SARKO FLASH
11 MILLIONS

LES PARADOXES DE LA CAMPAGNE

 

Dans un rapport spécifique sur les finances publiques publié hier à Paris, l’OCDE vient nous rappeler à point nommé la nécessité de réduire les dépenses de l’Etat et indique plusieurs instruments économiques qui pourraient être employés pour les assainir. Pour faire court : compression des prestations familiales, réduction des dépenses de santé en rendant le système plus efficient, élargissement de l’assiette de la TVA, réduction des dépenses des collectivités, réduction des émissions de gaz à effet de serre au moyen d’un dispositif par enchères… Des pistes connues des candidats, que tous ne sont pas prêts à suivre.

Voilà bien l’un des paradoxes de cette élection. On sait ce qu’il faut faire pour réduire les dépenses de l’Etat, un impératif si on veut assurer l’avenir de notre pays, économique et social. Mais ce n’est pas le sujet pour la plupart des candidats. C’est que pour être élu ou simplement se faire entendre de ses électeurs, et essayer d’en capter, il faut promettre autre chose que des efforts et l’annonce de moins de confort. Face à cet impératif, on a la palette de tous les comportements.

Le discours qu’ils développent est conditionné soit par l’idéologie, soit par l’intérêt électoral dans un contexte concurrentiel. De ce point de vue on peut distinguer trois familles de candidats : les petits dans le bas des sondages, dont l’élection n’est pas la préoccupation majeure. Ils occupent un créneau politique pour lequel l’élection présidentielle est le moyen d’exister : ce sont les tenants de l’extrême gauche radicale NPA et Lutte ouvrière, rejoints pour la circonstance par l’écologiste Eva Joly qui a raté sa campagne et le souverainiste Nicolas Dupont Aignan ; Jacques Cheminade faisant figure du fantaisiste évaporé et égaré.  Il y a les seconds rôles qui comptent peser par leur score sur le 2ème tour et en tirer les dividendes : on trouve dans le peloton François Bayrou qui n’arrive pas à concrétiser sa popularité en poids électoral, Marine Le Pen qui se débat avec Jean-Luc Mélenchon pour garder la 3ème place après avoir revendiqué longtemps la seconde. L’ordre d’arrivée et le nombre des voix collectées seront déterminants pour le résultat du second tour. Enfin le candidat du PS et Nicolas Sarkozy font la course en tête et ne peuvent plus être rejoints, sauf surprise étonnante, et seront donc qualifiés pour le 2ème tour. C’est là que les reports de voix compteront et ordonneront la configuration de l’élection définitive.

La campagne officielle, avec l’égalité du temps de parole conduit inévitablement, par la convergence des attaques à laminer la position du sortant. C’est au mieux huit, quand ce n’est pas neuf, contre un.

Et voilà un nouveau paradoxe. Il ressort que pour l’instant un bon tiers des Français sont prêts à suivre le discours simpliste des candidats qui veulent nous replonger dans le passé d’une économie fermée : Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon exploitent à leur manière « la catastrophe du monde moderne » se drapent dans « le misérabilisme » et tentent de nous chanter l’air de la « France éternelle », l’un sur l’air de la « révolution », l’autre sur le culte gaulliste de la « libération », la troisième en surfant sur la fibre nationaliste et cocardière. Mais ce sont des discours truqués qui ne correspondent en rien au monde réel. Leurs propositions évoquent un monde qui n’existe pas et il y a gros à parier que les frustrations seraient grandes si par hasard elles venaient à être mises en œuvre.

François Bayrou est peut-être celui dont le programme, en tout cas le discours, s’approche le plus des conditions émises ci-dessus pour redresser les comptes publics. On voit bien qu’il n’est pas suivi.

Dernier paradoxe. Des deux prétendants, Nicolas Sarkozy est celui qui promet le moins et dont le projet se rapproche des pistes énoncées par l’OCDE. C’est une difficulté et on voit bien que le programme dépensier de son concurrent socialiste tente davantage les Français, au moins pour l’instant si l’on en croit les sondages de 2ème tour. Pourtant quel Français ne sait pas l’ampleur de la dette et la nécessité de continuer dans la direction que Nicolas Sarkozy a osé imprimer à son mandat, malgré l’impopularité. C’est bien pourquoi, à partir du 7 mai, nos créanciers, excités par quelques médias et « hedge funds » bien organisés à Londres et à Wall Street, pourraient nous faire jouer une drôle de danse. C’est une éventualité que les Français feraient bien de prendre en compte pour éviter les mécomptes.

 

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