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SARKOZY : LA JUSTICE IMPARTIALE ?

L’ARMEE DE LA FRANCE LIBRE

Goumiers

 

De nombreux documents nous ont proposé diverses rétrospectives  sur « l’homme du 18 juin » et  la « France libre ». On y retrace  l’épopée de De Gaulle, sans qui rien n’aurait été possible. Dans la fresque apparaissent les figures singulières  que tous ceux de  ma génération ont eu à connaître :  Leclerc et son serment de Koufra à la tête de  la 2ème DB, Jean Moulin et l’organisation de la résistance, Thierry d’Argenlieu, l’amiral à la fidélité  indéfectible…  De Londres à Alger, De Gaulle finit par imposer la marque de la France combattante. Mais  je trouve que dans ces évocations, si on  parle beaucoup de l’armée de la France libre, on laisse trop  dans l’ombre  ceux qui en constituaient les troupes.  Un oubli que je voudrais  réparer  ici en clin d’oeil amical  à mes amis marocains.

C’est dans l’excellente revue du « Mérite National » de septembre dernier que j’ai trouvé mes sources :  « Les troupes marocaines dans la victoire de 1945 ». En gagnant Londres, De Gaulle avait fait un authentique pari : celui de s’appuyer sur ce qu’il  appelait « l’Empire » pour trouver les forces nécessaires pour continuer le combat contre les  nazis. En ce qui concerne le Maroc, il faudra attendre  le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942  à Casablanca pour obtenir la reddition des troupes  vichystes (le 11 novembre). Les  Marocains rejoignent alors en masse l’armée de la Libération.

Les Marocains au service de l’armée française.

Ce que l’on sait moins, c’est que déjà  au cours de la 1ère guerre mondiale de 1914-1918,  plus de 40 000 marocains avaient servi la France contre l’Allemagne. Dès septembre 1939, quand éclate la seconde  guerre mondiale, le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, demande au peuple marocain de manifester sa solidarité envers la France. Des milliers de jeunes gens s’enrôlent dans l’armée française pour rejoindre  le front où ils se sont particulièrement illustrés.  Les Ier, IIe et VIIe régiments de tirailleurs marocains participent à la bataille de Gembloux, près de Namur, les 14 et 15 mai 1940, une rare victoire tactique des troupes françaises sur celle du 3ème Reich. Ce  sont près de 157 000  hommes de troupe nord-africains qui ont rejoint les premières batailles de 1940, dont 67 000  ont été faits prisonniers  par la Wehrmacht. Entre 1942 et 1945, ce sont pas moins de sept régiments de tirailleurs marocains et quatre tabors (bataillons de goumiers) qui ont participé aux opérations des forces alliées face à l’armée nazie. Au total, on estime à 300 000  hommes le nombre de conscrits marocains présents sur les champs de bataille  pendant toute la guerre.

Cet apport fut décisif à beaucoup d’égards.

Lors de  la campagne de Tunisie,  l’Armée d’Afrique engage près de 80 000 hommes dont 21 000 marocains groupés en une division de marche commandée  par le général Mathenet, comprenant notamment le 7e  Régiment de Tirailleurs Marocains et les 1er et 2e groupements de Tabors.  Durant ces difficiles combats, l’armée d’Afrique perdit près de 10 000 hommes, dont 2 000 tués. La  Corse, la  Sicile, l’Italie, le  débarquement en Provence,  puis les Alpes, les Vosges, l’Alsace… pour finir sur le territoire allemand : autant de combats  qui virent s’exprimer les qualités guerrières de ces hommes. Et conduisirent à la victoire. C'est pendant la campagne d'Italie, sous les ordres du général Juin, que les goumiers marocains s'illustrèrent tout particulièrement. 

Aux côtés de leurs frères d’armes de la métropole et de l’ancien empire colonial, les tirailleurs, les goumiers, les spahis, les artilleurs, ont  permis à notre pays non seulement de sortir vainqueur du conflit, mais aussi de tenir son rang et  d’être présent aux côtés de la Grande-Bretagne, des USA et de l’Union soviétique le 8 mai 1945 lors de la capitulation allemande. La France ne doit pas oublier et se doit, aujourd’hui comme demain, de rappeler que ces hommes se sont battus  pour elle et qu’on leur doit notre liberté retrouvée alors.

Sans l’apport des soldats venus des départements d’outre-mer et de ce qui constituait alors « l’empire », l’armée française libre n’aurait guère existé. Le meilleur exemple en est le débarquement de Provence pour lequel  les troupes françaises étaient majoritairement constituées de troupes non métropolitaines. On ne leur dira jamais assez « merci ! »

Le Maroc a payé un lourd tribu à l’occasion de la seconde guerre mondiale. Cela mérite bien un hommage et notre reconnaissance.  

 

Commentaires

Tayeb

Merci pour cette reconnaissance cher Prof, les marocains estiment avoir fait leur devoir de soutenir et d'aider autant que possible un peuple frere ,menacé par une dictature .
On partage la "fraternité" et pourquoi pas l"égalité et solidarité"
Cordialement cher Prof.

Daniel

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