LES COUPS DE GUEULE D’ARCHIBALD
CRIS DE PUTOIS

NUIT D’ANTHOLOGIE


    Festival d'Anjou001                                                  

 

Il fallait un spectacle d’exception pour l’ouverture de ce 60ème Festival d’Anjou. Anniversaire réussi avec une pièce de Shakespeare en clin d’œil avec le « Roméo et Juliette » de la première édition, la « Nuit des Rois » jouée magistralement par des comédiens brillants et inspirés.

 

Et le choix de Nicolas Briançon s’est révélé judicieux dans tous les domaines : le texte de Shakespeare, écrit au XVIIème siècle rappelons-le, s’inscrit parfaitement dans notre modernité, avec ce qu’il faut d’humour et de provocation, où la finesse se sert de la vulgarité pour être mise en valeur ; la mise en scène bondissante qu’il a imaginée, relayée par le jeu des acteurs, permet de tenir le public par le rythme endiablé des situations les plus inattendues passant de la pose romantique au burlesque hilarant ; enfin, le choix des acteurs qui jouent leur partition au plus juste, avec une fraîcheur et un enthousiasme qui ont vite séduit le public.

 

Dans ce registre, impossible de délivrer des mentions qu’il s’agisse du « fou » jonglant avec les mots et susurrant ses chansons d’une voix doucement modulée, du majordome qui sombre dans sa folie d’arriviste, des joyeux lurons en kilts qui nous servent une gigue endiablée ponctuée de « ferme ta gueule » tonitruants, une Viola qui fait oublier sa taille fluette par un jeu très pointu, une Olivia resplendissante de beauté…. Dans des costumes résolument contemporains, ce qui renforce la proximité que le public peut trouver dans le texte, qui, pourtant, a été scrupuleusement respecté par une transcription méticuleuse.

 

Voilà une pièce qui alterne les bouffonneries dignes des farces de Molière, des jeux de rôles dont on peut imaginer que notre grand dramaturge s’est inspiré, comme  ce passage dans lequel le « fou » imite plusieurs personnages dans l’obscurité et qui fait penser immanquablement à une scène des Fourberies de Scapin, avec des moments d’une grande subtilité sur le sens des mots ou l’analyse du sentiment amoureux.  Modernité de l’intrigue aussi dont on peut penser que Musset s’est inspiré pour écrire son mélodrame des « Jeux de l’amour et du hasard ». Il y avait des parentés de textes entre Molière et Cyrano. Rien d’étonnant à ce que le génial Shakespeare ait été source d’inspiration pour nombre d’auteurs…

 

Une « Nuit des Rois » qui restera dans les annales, et bien mise en valeur par le décor du château du Plessis Macé, tout-à-fait dans le ton.

 

                                                      

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