L’EUROPE EXISTE, JE l’AI RENCONTREE ! (1)
JACOB FAIT LE JOB !

L’EUROPE FACE AU COVID 19 : LA GUERRE TOTALE ! (2)

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Suite du volet (1) « l’Europe existe, je l’ai rencontrée ! »

Vous allez dire que je fais de la propagande européiste et que j’embellis les choses. Même pas ! Je me contente des faits. Ceux qui passent leur temps à critiquer l'Europe, à dénoncer son inaction ou son manque de réactivité vont devoir la fermer, une fois pour toutes. L'Europe a joué une partition pratiquement sans faute depuis le début de la crise, avec les interventions massives de la Banque Centrale Européenne et avec le plan de relance non moins massif qu’elle met en œuvre. Il n’a fallu que quelques jours après l'apparition du virus pour que la BCE intervienne sur les marchés de façon illimitée en rachetant la dette des États et la dette des entreprises et quelques semaines pour que la Commission Européenne dégaine un plan de relance spectaculaire.

Un virus, quel virus ?

Le 6 mars, la  Commission européenne entame ses travaux et la présidente déroule le programme du travail à accomplir, dominé par le « pacte vert » et le numérique. Pas un mot sur la pandémie qui s’annonce. Mais le 20 mars, Ursula von der Leyen déclenchait la « clause de sauvegarde » pour mettre en suspens les règles budgétaires qui lient les 27. Au début, l’exécutif bruxellois est apparu désarmé, les Etats s’affolent et prennent des décisions nationales sans concertation  devant la progression rapide de la pandémie.  La Commissaire à la santé n’a même pas été informée. On est hors compétence de l‘UE. Il va falloir improviser pour agir, surtout pour passer  par-dessus les réflexes égoïstes des partenaires uniquement préoccupés de rassurer leurs populations. L’Italie se sent alors livrée à elle-même et abandonnée.

Le commando de Bruxelles.

La  commission décide alors de prendre les événements à bras-le-corps avec un objectif primordial : préserver le marché unique. La  deuxième quinzaine de mars permet de mettre de l’ordre dans la réaction continentale et les commissaires concernés multiplient les initiatives : aider les filières en difficulté, soutenir les pays les plus vulnérables, équiper les systèmes de santé européens, financer  la recherche d’un vaccin. Les mesures pleuvent. L’exécutif bruxellois est partout à la manœuvre. L’encadrement des dettes d’Etat est très largement assoupli ce qui autorise les gouvernements à renflouer des industries et des activités menacées. Ce déploiement est facilité par les choix de la BCE et la première décision de rachats d’actifs au niveau historique de 750 milliards d’euros et la  suppression des plafonds de dettes. Un véritable bazouka monétaire. Les marchés reçoivent positivement le message.

Un mastodonte plus agile qu’on ne le croyait.

Sous l’impulsion de la présidente de la commission,  la réorganisation du mastodonte de l’Union est spectaculaire. Elle parvient à faire travailler les 30  000 collaborateurs  en télétravail dans des conditions « remarquables ». Au Parlement, l’agenda est modifié, les plénières deviennent virtuelles et les votes électroniques. Seuls les diplomates en chef européens continuent de se réunir physiquement, sans peut-être se rendre compte que la Commission traite directement avec les Etats, mais ils voulaient rester au centre du jeu. Souplesse et efficacité au moment crucial de la bureaucratie bruxelloise : beaucoup ont été étonnés. Les besoins en financement ont été libérés en quelques jours et redirigés rapidement  alors que les règles ne le permettaient  pas. Thierry Breton  enchaine les démarches pour dynamiser le marché intérieur, Margrethe Vestager, à la concurrence, approuve à la chaîne les nombreux plans nationaux de sauvetage qui atterrissent sur son bureau.

L’Europe face à la désinformation.

La guerre contre le virus doit aussi être médiatique. Comment exister dans l’esprit des Européens quand on agit sur des sujets comme les aides d’Etat aussi télégéniques qu’une bonde de lavabo. Surtout quand un rapport du « Service européen d’action extérieure »  révèle l’ampleur des opérations de désinformation et de déstabilisation lancées depuis la Chine et la Russie, et que les médias sont plus prompts à s’appesantir sur les « chicayas » nord-sud,  parfois musclées, mais bien légitimes dans un ensemble à 27, où tout finit toujours par un accord. Toujours est-il que la BCE rachète 120 milliards d’euros d’actifs par mois et il a fallu rallonger les 750 milliards initiaux de 600 supplémentaires, et on  prévoit encore une enveloppe de 500 à la fin de l’été… Les  chômeurs  partiels français peuvent dire merci ! Pour la relance, la riposte imaginée par la Commission, 5% du PIB de l’UE, vise à aider les économies du bloc à repartir et réduire les écarts que la crise a creusés entre les partenaires, sans sacrifier le « pacte vert » et la transition numérique. Elle fait la part belle aux subventions pour les deux tiers de l’enveloppe. L’Italie et l’Espagne, fortement impactées en seront les plus grandes bénéficiaires avec … la France. Au total, tous budgets confondus, c’est 1 850 milliards d’euros que l’exécutif européen met sur la table. Historique et inespéré.  Merci Ursula ! Cela mérite d’être répété, amplifié et si possible pas déformé !  C’est moins visible qu’un avion chinois qui se pose pour livrer du matériel périmé, mais nettement plus efficace.

Comme à chaque crise, l’Union avance.

Cette  fois-ci, c’est vraiment le moment de l’Europe. Déjà, les bases d’une « Union de la santé » sont jetées, avec le projet  d’un fonds de 9,5 milliards d’euros. Personne ne pourra vraiment se plaindre, ni les Italiens, ni les Grecs, ni les Espagnols, encore moins les Français. L’Europe du Nord, rigoureuse et économe accepte de payer pour les cigales du Sud. C’est le seul moyen de garder la confiance dans la monnaie commune dont nous profitons tous. Mais toutes ces décisions  financières ont un prix : elles engagent pour des décennies à rester ensemble. François-Xavier Bellamy a raison quand il émet des réserves sur l’énormité de la dette ainsi créée et les cadres juridiques de l’Union non respectés, conduisant à une intégration budgétaire qui ne dit pas son nom. Comme l’Europe n’a pas d’autre choix que celui de la puissance, il faudra donc que les Institutions suivent. Les  « souverainistes » n’ont pas fini de faire la grimace.

 

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