III - Réflexions pour aujourd'hui - Les maux du système éducatif (1)
LA COMEDIE CONTINUE

PARLONS FRANÇAIS !

Académie française

 

Halte à la colonisation culturelle !

L’anglo-américain s’insinue partout, sous la forme du franglais le plus souvent, ou même comme seconde langue de communication entre les Français. Les enseignes commerciales, l’univers audio-visuel, quand ce ne sont pas les équipements publics –ainsi Angers a son « ice-park » (une patinoire)-, sont gangrénés par ce qui est devenu plus qu’une mode : une véritable colonisation culturelle. Pourtant, tous les sondages montrent que nos compatriotes sont attachés à leur langue, d’autant plus qu’elle est la seconde langue internationale, utilisée sur tous les continents, sans parler de l’Afrique et de sa francophonie. Mais malgré le foisonnement d’associations de défense du français, le mal se répand.

Le « globish » hante tous les milieux.

Il est devenu « in » de glisser des mots anglais dans les phrases au milieu de mots français, et de conjuguer des verbes improbables : ainsi le verbe « timer » cité en exemple samedi dernier par Barbara Lefèbvre, pour dire plus ou moins « programmé » ou « arrivé à l’heure » … Les premiers défenseurs de notre langue devraient être les femmes et hommes politiques. Las, ils sont loin d’être exemplaires. Anne Hidalgo est très active pour introduire le franglais dans la communication de la mairie de la capitale: « Made for sharing ! » vantant les JO de 2024 est inscrit en grand sur la Tour Eiffel, inscription contraire à la loi et aux dispositions olympiques, un comble ! Et Metz a son « Lorraine Airport », une décision du Conseil Régional qui s’est cru probablement très original. Nous ne sommes pas les derniers avec notre « Loire Valley »… Notre président « manager » n’est pas en reste avec sa « start-up nation », ses « clusters de compétences » sous les applaudissements des représentants de la « French Tech » pour mettre en avant la « French touch »…

L’univers de l’entreprise est particulièrement exposé. Le franglais en inonde les moindres recoins, de « calls » en « meetings » dans « l’open space ». On y fait du « benchmark », on engage des « process », on attend le « feedback »… Ce sont les nouveaux codes du « corporate ». Ainsi va la novlangue du bureau. Plus on fait « Silicon Valley », plus on est certain de paraître performant, critère inversement proportionnel au niveau de compréhension du vulgum. J’ai passé sous silence « job » trop connu et « mail » pour courriel, trop usé, que « courriel » n’a pas vraiment réussi à remplacer.

Mais ce n’est pas fini. Le cancer a gagné la vie quotidienne. Désormais, on quitte son « job » pour aller boire un « drink » dans un « afterwork ».  Autrefois on pratiquait le culturisme, remplacé désormais par le « bodybuilding », dans des salles de sport ? non, de « fitness », les pieds dans des baskets pour faire du « running ». En sortant tardivement il n’y aura plus qu’à se consacrer au « souping » (le « must ») : c’est l’art de manger la soupe. On ne rit pas !  Mais notre univers culturel est aussi envahi par « Facebook », ses « followers », ses « likes »…  Nous n’utilisons pas un téléphone multifonctions, mais un « smartphone » qui nous permet de faire des « selfies » et d’agrémenter nos messages de « gifs » sur « Whatsapp ». On regarde « the Voice », on organise un « brunch », on fait ses courses à « Carrefour City ». L’envahisseur anglais est partout. Le sabir est devenu un incontournable des conversations du quotidien.

Allons enfants …

Ne me faites pas dire que cette évolution est inévitable et que c’est la vie ! Rappelons que dans la salle de presse de la Commission européenne à Bruxelles, il est d’usage de parler français. Pourtant, on assiste à une accélération de la soumission universitaire, intellectuelle et populaire à l’impérialisme linguistique de la langue anglaise. Elle s’impose d’autant plus facilement que ceux qui l’adoptent, le font soit par naïveté pour faire moderne, soit sous l’effet d’une globalisation mal comprise. C’est renoncer, en réalité, à notre empire intellectuel : cette anglicisation souterraine marque le déclin des intellectuels français qui croient pouvoir renverser leur marginalisation en adoptant la langue dominante, à laquelle ils ont si longtemps résisté. Il est bon de rappeler ici la richesse de notre langue et que cette évolution est d’autant plus inacceptable qu’elle constitue un appauvrissement. N’acceptons pas cette lente dégringolade dans le sous-développement culturel. Ce n’est pas rien de parler et d’écrire la langue de Racine, Voltaire, Chateaubriand, Hugo, que le monde admire et même nous envie. Car ne nous y trompons pas, perdre la maîtrise de notre langue, c’est aussi perdre notre identité. Ce sont les idées qu’elle véhicule qui vont disparaître et perdre de leur influence, ce que Jean-Marie Rouart dénomme « l’âme française », « ce message si original d’esthétique et d’éthique façonné par les siècles ». Le globish n’est la langue de personne, il fait même injure à la langue anglaise, c’est un mythe de modernité qui a surtout la faveur des publicitaires et des « branchés ». Et la langue française a tous les outils pour résister, il suffit d’en convaincre ses usagers. Commençons par respecter la loi qui la défend. Justement nous fêtons les 25 ans de la loi Toubon.

 

Commentaires

dominick

merci Daniel cette belle langue qui est la notre s'en va il est exact qu'une langue doit rester vivante mais maintenant beaucoup utilise le franglais car malheureusement les mots leur manque afin d'exprimer leur idée , dommage car nous avons dans le français des mots bien appropriés même afin de parler de nos émotions
merci d'être un défenseur de celle ci mais tout semble partir à vau l'eau ,je ne sais même pas si la francophonie chère à tonton a continuée au sein de la mairie

Daniel

J'ai évidemment pensé à lui en écrivant, et je lui dédie cette note bien volontiers. Il manque à la mairie, c'est certain !
amitiés
Daniel

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