FILLON INOXYDABLE
LA SEMAINE D’ARCHIBALD

DIPLOMES EN BOIS


Sorbonne

                                                                    

 

Une année pour rien ! C’st le cri de désespoir de nombreux étudiants étrangers venus étudier chez nous dans le cadre d’Erasmus. « On ne nous y reprendra pas ! », « Nous ne conseillerons pas de venir en France ! »…. On les comprend. Certaines Facs sont bloquées par quelques irréductibles depuis plusieurs mois. Même en rattrapant le maximum de cours, il sera difficile de boucler les programmes, et organiser les examens relève du casse-tête chinois. Autant dire que le cru 2009 sera particulièrement dévalorisé et difficile à « vendre » sur le marché de l’emploi. D’ailleurs, pour arranger les choses, la « coordination » ne demande rien moins que des diplômes « à blanc », sans épreuves. 

La crise des universités débouche sur un affaiblissement dont elles auront du mal à se relever. Et au bout du compte, on peut se demander quelle réforme en sortira. Même si on peut avoir diverses opinions sur la qualité des mesures préconisées par le gouvernement, le résultat obtenu par les étudiants contestataires, largement minoritaires avec leurs revendications plus obsessionnelles que réalistes, aura été de ruiner leur outil d’apprentissage. 

Et pourtant, personne ne niera la nécessité de réformer la « vieille dame ». Ce sur quoi tout le monde s’accorde. Mais entre le renforcement étatique souhaité par les contestataires, étudiants comme professeurs, et la volonté de rendre autonome les établissements, comme cela se fait partout dans le monde avec succès, il y a un précipice infranchissable. Dès lors, toute réforme est impossible dans le consensus. C’est bien cela le fond du problème.  Le mal qui ronge notre université, c’est l’idéologisme dans laquelle elle baigne. 

Pourtant l’état n’a pas l’intention de faire financer l’enseignement par les entreprises du jour au lendemain. Il prévoit une concurrence entre les établissements qui en fait hurler beaucoup. Mais en accordant aux universités une autonomie progressive, on voit se développer la créativité et la qualité de l’enseignement parallèlement. Les conseils d’administration seront responsables à 100% de leur budget, ce qui signifie qu’elles devront afficher leurs résultats. C’est une méthode qui crée des risques et des incertitudes, d’autant plus que les financements privés sont proportionnels au penchant qu’ont les entreprises pour la formation. C’est tout dire. Comme les enseignants et certains étudiants haïssent ce système, on n’est pas rendu au bout du chemin. Qui plus est, la loi de 2007 transfère aux présidents d’universités la gestion des carrières des personnels, ce qui entraîne l’épineuse question de l’évaluation de chaque enseignant. Des compromis ont été trouvés et partiellement acceptés.

Mais, tant qu’on n’a pas éprouvé le système, on ne peut pas dire qu’il est bon ou pas bon. Ce qui gêne dans la contestation, c’est qu’elle exprime une opposition par principe, à tout changement, sauf celui qu’elle souhaite : augmenter les effectifs et ne rien changer au fonctionnement. Le gouvernement a fait de nombreuses concessions dont va pâtir en profondeur la réforme, sans pour autant faire taire les manifestants. La porte de sortie est étroite et la montagne risque d’accoucher d’une souris, uniquement parce qu’un carré d’irréductibles a décidé de faire « plier SARKOZY » à tout prix. Pari perdu d’avance. Perdu aussi pour l’Université française et perdu pour les étudiants.

Puisse la volonté affichée des pouvoirs publics, même si la réforme n’a pas toute la force souhaitée, servir de leçon aux entêtés de la contestation. Les derniers sondages concernant le score du président, si l’élection avait lieu maintenant devraient les faire réfléchir.


                                                                                                     



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