VERBATIM
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IMMIGRATION : L’ARNAQUE DE LE PEN

 

Même en se déplaçant au Mesnil Amelot pour le décor d’un centre de rétention, "Jeanmarine" nous raconte des balivernes sur l’immigration que Jean-Luc Mélenchon qualifie, non sans raison, de névrotiques.

Obligée de se replier sur ses « valeurs sûres » pour défendre son pré carré et limiter l’érosion des intentions de vote provoquée par un programme qui fait peur à tout le monde, elle force le trait pour revenir dans le débat. Après le pseudo scandale de la viande halal qui lui est revenu dans la poire comme un boomerang, elle qui accuse Sarkozy de tous les maux, voudrait maintenant le transformer en « traitre » à la cause de la France.

Que nous dit la « grande prêtresse » du Front ?

« Les chiffres officiels le montrent clairement, la France et les Français ont continué pendant cinq ans et continuent de subir une immigration massive et incontrôlée… En 2010, il y a eu 70% de titres de séjours supplémentaires délivrés par rapport à 2000 lorsque Lionel Jospin était Premier ministre ».

Au-delà des discours politiques que la période électorale pousse à la surenchère, La présidente du FN s’appuie sur les fantasmes d’une opinion publique imprégnée de clichés fortement ancrés, plus que sur la réalité. Ce qui a été vérifié par une enquête IPSOS (août 2011) : 79% des Français estiment que le nombre des immigrés a augmenté dans les cinq dernières années, 54% jugent qu’ils ont un impact négatif et 52% les trouvent trop nombreux. Interrogés en 2007, ils multipliaient déjà par trois le chiffre réel !

Première réalité : en terme d’intensité de flux migratoire, la France occupe le bas du tableau des pays d’Europe. Selon l’Ined, la proportion des immigrés demeurant en France serait de 10,7% (13,1% en Allemagne, 21,3% au Canada…), soit 7,2 millions d’immigrés légaux  en prenant le concept de définition des Nations-Unies. Depuis 1995, la France est, avec le Japon, le pays riche qui a accepté le moins de nouveaux entrants. Le décalage de perception provient du nombre des enfants d’immigrés, recensés par l’Insee en 2008 à 3,1 millions de 18-50 ans nés sur son sol. C’est vrai, les flux migratoires sont durables, mais limités.

Mme Le Pen veut supprimer dans le droit français toute possibilité de régulariser un immigré clandestin. C’est un vœu pieu. D’abord, c’est ce qui se pratique à quelques exceptions près. Il est plus important, comme le propose Nicolas Sarkozy de régler le problème du conflit entre la justice administrative et la justice pénale qui rend les choses très compliquées aujourd’hui pour les expulsions des irréguliers.

Deuxième réalité : les étrangers ne touchent pas trop « d’allocs ». Grosso modo, et n’en déplaisent aux porteurs de fantasmes qui surfent sur les cas médiatisés, toutes les études faites dans les pays d’Europe y compris en France, globalement les immigrants déboursent plus pour leur protection sociale qu’ils ne perçoivent de prestations. Ils sont en effet surreprésentés dans les classes d’âge actif qui cotisent : 70% ont entre 20 et 60 ans. Ils bénéficient de transferts importants pendant leurs jeunes années (chômage, aides sociales et familiales) mais profitent moins des prestations santé et retraite (deux postes qui représentent 80% des dépenses sociales). Ils ont une espérance de vie inférieure aux natifs. On estime que le solde des immigrés au budget des administrations est de l’ordre de 3 à 4 milliards d’euros : faible, mais positif.

« Enjeux – Les Echos » rajoute deux autres clichés couramment admis : « ils prennent le travail des Français », alors qu’en réalité leurs emplois sont largement complémentaires, et « leurs enfants paieront nos retraites » alors qu’ils ne pourront qu’en alléger un peu le fardeau.

Sur le premier point, les services de l’Etat veillent particulièrement à ce que le recours à l’immigration de travail ne soit pas une manière de servir des salaires inférieurs. Les études montrent que l’effet est marginal sur la population. La concurrence est faible entre travailleurs résidents et étrangers.

Sur le second, il s’avère, chiffres à l’appui que le vieillissement est peu sensible aux flux migratoires. Les migrants ne peuvent renverser une pyramide des âges défavorable. Avec un taux de fécondité de 3,3 à leur arrivée, les immigrés améliorent le taux français de 0,1 point.  Au bout d’une génération, leur comportement se rapproche de celui des natifs.

Peut-on toujours durcir la politique d’immigration et la répression, comme le préconise la candidate d’extrême droite, au mépris du réalisme ? Sauf à entourer la France de barbelés électrifiés et refaire le mur de l’Atlantique... jusqu’à Menton, la pression migratoire continuera de se faire sentir. La surenchère en ce domaine comme dans tous les autres, n’apporte qu’illusion. C’est une forme d’arnaque.

Une fois qu’on a dit tout cela, il nous reste à trouver les remèdes aux maux venus d'un demi-siècle d’erreurs en politique du logement, d’accueil, d’intégration et j’en passe. Depuis 2007 un travail en profondeur a été entrepris avec la politique de rénovation urbaine, mais c’est une tâche de très longue haleine. On peut durcir toutes les lois pour dissuader de venir, cela ne règlera pas les problèmes sociaux des banlieues. En ce domaine, c’est de continuité dont on a besoin. 

 

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