HISTOIRE
Previous month:
septembre 2021

BARNIER !

Barnier europe

 

Le congrès de LR désignera le 4 décembre le candidat de la droite pour 2022. Nous aurons alors un seul ou une seule candidate, et presque cinq mois de campagne devant nous. Nous serons enfin incarnés et cela créera le rassemblement et une dynamique. Nous pouvons gagner ! Le président sortant est actuellement en tête. Mais rien n’est joué entre les trois candidats suivants. Les électeurs de Zemmour comme de Le Pen ont les mêmes préoccupations : l’immigration et la délinquance. C’est un peu court pour un projet ­présidentiel. L’ensemble des Français attendent une offre alternative crédible. Il y a naturellement une compétition  entre nos candidats, mais je ne suis pas inquiet : ils ont tous le sens des responsabilités. L’important, c’est le projet qu’on va présenter aux Français. On va s’apercevoir que le parti a  beaucoup travaillé  et que le  projet qui en est sorti constitue un socle solide pour la campagne présidentielle. Il  inspire   tous nos candidats qui ont peu de divergence entre eux.

J’ai choisi Michel Barnier.

Catherine Deroche notre sénatrice qui participe à l’animation de sa campagne m’a  demandé si je voulais bien être référent pour Michel Barnier dans la 1ère circonscription du Maine-et-Loire. J’ai accepté, car il est  celui qui me semble cocher toutes les cases pour être un vrai Président de la République qui gouverne. J’aime son discours rassembleur, son calme est rassurant, son parcours fait de lui un homme expérimenté. La négociation du « Brexit » qu’il a  menée pour les 27  en est une démonstration éclatante.  En plus de ses qualités personnelles, ses  convictions euroréalistes constituent un atout supplémentaire.  En cette période troublée, dans un monde  dangereux, nous avons besoin que  le gouvernail de l’Etat soit tenu d’une main ferme par un  Président qui connait toutes les arcanes de l’Union et qui plus est,  personnellement son personnel politique au plus haut niveau. Michel   Barnier est  pour moi, le choix rationnel de la raison  et de l’efficacité.

Nous avons la chance qu’il vienne dans le Maine-et-Loire.

C’est  avec plaisir que je vous invite à participer à la réunion publique que notre fédération organise à son intention. Adhérent ou non, vous êtes les bienvenus. Venez vous  informer,  poser des questions. Et s’il vous a  convaincus, vous pourrez même adhérer, le cas échéant, et venir renforcer le nombre de  ceux et celles qui ont l’intention de voter pour lui. 

Michel BARNIER- Invitation

Attention : munissez-vous de votre passe sanitaire 

Merci de bien vouloir nous préciser votre présence par retour de mail à :

[email protected]

 


L’AVERTISSEMENT DU HUSSARD

Didier Lemaire

 

Menacé de mort pour avoir dénoncé l’impéritie de l’Etat face à l’extension de l’emprise islamiste, Didier Lemaire, le professeur de philosophie du lycée de Trappes, publie  « Lettre d’un hussard de la République,  avant qu’il ne soit trop tard… ».  Il a dû quitter son lycée où il enseignait depuis vingt ans. Dans son  livre, il  raconte  l’emballement médiatique et politique dont il  a fait  l’objet et raconte son combat. Il est aujourd’hui  en attente d’une nouvelle affectation. L’assassinat  de Samuel Paty a été le déclencheur de son enquête sur l’emprise de l’Islam et la réaction des institutions républicaines face à l’islamisme, telles qu’il les a vécues, de l’intérieur.

Un témoignage  lucide.

Il fallait raconter comment un prof de philo depuis vingt ans dans un même établissement a vu petit à petit sa relation avec ses élèves évoluer  tout comme leur relation à la discipline philisophique. Les résistances idéologiques qui n’existaient pas  sont devenues de plus en plus fortes au fur et à mesure que la « mixité » disparaissait.  Au point de se retrouver dans la situation où son enseignement était devenu très difficile. Sa prise de conscience commence avec les émeutes de 2005 et se poursuit jusqu’aux tueries de 2015. C’est l’observation de ses élèves  et leurs paroles qui lui ont  permis de comprendre qu’il se  passait quelque chose dans leur ville. Trappes est en effet la ville qui a envoyé le plus de volontaires faire le « djihad ».

Une immersion dans l’environnement du lycée.

Sa volonté de comprendre pousse Didier Lemaire à partir à la découverte de la population de la ville de son lycée. Il découvrit peu à peu Trappes et son histoire. Sa participation aux réunions de l’association « Paroles à cœur ouvert » lui permit de  mesurer l’emprise progressive de la religion à travers les interventions du libraire « tabligh » de Trappes dont les interventions prétendument apolitiques et non violentes  préparaient en fait le terrain aux salafistes qui eux-mêmes  le préparaient aux « frères »  et au djihadisme. Le   mouvement fondamentaliste Tabligh nourrit le rêve d’un Islam hégémonique. Il constata que la violence verbale contre la  société française était de nature à pousser ses adeptes à rompre avec les valeurs et les mœurs de la France. Il réalise alors qu’il ne vit plus dans le même monde que ses élèves.

L’assassinat de Samuel Paty.

Il lui a fallu quelques semaines de réflexion après l’assassinat du prof de Conflans avant de se décider à prendre la parole publiquement. Il dénonça dans l’Obs la responsabilité de l’Etat régalien dans la mort de son  collègue.  C’est alors que c’est lui qui est devenu le problème. Il  s’est  retrouvé au cœur d’un emballement médiatique enflammé.  Quand il a commencé à raconter l’emprise qu’il  avait observée et l’engrenage qui conduisait au djihad, les « bons esprits » de notre gauche communautariste ont crié à la mythomanie, à l’islamophobie,  et  le journal Le  Monde n’a pas été en reste.  Le  préfet l’a accusé de saccager le « vivre-ensemble » en défendant l’action du maire Ali Rabeh.  Celui-ci est allé jusqu’à pénétrer dans le lycée pour distribuer des tracts accusant l’enseignant de travestir la réalité. Menacé de mort, il est d’abord mis sous protection  policière, puis contraint d’exercer son droit de retrait. Il est en attente de propositions de reclassement.

La démission de la gauche républicaine.

« La gauche a abandonné les principes républicains », voilà le constat que fait Didier Lemaire et il y voit à travers toutes ses compromissions avec les tenants de l’Islam, au nom d’un clientélisme électoral  mais aussi idéologique, une des causes de l’extension de l’emprise religieuse. Il observe même qu’une partie de la gauche frise avec l’antisémitisme, avec un « antiracisme raciste ».  Elle prône une idéologie des identités. Pour cette gauche, les Français  d’aujourd’hui devraient faire repentance pour les crimes passés.  Une nouvelle version du péché originel !  Alors que ce qui fonde  notre démocratie, c’est que l’Etat ne reconnaît  qu’une seule communauté, la communauté nationale, et il n’y a que des individus égaux dont il garantit les libertés.  Pour lui la gauche sombre dans le totalitarisme au nom  d’une conception tribale de l’homme, dans laquelle les individus s’effacent devant leur  appartenance à une supposée communauté noire, musulmane, homosexuelle, lesbienne, transgenre ou autre … La  peur de la  « stigmatisation », le « pas d’amalgame », encore  en cours malheureusement, ont produit l’effet inverse de celui recherché : elle conforte  ceux qui pensent que la France est « anti-islam ».

Avant qu’il ne soit trop tard…

Il  y a un islam identitaire, victimaire et antifrançais qui gagne du terrain et alimente le djihadisme par une dynamique de conquête qui s’appuie sur les porosités entre islam et islamisme, avec la délinquance et  le séparatisme ethnique et économique. Seul un  plan d’ensemble,  une approche globale, avec une stratégie et des étapes, permettraient d’endiguer le  phénomène.  Cela nécessite de refonder l’école, seule institution capable de contrebalancer l’idéologie d’imprégnation des jeunes de ces banlieues, de faire respecter la police et permettre à la justice d’être correctement rendue. Ce ne sont pas les récentes déclarations du Président de la République et les manifestations de repentance sans nuances auxquelles il participe qui vont permettre de lutter efficacement contre  ce que Didier Lemaire  appelle les « sirènes  perfides » qui sont partout. Mêmes les manifestations organisées en commémoration de  l’assassinat de Samuel Paty, sont encore trop empreintes de précautions  « pour éviter les vagues » qui ne devraient pas  avoir lieu d’être. Ce ne sont pas les  actions disparates menées  par l’actuel Ministre de l’intérieur qui ferme quelques mosquées  et  renvoie quelques imams pour donner le change, ce n’est pas une loi « pour conforter les principes républicains », en partie vidée de son sens par la gauche de la majorité actuelle, ce n’est  pas avec un premier  Ministre davantage  préoccupé du secret de la confession des catholiques que des violences répétées contre la République dans les quartiers… que nous allons relever le défi.  Ali Rabeh, dont l’élection avait été annulée a été réélu. Il n’a pas été poursuivi pour son intrusion dans le lycée, acte pourtant passible du code pénal. Le  prof  de philo, pourtant de  gauche, constate que les soutiens qui lui ont été apportés  sont venus de… la droite, de Valéry Pécresse notamment et Othman Nasrou, adversaire d’Ali Rabeh.

Je crois que tout est dit !

Extraits :

« … devenir un individu libre n’est possible qu’à deux conditions : un Etat de droit qui empêche toute communauté de confisquer à l’individu sa liberté en lui imposant une manière d’être et  de penser, et une Ecole qui prépare chaque homme à devenir citoyen par la transmission d’une culture humaniste, scientifique, artistique et philosophique ».

« D’un point de vue philosophique, la  laïcité est un principe d’émancipation des croyances et de toute autorité entravant leur libre pensée et la libre disposition de leur corps. Adopé par l’Etat, ce principe se traduit en lois et institutions, qui promeuvent et garantissent, la libération de l’individu vis-à-vis de toute communauté –religieuse, familiale, sociale ou clanique- . L’Etat laïque se dresse  contre toute tentative d’emprise sur les consciences et sur les corps par des autorités religieuses. Il garantit l’égalité de traitement de tous, quelles que soient leurs opinions. Neutre ou indifférent du point de vue métaphysique et religieux, il n’adopte ni ne favorise aucun culte. »

Didier Lemaire – LETTRE D’UN HUSSARD DE LA REPUBLIQUE – Robert Laffont.


L’EFFET CHEQUES

Des-liasses-de-billets

 

Nous sommes abreuvés de sondages pour la présidentielle de 2022. Ils  ont  tous au moins un point commun : Macron parade en tête avec constance en pointant autour de 24% . Même si le score n’est pas extraordinaire, il serait difficile de s’en étonner avec la campagne qu’il a entamée depuis quelques semaines, le carnet de chèques à la main. « Après moi, le déluge »  est-on enclin à penser.  La réalité  n’est pourtant pas aussi rose que celle qu’il  essaie de nous faire oublier  avec deux mensonges : les impôts auraient baissé sous son quinquennat et les milliards qu’il distribue c’est au nom du plan de relance et pas des cadeaux électoraux.

Une campagne qui ne dit pas  son nom.

Le Président de la République arpente la France dans tous les sens. Ici avec les agriculteurs il débloque 600 millions, là c’est 500 millions pour le Beauvau de la sécurité, 1,5 milliard pour Marseille, 2 milliards de plus pour ma  prim’ rénov, …  en quinze jours c’est 5 à 7 milliards d’euros qui ont été dépensés, sans compter les petits chèques pour compenser les hausses du prix de l’énergie et des carburants. Non seulement ce n’est pas la fin « quoi qu’il en coûte », mais c’est la pluie de « l’argent magique », dont  le locataire de l’Elysée affirmait pourtant qu’il n’existait pas.

Le dernier budget du quinquennat.

Le gouvernement vient de présenter le dernier budget du quinquennat avec un seul mot d’ordre : communiquer sur les baisses d’impôts pour les ménages. Alors, on évoque beaucoup les baisses, impôts sur le revenu, taxe d’habitation, mais pas beaucoup les hausses notamment celle  de  la CSG… On oublie que nous sommes toujours quatre points au-dessus de nos partenaires de la zone euro en impôts, taxes et cotisations. On oublie surtout qu’un chemin pérenne vers des baisses d’impôts durables devrait passer par des baisses de dépenses, et on n’en prend pas le chemin. Certes, nos entreprises -et c’est une bonne nouvelle- sont les premières bénéficiaires des baisses nettes d’impôt qui viennent d’ailleurs principalement de mesures prises sous le quinquennat de François Hollande. Il faut y ajouter, à l’initiative de ce gouvernement, la baisse des impôts de production, insuffisante mais réelle. Mais du côté des ménages, si le gouvernement insiste sur les 5 milliards d’euros de baisse de l’impôt sur le revenu et sur les 16,5 milliards d’euros de baisse de taxe d’habitation, il oublie d’inclure l’énorme augmentation de la CSG qui a caractérisé le début du mandat et qui est bien plus lourde que la baisse des cotisations sociales salariales. Il oublie aussi d’évoquer la hausse de la taxe foncière ou la hausse d’impôt sur le revenu lié à la mise en place du prélèvement à la source ou encore la hausse de la TICPE... Sur l’impôt sur le revenu des ménages la baisse est d’autant moins flagrante que la recette passe de 73 milliards en 2017 à plus de 82 milliards en 2022…  Sur la totalité des impôts directs, on a du mal à voir où est vraiment la baisse.

L’explosion des dépenses publiques.

les dépenses publiques ont cru de manière exponentielle en France avec, hors dépenses d’urgence et de relance, environ 28 milliards d’euros de plus par an, ce qui est considérable.  Elles atteindront toujours plus de 56% du PIB en 2022 contre 49,6% en zone euro. Et on annonce une nouvelle fuite en avant avec un nouveau plan d’investissement à 30 milliards d’euros, financé aussi par la dette, d’ici 2030, et la dette aura augmenté fin 2022 d’environ 690 milliards ! On comprend que le Haut Conseil des Finances Publiques appelle à la « plus grande vigilance sur la soutenabilité à moyen terme des finances publiques ». Mais le sortant n’en a cure.  Il est prêt à « acheter » même au prix fort, sa réélection. En attendant, on peut aussi légitimement se demander quelle est la durée de vie de baisses d’impôts qui ne sont pas financées. Au moins, on sait ce qui attend le ou la titulaire du mandat suivant : il faudra faire un effort de 3 à 4 points de PIB de baisses d’impôts, financés non par de la dette mais par des baisses de dépenses, pour rendre nos entreprises compétitives et booster la croissance potentielle de la France. Le risque est donc grand pour notre pays, en multipliant les chèques et les annonces de dépenses, de gâcher une possibilité unique de consolider les baisses d’impôts et de les poursuivre massivement comme il serait nécessaire pour combler notre retard de compétitivité.

Puissent les Français avoir la sagesse de ne pas se laisser  prendre au  piège des cadeaux électoraux, par nature éphémères, et choisir la  voie du redressement  qui demande des efforts  mais qui conduit au retour de la prospérité  pour tous. Le  programme des Républicains contient toutes  les solutions qu’ils attendent.  Ils  auraient tort de s’en priver.

 


L’ENGOUEMENT ZEMMOUR

Eric Zemmour

 

Un brillant chroniqueur

Avec la sortie de son nouveau livre, Eric Zemmour fait un tabac. Les médias  se l’arrachent, victimes de "zemmourite" aiguë, même ceux qui ne l’appelaient plus, comme dans le « service public ». Si on ajoute à cela le fait que BFMTV  et LCI aient multiplié les reportages sur lui, ça devrait, comme on dit, mettre la puce à l’oreille. Rien n’est gratuit en ce bas monde. Son irruption doit bien rendre service à quelqu’un. Reconnaissons à l’intéressé son talent. C’est un éditorialiste réputé qui a fait les beaux jours de Cnews, entre autre. Il n’est pas étonnant que son entrée dans l’arène concentre tous les regards. Il voulait être l’événement de la rentrée : il a réussi. Pas  un entretien sans que la question de son éventuelle candidature ne soit posée. Il fait durer le suspense  et pendant ce temps-là, il vend son livre au titre évocateur : « La  France n’a  pas  dit son dernier mot ».  Tout un  programme,  pensent ses fans. Ses thèses  rejoignent souvent celles du RN, et à LR, il séduit une frange conservatrice, et il se vante de voir les candidats à  la  sélection reprendre ses thèses, ce qui est une facilité. Et  comme plus ça mousse, mieux c’est, il multiplie les coups d’éclats : face-à-face avec Mélenchon, débat avec Michel Onfray …  Eric Zemmour a  du fond, profondément maurrassien, il est aussi très cultivé.  Mais s’il dénonce de vrais problèmes, qu’il s’agisse de l’identité, de l’immigration, de l’industrie ou de l’indépendance, s’il  a raison d’évoquer la catastrophe éducative, si la problématique  globale est bien une « guerre de civilisation », sa France sent la naphtaline et son plaidoyer , ne s’appuyant sur aucune expérience concrète et seulement sur l’observation, même juste, sonne creux.  D’autres, à droite, développent  les mêmes thèses, mais sur un socle  plus réaliste.

Zemmour, quelles compétences ?

Il ne suffit pas de parler, de faire de beaux discours, d’étaler  de  belles idées.  Il ne faudrait pas que le succès lui  monte à la tête. Je ne sais pas pourquoi, souvent il m’agace. Je ne suis pas aussi érudit que lui, mais je sais quand même beaucoup de choses en politique (par expérience) et en Histoire (par formation) aussi je n’aime pas sa manière, de temps en temps, d’arranger les choses à sa façon pour qu’elles aillent dans son sens. De plus, sans être « européiste », je suis européen de conviction. Ce qui me différencie nettement  de ses thèses nationalistes étroites. Et c’est une dimension incontournable pour tout quidam qui prétend  à  la magistrature suprême. Qui peut imaginer la France, endettée jusqu’au cou, démunie de toute industrie  hormis  deux ou trois pans de secteurs  tout juste compétitifs et encore,  une France à cours de  ressources énergétiques, s’en sortir seule, face aux Etats continentaux. L’Elysée  exige par ailleurs bien d’autres  compétences, que l’on ne peut acquérir que par le « cursus honorum » républicain : connaissance des rouages de l’Etat, des strates administratives, de la  décentralisation des compétences partagées entre les collectivités territoriales, …  et surtout respect des lois et des droits  français et européen –nous sommes liés par des traités qu’on ne défait pas d’un coup de baguette  magique- qui  obèrent bien des promesses.  Ce manque d’expérience, Macron en a cruellement  manqué.  Va-t-on renouveler la  même  erreur ? C’est qu’il ne suffit pas de « dire » sans s’embarrasser de pudeurs de gazelles, pour  plaire, il faut être capable de faire.  Et comme on le sait, « qui trop embrasse,  mal étreint ! ».

A droite, une immense  attente.

Les sondages ne doivent pas nous leurrer. Tant que le paysage n’est pas définitivement installé, ils « moulinent » dans le vide. Zemmour profite  d’un moment d’apesanteur dans le débat politique. Les  médias n’ont d’yeux (ou d’oreilles) que pour lui et pourtant il se dit des choses plus importantes ailleurs. C’est vrai, l’attente et le doute sont immenses chez les électeurs, surtout à droite. Rien ne serait pire que d’enfermer la démocratie dans des choix préfabriqués. Pour  l’instant, la stratégie  Zemmour profite à Macron qu’il dit combattre, en affaiblissant à la fois Marine Le Pen et Les  candidats LR.  Mais c’est faire l’impasse sur la conscience de leur grande responsabilité qu’ont tous les élus de la droite. Ils avancent avec un programme solide que les Français finiront par découvrir : il s’agit de  gagner sur un cap clair, avec  une famille réconciliée, avec  des valeurs assumées  telles que la  sécurité,  la bonne gestion de l’argent public, la  mise en avant du travail, le refus du communautarisme…  Il y a aussi un doute immense. Nous vivons un effondrement  moral de la politique et les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. Les trahisons de ceux qui passent dans le camp  adverse   sans vergogne,  se vendent pour des places, ou encore changent complètement de logiciel une  fois élus pour  tout repeindre en vert (plus ou moins cramoisi), n’encouragent  pas à aller voter.  Aussi est-il  important d’avoir des candidats qui avancent sans cacher leur drapeau, pouvant arguer de leurs idées et du maintien de  leurs convictions dans la durée. Au final, il n’y aura qu’un candidat de la droite républicaine.  La méthode de sélection demande un peu de patience. Mais l’Elysée ne mérite-t-il pas qu’on prenne le temps !

Alors le soufflé Zemmour retombera, comme en son temps la baudruche Chevènement se dégonfla.

 


HALTE A L'HERESIE WOKE !

Culture woke

Il est grand temps  de prendre la  mesure de ce phénomène très inquiétant.  Il devrait même constituer l’un des sujets  primordiaux de la campagne présidentielle. Car ce qui est à l’œuvre, c’est ni plus ni mois que la destruction de notre civilisation des Lumières. Et  je n’exagère pas quand on découvre qu’à Paris 8, est proposé un Diplôme universitaire de « Formation à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme » dont l’un des modules est intitulé « Historiciser et déconstruire » !

Le « woke » a débarqué chez nous, à bas bruit.

Avec  Sandrine Rousseau,  une partie des écologistes purs et durs a renoué avec le gauchisme et repris à son compte les principales thèses venues des Etats-Unis, résumées par  le mot « Woke ». En quelques années, des activistes du même type ont réussi à prendre le contrôle de centres de recherches universitaires pour y imposer les théories de la déconstruction,  du genre, le décolonialisme, le racialisme, l’antispécisme, la collapsologie, la décroissance … Longtemps, celles-ci n’ont pas été prises au sérieux, aujourd’hui encore elles suscitent l’ironie tant elles paraissent, au bas mot, farfelues. Malheureusement, cette absence de prise en considération a facilité leur diffusion, auprès du public jeune, mais également des enseignants-chercheurs. Même  le  CNRS est largement entre leurs mains, et on comprend l’échec de la Ministre quand elle lui a demandé une enquête sur l' «islamogauchisme  ». On n’en finirait pas de citer les centres universitaires où ils font carrière, distribuent les bourses de recherche et inventent des nouveaux diplômes pour imposer leurs idées. Sciences-Po, on l’a vu,  baigne largement dedans. Ils transmettent depuis plusieurs années déjà, cette culture toxique aux jeunes générations. Dans son livre « OK  millenials ! » Brice Couturier fait part de son exaspération. Tous les « millenials » ne sont pas des crétins woke, mais  beaucoup sont contaminés. Ainsi, une enquête réalisée par l’IFOP en mars dernier montrait que désormais 41 % des 18-35 avaient adopté le concept de « racisme systémique », qu’ils étaient également 41 % à dénoncer le prétendu « privilège blanc » et pas moins de 21 % à déclarer ne s’identifier ni en tant qu’homme ni en tant que femme.

La gauche woke  est manichéenne, intolérante et avide de censure.

Nous devons résister à l’influence délétère de ces illuminés  d’un nouveau « genre » et proposer une alternative sérieuse. Il n’est pas acceptable que la censure s’installe au sein même de nos institutions  où le débat le plus large était la règle depuis toujours. Exit  Agacinski, Finkielkraut. L’idée d’universel est un mythe, la rationalité une manipulation colonialiste, l’objectivité une illusion raciste… Ils confondent science et  idéologie. Le militantisme servant d’outil  de recherche. Manichéens et intolérants, ils sont devenus la terreur des campus,  « les moines-soldats d’une religion nouvelle » énonce Brice Couturier. En fait, ils sont au service d’une hérésie. Cela porte un nom, comme toute vérité révélée : c’est de l’obscurantisme ! Cela rend ces utopistes d’autant plus dangereux. A l’université la cause sociale se déploie à travers le postcolonialisme, la théorie de la race, théorie queer, études de genre, … Voilà une génération d’idéologues qui entend au nom du « respect », restreindre le champ des possibles, limiter, censurer. Il s’agit d’indexer la  science sur le militantisme et fonder la recherche sur le credo victimaire. Ils professent un scepticisme absolu sauf en matière d’oppression conçue comme une réalité objective et irréfutable.  Ils prétendent déconstruire tout essentialisme et multiplier les catégories (LGBTIQ) pour arriver au dogmatisme le plus extrême : ça ne se discute pas ! Ces principes  répandus dans la société, on comprend que les  classes populaires se tournent vers des leaders populistes.

Rien ne peut remplacer les idéaux de liberté et d’émancipation, nés de l’universalisme humaniste.

Notre devoir est de continuer à se réclamer de l’émancipation individuelle, de la laïcité, de  la tolérance, de l’ouverture d’esprit. Ne laissons pas dénaturer l’antiracisme,  le féminisme. Continuons de promouvoir  la rationalité, le  bon sens et le respect des faits. C’est notre culture, héritée des Lumières qui nous permettra de résister à l’esprit « woke ». Un best seller américain, récemment traduit en français nous raconte les origines et les  principes des théories du genre et de la race qui ont gangréné l’université américaine avant de débarquer chez nous : « Le triomphe des impostures intellectuelles » d’Helen Pluckrose et James  Lindsay. Un livre qu’il faut lire si l’on veut tout comprendre aux racines et à l’ampleur du mouvement. Mais lire ne suffit pas, il faut agir. Les contre-feux intellectuels sont de plus en plus nombreux  avec  de nombreux écrits et articles, des institutions comme le « Comité Laïcité République »  organisent des colloques, le CERU, Centre d’Etudes et de Recherche Universitaire, se mobilise pour combattre les menées wokistes au sein de l’université.  Il faut, en effet, soutenir les universitaires et les doctorants qui subissent les pressions, les aider à se faire entendre quand ils sont censurés ou attaqués par les adeptes de la cancel culture. Il faut  dénoncer les rituels humiliants ou ineptes, absolument financer des recherches sur des sujets importants pour notre pays, mais qui sont curieusement oubliés par la recherche publique, réagir contre les procès en « pensée incorrecte », affirmer les données scientifiques comme celles du domaine des neurosciences qui contredisent la dysphorie de genre…  Ainsi, on empêchera l’université, gagnée par la « théorie » de devenir un « outil d’endoctrinement culturel nuisible à nul autre  pareil ».

Il faut tuer  Narcisse.

La génération nouvelle des millenials a été trop couvée par ses parents. Beaucoup se considèrent comme de petits flocons de neige : ils ressentent la moindre contrariété comme une épouvantable blessure narcissique  en confondant la douleur physique et les blessures symboliques. Ils exigent qu’on les protège des idées qui leur déplaisent.  Ils sévissent sur les réseaux sociaux et ne  prisent guère le face-à-face interpersonnel et, qui plus est, cette génération est logiquement tentée politiquement par l’autoritarisme. Leur conception de la société où les identités s’amoncèlent débouche inévitablement à l’horizon sur une guerre raciale.  Et pour tuer Narcisse, il faut reprendre tout à la base, à commencer  par l’école, ses programmes, ses buts, son élitisme républicain pour élever et transmettre,  en formant les  profs  ailleurs qu’à l’université.