LA "PERLE" DU JOUR
VERBATIM

ET « PEAN » DANS LE MILLE !

 

Intéressante cette mise au point dans le Figaro, d’Alexandre Djouhri, l’homme d’affaires mis en cause dans « la République des mallettes » de Pierre Péan. On y découvre comment se fait le journalisme de pseudo-investigation à base d’enquête pour le moins … approximative. A force de trop vouloir prouver à tout prix, on ne prouve rien. Mais il faut penser au nombre de gogos qui croiront dur comme fer ce qui est dénoncé sans savoir que c’est sur la base de recoupements plutôt frelatés. Ainsi, on détruit le lien de confiance entre les élus et les citoyens. Volonté de nuire ou aveuglement idéologique ?

Je ne prends pas la défense d’Alexandre Djouhri, que je ne connais pas. Ce qu’il dit doit être pris en compte au moins autant que les allégations de l’auteur du livre qui le met en cause. Si c’est faux, qu’il porte plainte, pense-t-on immédiatement : l’intéressé balaie cette possibilité, arguant des facilités dont bénéficient les journalistes qui diffament pour éviter une condamnation dès lors que les juridictions leur reconnaissent facilement le bénéfice de la bonne foi, « même quand la fausseté des faits est avérée ». Ce qui est vrai et vérifiable. Et comme en plus il suffit de multiplier les précautions d’écriture en rappelant au lecteur qu’on n’a pas la preuve de ce qu’on avance et que l’on n’est pas obligé de citer ses sources qui restent alors anonymes et seules responsables des allégations, tout procès est perdu d’avance.

Ce que veut mettre en cause Alexandre Djouhri, c’est, à la lumière de faits précis cités dans le livre, démontrer que la méthode manque de sérieux et qu’on se trouve loin des pratiques du journalisme professionnel, citant l’exemple de son ami Henri Azuelos, présenté comme « abattu le 18 juin 1997 » alors qu’il est décédé d’une leucémie à l’hôpital américain… Effectivement, si tout le livre est du même tonneau ! Et de souligner toutes les contre-vérités le concernant, rendues impossibles par les dates et les lieux cités, et les personnes incriminées. Ce qui permet à l’auteur du livre, Pierre Péan, d’affirmer tout de même qu’il n’avait « jamais autant mesuré le fossé existant entre la vérité judiciaire et la vérité tout court », en laissant croire que c’est lui qui approche de la vérité en colportant des rumeurs sans vérifier, alors que la justice s’embarrasse de la recherche des preuves et serait condamnée à l’impuissance.

Une manière de procédé qui s’apparente à celle de la « Terreur de 1793 » conclut Alexandre Djouhri, en se référant à la loi votée par la convention dite « loi des suspects » qui favorisait la délation et la dénonciation calomnieuse.

On a envie de dénoncer avec lui les dérives de plus en plus fréquentes du journalisme dit « d’enquête », qui permet, certes de gagner facilement de l’argent, mais qui ne rend service ni au journalisme, ni à la démocratie. Le marché est inondé de ces livres racoleurs et de sites internet qui pratiquent les mêmes méthodes.

Si on veut dénoncer le système dit « des mallettes » qui a certainement existé, il faut étayer les accusations sur des investigations sérieuses et des faits avérés avant toute mise en cause. N’est pas Montaldo qui veut !… Ou laisser la justice faire son travail.

 

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