PENDANT LES VACANCES, LE SPECTACLE CONTINUE…
LA RENTREE D’ARCHIBALD

A LA RIGUEUR…

  

Fillon aout 11 
Le mot « rigueur », tabou il y a un an est aujourd'hui brandi comme un étendard, y compris à gauche. Comme quoi les temps changent et tout le monde doit s’y faire.

« Le train de mesures annoncé par François Fillon est la fois très sérieux et très politique. Un plan très sérieux parce que le Premier ministre a annoncé des mesures crédibles. Il y en avait un paquet, c’était horriblement technique mais sur le fond assez réaliste. Et ça ne devrait pas casser la croissance car ces mesures visent d’abord les gens et les entreprises qui ont beaucoup d’argent. Elles pèseront donc sur l’épargne plus que sur la dépense… ». Ce commentaire de Jean-Marc Vittori me paraît plus crédible que toutes les rodomontades que l’on a pu entendre en réaction, de la plus irresponsable, celle de Benoit Hamon qui utilise des mots (cynisme) dont l’outrance le fige dans le registre de la haine, à la plus inadaptée, celle d’Eva Joly qui évoque l’échec de « l’idéologie » de Sarkozy, comme si le président en avait une. Il est vrai qu’on voit souvent les autres à l’aune de ses propres constructions mentales.  Ce que le Premier Ministre a proposé n’est pas non plus du « bricolage » comme le prétend François Hollande qui commentait les mesures avant de les connaître. Et surtout, les nouvelles mesures épargnent les classes moyennes, faisant mentir Marine Le Pen.

Au contraire, il y a trois autres indices de sérieux, qui visent à rassurer nos voisins européens et les investisseurs des marchés. D’abord, le gouvernement abaisse sa prévision de croissance à moins de 2%, au lieu de faire semblant de croire à un avenir meilleur. Ensuite, il annonce 11 milliards d’euros de hausse d’impôts et 1 milliard de baisse des dépenses, ce qui va au-delà des 10 milliards évoqués précédemment. Enfin, si le Premier ministre rejette l’austérité, terme qu’il réserve au Royaume-Uni, ou à l’Espagne qui baisse les salaires des fonctionnaires, il endosse le mot de rigueur un mot qui était devenu véritablement tabou dans la politique française. Le gouvernement fait preuve de cohérence et de pragmatisme en s’adaptant à une conjoncture internationale qui s’impose à lui. Alors bien sûr, voilà Nicolas Sarkozy accusé de se renier par ceux-là mêmes qui lui reprochaient jusqu'alors de s'entêter. Plutôt que le nier, la majorité a intérêt à l'assumer. Et à admettre que la nécessité économique ne va pas sans prise de risque politique. Et il n’est pas le premier à avoir été confronté à ce genre de difficulté qui oblige à corriger le tir.

Force est de constater que c’est aussi un ensemble de propositions très politique, parce qu’il a été pesé au trébuchet. Les mesures les plus lourdes visent les grandes entreprises, les gros épargnants et l’argent qui dort, comme disait François Mitterrand. Rien donc qui puisse fâcher la grande majorité des électeurs ni mettre en péril le tissu des PME. La gauche aurait pu prendre les mêmes mesures. Mais François Fillon a pris deux mesures qui alimentent  tous les commentaires et font oublier le reste alors qu’elles font seulement 3% du total : la taxe exceptionnelle sur les Français qui gagnent plus de 500.000 euros (on pouvait faire plus qu’ajouter 3%) et l’impôt sur les sodas sucrés. Ajouter un zest de préoccupation sanitaire dans la démarche n’est pas anodin : lutter contre le tabagisme, l’obésité et la « biture expresse » en taxant un peu plus les produits concernés, c’est aussi un moyen de lutter contre le déficit chronique de nos dépenses de santé. Et personne ne se plaindra que  les géants américains que sont Coca-Cola et Pepsico soient visés. Médiatiquement, c’est même plutôt bien joué.

Au-delà du tintamarre politicien, ce qui est le plus important à savoir, c’est que ce plan devrait suffire si la croissance résiste. A la veille des élections, on se contente d’ajustements, de racler les fonds de tiroir. Les vraies décisions sont renvoyées au débat de la présidentielle, voire à l’après-présidentielle, ce qui est logique. Dans la perspective de la bataille de 2012, Nicolas Sarkozy sait que son bilan n'échappera pas à l'ironie de ses concurrents, mais que les Français lui seront davantage reconnaissants de sa « lucidité » et de sa capacité d'adaptation.  C'est la crédibilité de l'action politique qui est en jeu. 

C'est d'ailleurs sur ce terrain de la crédibilité que François Fillon a défié la gauche dès hier, en annonçant le plan gouvernemental. La campagne interne au Parti socialiste le montre : la crise contraint la gauche aussi à revoir ses promesses. Les 300.000 emplois publics promis par le projet du PS sont défendus ces jours-ci avec moins d'enthousiasme... Et la « règle d’or » que la droite a accepté de voter en Espagne, enferme la gauche française dans son aveuglement sectaire… et irresponsable, sans parler de ses arrières-pensées dépensières.

 

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