DES PRIMAIRES QUI « TRUMP » ENORMEMENT !
LE COUP DU « ça va mieux ! »

A PAQUES … OU A LA TRINITE !

Tintin paques 2

 

Voilà une expression qui ne s’emploie plus guère, qui veut dire : « à une date inconnue », c’est-à-dire, par extension : jamais. Un exemple : Quand la courbe du chômage s’inversera-t-elle ? On peut répondre : « A Pâques ou à la Trinité ! »…

C’est curieux, comme interprétation parce que les dates de Pâques ou de la Trinité sont parfaitement connues. Il n'y aurait donc aucune raison de considérer qu'on parle d'une date indéterminée. Cela vaut bien une explication.  A la fin du XVIIe siècle, Lord Churchill, duc de Marlborough, l’ancêtre de Winston,  était le capitaine de l'armée britannique et, à ce poste, il mit plusieurs fois bel et bien la pâtée aux Français. En 1709, à l'époque de Louis XIV, il les affronta encore à la bataille de Malplaquet. Au cours de cette bataille, pour se moquer du capitaine anglais qu'ils croyaient mort, les Français écrivirent la chanson « Malbrough s'en va-t-en guerre ». Vous connaissez bien sûr les paroles et l’air : « Malbrough s'en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine,… Il reviendra-z-à Pâques, ou à la Trinité ! … La Trinité se passe, Malbrough ne revient pas. » L’expression est donc née de la chanson : il reviendra à Pâques ou à la Trinité, comme Malbrough, c'est-à-dire un jour peut-être ou bien jamais.

Pâques n’est jamais à la même date.

Si elle est connue à l’avance, voilà pourtant une fête chrétienne dont la date change tous les ans. Encore un problème de calendrier. Mais plusieurs explications se croisent. Auparavant, le peuple juif célébrait la fête de la « Pâque » pour commémorer la fin de l'esclavage et la sortie d'Égypte. A l'époque de Jésus-Christ, la date était fixée au 14 nizan, jour de la pleine lune de printemps. Cette date est dépendante du cycle lunaire (13 mois ou lunaisons) et non de notre actuel calendrier solaire en 12 mois. C’est le concile de Nicée, en 325, qui a souhaité faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l'équinoxe de printemps. La définition précise du jour de Pâques fut établie par les pairs de l'Église, réunis par l'empereur Constantin : « Pâques est le dimanche qui suit le 14ème jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après.» Cela permettait aussi de christianiser les nombreuses fêtes païennes qui célébraient depuis longtemps cette résurrection de la nature. Le calcul de cette date, qui dépend du cycle lunaire, permet de déterminer non seulement le jour de Pâques mais aussi celui des nombreuses célébrations chrétiennes qui s'y réfèrent comme l’Ascension, par exemple.

Astronomie et mathématique à la rescousse.

Cette définition a posé de redoutables problèmes de calcul astronomique et mathématique auxquels les savants se sont attelés dès le IVème siècle. Il faut attendre le VIème siècle pour qu'une méthode de calcul précise soit progressivement adoptée par les Églises. Comme on le sait, la Terre tourne autour du Soleil en un peu plus de 365 jours et le compte n'est pas rond, d'où les années bissextiles, tous les quatre ans, pour rectifier le décalage. Un tout petit décalage qui a entraîné, mille ans plus tard, une différence de dix jours entre le calendrier sur papier et le calendrier solaire. C’est pourquoi, en 1582, le pape Grégoire XIII a décidé de rattraper le retard en supprimant dix jours du calendrier.  Cette année-là, on est passé du 5 octobre au 15 octobre. Pour compliquer un peu plus les choses, les chrétiens orientaux,  en froid avec Rome depuis plusieurs siècles, n'ont pas adopté cette réforme, et ont préféré rester au calendrier julien, plus conforme selon eux au rythme des Écritures. Bien que ce soit la fête chrétienne la plus importante, les Pâques catholique et orthodoxe ne coïncident que rarement, marquant ainsi symboliquement la division des Églises. Ainsi, la fête de Pâques orthodoxe peut se célébrer soit en même temps que la catholique, comme ce fut le cas en 2014 et en 2017, soit une semaine après, comme en 2012 et en 2015, mais il arrive que ce soit jusqu'à cinq semaines après. Pâques tombe en mars ou en avril pour le culte romain mais jamais en mai ; en avril ou mai pour les orthodoxes mais jamais en mars.  

Les cloches de Pâques.

En ce dimanche de Pâques, il est une question que nous devions nous poser et sur laquelle nous mettre d’accord: cloche ou lapin? Parmi les différentes mythologies autour des Pâques, laquelle choisirons-nous pour nos enfants.

Après la messe du Jeudi Saint, veille de la mort de Jésus, les cloches se taisent, jusqu’au Gloria de la veillée pascale. La croyance serait apparu à la fin du XIIème siècle et serait liée au fait que Rome venait de faire interdire de sonner des cloches de métal. D’après la légende, les cloches déposent des oeufs dans les jardins en revenant de Rome où elles sont allées se faire bénir. Pour la commodité, et la gourmandise aussi, la matière des œufs s’est transformée en chocolat pour tous les goûts.

Le lapin de Pâques tire ses origines d’une légende allemande selon laquelle une femme trop pauvre pour acheter des chocolats à ses enfants aurait décoré des oeufs pour les cacher dans son jardin. Au matin, lorsque ses enfants se mirent en quête, ils auraient aperçu un lapin et crurent alors que c’était l’animal qui avait déposé les oeufs. A partir de ce jour, ils fabriquèrent un nid dans leur jardin chaque année espérant que le lapin viendrait y déposer des oeufs. Une fois qu’on a expliqué, on n’est pas plus avancé. Alors voici la synthèse de mon petit-fils : ce sont les cloches qui lâchent les œufs en passant, et ce sont les lapins qui les cachent dans le jardin ! Bien, tout le monde s’y retrouve !

Et la dimension commerciale.

La gourmandise est aussi affaire de commerce : cette année, plus de 15.000 tonnes de chocolat seront consommées autour de Pâques. Au total, le marché du chocolat de Pâques - qui est concentré sur cinq semaines - représente 300 millions d'euros de ventes en grande distribution, contre 725 millions pour Noël. Pâques reste, en effet, un moment incontournable pour les familles. Les œufs font partie du rituel pascal depuis le XIXe siècle grâce aux progrès réalisés dans l'affinage de la pâte de chocolat et la mise au point des premiers moules. « Les Français sont attachés au chocolat car il est le symbole du plaisir que l'on offre et que l'on est content de recevoir », explique le Syndicat du chocolat qui regroupe 81 entreprises du secteur. Pâques est aussi une fête familiale : 87% des consommateurs reçoivent ou sont invités par des proches à Pâques, selon Ferrero, leader du marché. Et des chasses aux œufs, pour petits et grands, sont organisées un peu partout, dans les parcs et jardins publics ou privés. Tout le monde y participe, croyants et non croyants. Question de tradition culturelle.

Ah oui, précisons, c’est quand même une fête chrétienne !

 

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