ses châteaux, de ses églises, de ses  bourgs, des ses paysages cultivés avec  amour, de ses forêts, en une grâce enchanteresse et nulle  part ailleurs la beauté géographique ne s’articule si bien au sceau de l’Histoire. Un bien joli lot de consolation commenté par l’intarissable Franck Ferrand. Les déconstructeurs ont du boulot ! Il est grand temps de tourner la page.

Revenons à notre projet  de civilisation. C’est dans la richesse de ce que le passé  nous offre de plus beau que l’on trouvera le chemin de la Renaissance.

 

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