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UN PEU DE PROSPECTIVE

Bercy_ministere_finances

 

1er jour du re-confinement. Nous voilà donc assignés à résidence avec sorties auto-autorisées réglementées. Il se dit que le virus aurait muté. C'est ce qu'a découvert une équipe internationale de scientifiques nous apprend le Financial Times. La nouvelle variante s'appelle 20A. EU1. Et si l'Europe est particulièrement touchée, c'est que cette variante du Covid est apparue chez des travailleurs agricoles en Espagne en juin et qu'elle s'est répandue en Europe pendant l'été du fait de l'absence de contrôles sanitaires et de l'absence de distanciation sociale pendant les vacances. Cette nouvelle variante du Covid serait responsable de 80% des cas en Espagne, 60% en Irlande et 40% en France. Donc reconfinement. Mais comment notre économie déjà bien mal en point va-t-elle pouvoir résister à ce nouveau choc ?  Le  gouvernement table désormais sur une récession de 11% en 2020, et cette  prévision  pourrait bien être encore très optimiste.

Voilà à quoi on peut s’attendre.

Ce que je vais vous livrer,  je ne l’ai pas inventé. C’est l’analyse de  mon prévisionniste  préféré, Marc Fiorentino, que j’apprécie pour se prudence et sa modestie.  En voilà un qui a l’audace d’avouer qu’il  ne sait pas ou ne comprend pas quand c’est le cas.  Rare à notre époque encombrée de pédants  pressés d’étaler leur fausse science. Alors que nous  prédit l’ami Marc ?

D’abord, l’économie mondiale pourra supporter ce nouvel avatar.  Tout simplement parce que tous les pays ne sont pas touchés par cette deuxième vague, et ça change tout par rapport à la première vague. Vu de chez nous, nous avons l'impression que le monde entier va se reconfiner. En fait, non : la Chine joue à nouveau son rôle de moteur de la croissance mondiale et elle n'est pas touchée. Son économie tourne à nouveau à plein régime grâce à la reprise de la consommation et des investissements. C’est une reprise classique en V. Pour les Etats-Unis, le comportement est différent. La deuxième vague est bien présente, mais les états américains y répondent de façon dispersée. Le rebond de la croissance post première vague s'essouffle un peu, mais on n'aura pas de retour à la récession car les États-Unis ont fait le choix de privilégier l'économie. De plus   le 3 novembre approche à grand pas et la levée de l'incertitude des élections pourra également permettre à l'économie de reprendre son rebond. Une reprise en « aile d’oiseau » (les économistes  sont parfois poètes).

C'est donc surtout l'Europe qui est touchée par cette deuxième vague. Enfin, pas toute l'Europe.
Macron a dit une contre-vérité que Castex le lendemain a voulu confirmer graphique à l’appui. 
À plusieurs reprises ils ont répété que tous les pays européens étaient confrontés à la même situation et allaient tous prendre les mêmes mesures, alors que c'est totalement faux. Six pays « seulement » sont touchés : l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Irlande, la Belgique et la France.
L'Allemagne a certes resserré les boulons, mais elle n'a pas reconfiné, elle a juste fermé ses bars et ses restaurants. Quant à l'Europe du Nord, elle est globalement épargnée. Donc l’économie du continent va patiner du fait du poids des pays du Sud, mais elle ne va pas s'écrouler grâce à la résistance des pays du Nord. Il faut s’attendre à une reprise en « aile d'oiseau légèrement retombante ». Bref, la France est plutôt une exception.

Vu de  chez nous,  nous avons l'impression que le monde entier est frappé par la deuxième vague et a reconfiné. C'est faux. Et c'est une bonne nouvelle pour l'économie mondiale.

Et l’économie  française dans tout ça ?

Notre économie va supporter cette deuxième épreuve parce que le gouvernement va maintenir voire renforcer son soutien à l'économie, grâce à la Banque Centrale Européenne : financement du chômage partiel, subventions aux entreprises des secteurs les plus touchés, « helicopter money » avec des chèques pour les plus défavorisés et nouvelle vague de prêts de trésorerie. Il  a déjà prévu de décaisser 20 milliards supplémentaires. MAIS certaines entreprises, cette fois c'est sûr, ne se relèveront pas. On va assister à une vague de faillites une fois la crise sanitaire terminée et les aides gouvernementales arrêtées.  Les  secteurs sont faciles à déterminer : dans la restauration, dans l'hôtellerie, dans l'évènementiel, dans le tourisme, dans la distribution spécialisée.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cette crise, contrairement à la première, n'est pas mondiale.
Elle est donc moins dangereuse d'un point de vue macro-économique. C'est malheureusement une crise qui nous touche, nous Français, plus particulièrement. Mais nous en sortirons dans quelques mois, c'est une certitude, et nous la traverserons grâce aux interventions gouvernementales massives et grâce à la BCE. En France c'est donc un mélange de W (nous sommes dans la troisième barre descendante) et de K (pour illustrer ce qui va repartir fort et ce qui va mourir). Pour la  France, l’INSEE nous annonce 18.2% de rebond de la croissance en rythme annualisé au 3ème trimestre, après la chute de 13.7% au deuxième trimestre. Le PIB reste en retrait de 4.3% par rapport à la fin de 2019.

A qui profite la crise ?

Pendant ce temps-là, la galaxie tech américaine a publié ses résultats pour le troisième trimestre de l'année : Jeff Bezos a augmenté son chiffre d’affaires de 37% à 96,2 milliards de $ (c'est sur un trimestre seulement...) et un triplement de son bénéfice à 6,3 milliards $. C’est largement au-dessus des anticipations des analystes qui étaient déjà très optimistes. Rappelons au passage que le cours d'Amazon a progressé de plus de 70% depuis le début de l'année, rien d’étonnant et ça va continuer puisqu’on lui facilite le marché en confinant notamment notre réseau de librairies. Google voit  son chiffre d'affaires progresser de 10%. Les chiffres d'affaires cumulés des 5 plus grosses capitalisations américaines Apple, Amazon, Google, Facebook et Microsoft, les GAFAM, ont progressé de 18% sur le trimestre par rapport à l'année dernière. Comme quoi le  malheur des uns peut faire le bonheur des autres. Le taux de croissance annualisé aux États-Unis au troisième trimestre est de 7.4% : l'économie américaine a déjà récupéré les 3/4 de sa perte de croissance. En parallèle, l’épidémie du coronavirus flambe à nouveau. Reste à savoir quelle influence tout cela aura sur le résultat du 3 novembre.

Voilà,  vous savez tout. 

What  else ?

 

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