QUE SERA 2019 ?
« ROMANESQUE »

GRIBOUILLE CAFOUILLE !

Archibald en colère

 

J’aimerais bien aborder des sujets plus souriants.

Mais rien à faire, le spectacle que nous offrent le gouvernement et le pitoyable Bruno Le Maire oblige à y revenir sans cesse : leur recherche effrénée de nouvelles ressources pour financer leur budget dispendieux et leurs promesses inconséquentes les poussent vers toujours plus de taxes et d’impôts, sans même penser à tout simplement chercher à baisser  les dépenses. Depuis la fin de l'été, ISF, taxe d’habitation, carburants, salaire minimum, référendum, sans oublier le prélèvement à la source et la limitation à 80 km/h, ça part dans tous les sens. Les ministres parlent, se reprennent, se contredisent entre eux ; les parlementaires y vont de leurs commentaires et suggestions, créant à la fois un halo d’incertitude et un sentiment de précipitation. La seule idée que ce serait encore les 20% des Français les plus aisés qui se verraient ponctionnés en revenant sur la suppression programmée de la taxe d’habitation me révulse et me fait bouillir. Car, tenez-vous bien, à partir d’environ 3 600 € de revenus par mois  vous en faites  partie.  A 4 000 € vous êtes riche ! Faut-il que notre pays soit tombé bien bas ! C’est le cœur des classes moyennes qu’on vise encore. Pas étonnant que nos cadres s’expatrient pour des cieux meilleurs. Rien n’est moins certain, me direz-vous, car ce qui est annoncé le matin à 8H est démenti à midi pour être repris le soir à 18H. Faute de partition, l’orchestre est désaccordé. La  vérité c’est qu’ils ne savent plus comment faire devant le désastre annoncé : un budget 2019 déjà obsolète, 10 à 15 milliards à trouver pour financer les mesures Macron, et probablement 10 de plus faute de croissance suffisante…

Insupportables, en plus !

Je ne sais pas si vous avez lu la tribune d’ « Horreur » Bergé, Stanislas Guérini et Amélie de Montchalin, publiée dans Les Echos lundi dernier, cosignée par les parlementaires LREM. « Retrouver les fondements de notre contrat social », qu’ils disent. Un minable plaidoyer qui veut rejeter la responsabilité de la situation de blocage d’aujourd’hui sur le système politique en place depuis 30 ans que la majorité nouvelle s’est soi-disant attelée à réformer, et d’énumérer : elle « lève un à un les blocages, supprime les rentes de situation, réhabilite le risque, renouvelle et améliore les protections et les solidarités… ». En fait, la majorité « et de gauche et de droite » n’a pas su se doter d’un corpus idéologique solide auquel les membres de LReM pourraient aujourd’hui se référer. L’idée de faire mieux avec du neuf que toute cette vieille politique qu’il fallait dégager n’a pas prouvé sa pertinence. La promesse d’efficacité continue à buter sur le manque de résultats tangibles sur le front du chômage et de la croissance économique. Et on croit rêver : ce sont les éléments de langages déjà mille fois entendus que les Français ne supportent plus car ils n’ont vu que des réformettes qui n’ont rien changé, une pratique politique qui n’a rien à envier à l’ancienne, des impôts et des taxes supplémentaires et la poursuite du ciblage de l’effort sur les classes moyennes dans une danse échevelée autour du totem de la justice fiscale rendant le système toujours plus inéquitable.  Et comme on affaiblit du même coup le consentement à l’impôt, on instaure  le prélèvement à la source qui s’en passe ! Alors inutile de se  plaindre  des « blocages des ronds-points qui affaiblissent nos entreprises », quand on n’a même pas l’humilité de reconnaître qu’on s’est fourvoyé dans une impasse. Avant les ronds-points, ce sont les lourdes charges que paient nos entreprises qui les  affaiblissent, pour lesquelles il a été fait si peu en allègement. Le « grand débat » y est présenté comme la solution à tous nos maux avec une vision de bisounours : après avoir méprisé tous les corps intermédiaires, à commencer par les collectivités locales, voilà que tout le monde doit se réunir dans « les territoires » pour « retrouver les fondements de notre contrat social ». Et tout y passe : le financement des services  publics, l’efficacité de l’Etat (chiche, on supprime l’ENA), la réduction de la dépense  publique (je me  marre), la transition écologique (dos large), la remise à plat de notre système fiscal pour plus de justice sociale (je crains le pire), et rémunérer justement le travail (il serait temps), et sur notre identité profonde (celle-là elle est forte quand on a évacué le thème de l’immigration).  Difficile de ne pas y voir une arnaque. Comment Madame Michu aurait-elle les solutions ? Ce bavardage fait l’impasse sur les sujets essentiels : l’immigration, la fiscalité, la  famille, l’entreprise, la  création de richesse, seule manière d’augmenter le pouvoir d’achat…

L’échec de la  politique redistributive.

C’est le choix de l’Etat-providence. On a perdu de vue le rôle  majeur de l’économie comme moteur de la richesse au profit de celui de l’Etat dont la priorité est l’égalisation des revenus et non leur production. Le résultat est simple, depuis de nombreuses  années, l’impôt et la dépense publique sont considérés comme la solution : on déshabille Pierre pour habiller  Paul par les transferts et la redistribution. C’est pourquoi notre pays est champion d’Europe des  prélèvements obligatoires. Le problème c’est que personne n’y trouve son compte. Le ras-le-bol fiscal est général, du smicard au contribuable de l’IFI. Et ça se comprend, car  il  n’y a que des perdants au grand jeu de la redistribution : les riches et les plus aisés qui paient trop et ceux qui reçoivent qui trouvent que ce n’est jamais assez, ce qui est inévitable. Pourtant, au regard des chiffres publiés  par l’Insee dans son rapport  2018, la  France est une société quasi socialiste à la redistribution massive et ciblée. D’ailleurs, c’est aussi l’un des pays où les inégalités sont les moins fortes. Si cette  politique marchait, il y a longtemps qu’on s’en serait aperçu. On ne fait que remplir le tonneau des Danaïdes, sans jamais résorber nos déficits ni la dette, ni résoudre le chômage. La meilleure illustration en est l’erreur d’Hollande qui en juillet 2012 a cru qu’il réglerait le problème de la dette en prélevant 40 milliards : il a bloqué l’économie pendant trois ans, accru la dette et attendu la baisse du chômage comme Sœur Anne.  Politique d’inspecteur des  finances qui ne connait rien à l’économie et aux entreprises, continuée par  Macron, lui aussi inspecteur des finances, avec 25 milliards prélevés sur les retraités sans plus de succès. Jamais on ne se préoccupe de la création de richesse (mot honni) sinon en créant de la croissance par l’augmentation artificielle du pouvoir d’achat, fruit de la redistribution.  La boucle  est bouclée.

C’est reparti !

Pour se sortir de l'impasse des « Gilets jaunes » qui réclament tout et n'importe quoi, le gouvernement va, une fois de plus, sacrifier la catégorie de la population qui fait l'erreur d'essayer de bosser. Et il est certain d’y parvenir puisqu’il va demander au 57% de Français exonérés s’ils sont d’accord pour que les 43% restants paient davantage. A votre avis, quelle sera la réponse ? Alors pour adapter le langage à la réalité, on ne dit plus « riches », on dit « aisés ». Nous voilà repartis dans une nouvelle spirale digne des plus belles heures de la présidence de Hollande...  Voilà que 73% des Français veulent le rétablissement de l'ISF, cet impôt imbécile, et pour tenter de les calmer, le gouvernement envisage de ne pas supprimer la taxe d'habitation pour les 20% des « ménages les plus aisés », et éventuellement d'alourdir la fiscalité déjà confiscatoire sur les successions.

Mais qui donc est aisé ?

Un célibataire qui gagne plus de 27 000 € par an, ou un couple avec un enfant qui gagne plus de 49 000 €. Hollande disait : « est riche celui qui gagne plus de 4 000 € par mois ». Pas de changement ! Si vous gagnez ça, vous faites partie des 20% des Français les plus aisés. Et vous faites aussi partie des 20% de Français les plus taxés (ou baisés, ou nikés…) : vous payez la très grande majorité de l'impôt sur le revenu, vous avez aussi subi la baisse des plafonds du quotient familial, l'augmentation de le cotisation vieillesse, et si vous êtes retraité celle de la CSG de 25%. Elles accélèreront le massacre des « aisés ». Les  vrais riches,  eux s’en foutent. Ils défiscalisent, optimisent ou campent en Belgique. Et accessoirement ont voté » Macron.

Bon, c’est promis, la  prochaine fois, je vous parle d’autre chose   : « Romanesque », de Laurant Deutch, l’histoire jubilatoire de la langue française.

 

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