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ECONOMIE, CHOMAGE SANS LUNETTES ROSES

économie pour les nuls

A offrir d'urgence à Bercy

 

Un petit coup de réalité avant la coupure d’août, histoire de ne pas céder trop aux frivolités. Désolé de jouer les « rabat-joie ».

Croissance et chômage vont généralement de paires. Quand l’un va, l’autre aussi. Il aurait donc été étonnant qu’après un nouveau « mauvais chiffre » du chômage en juin, la croissance se porte bien.

5 400 chômeurs de plus en juin.

La courbe du chômage continue de s'inverser,  certes, mais dans le mauvais sens. Le nombre de chômeurs de catégorie A, c’est-à-dire n'ayant pas du tout travaillé dans le mois a progressé de 5.400 en juin, selon les données publiées par Pôle emploi. La hausse mensuelle a beau être d'une faible ampleur, elle n'en est pas moins la deuxième consécutive après le + 9.200 en mai, cassant ainsi la dynamique que traçaient les nets reculs enregistrés en mars puis en avril. Elle intervient alors que le plan de formation de 500.000 chômeurs supplémentaires devrait normalement tirer les statistiques vers le bas : ainsi en juin le nombre d'inscrits à Pôle emploi en formation, classés en catégorie D et non décomptés comme « chômeurs », a augmenté de 9.500 pour atteindre 303.900, un record. Dans le détail, la hausse a surtout pesé sur les moins de 25 ans, avec 4.000 inscrits supplémentaires, comme c’était le cas déjà en mai. C'est un petit signal d'alerte après un an de baisse quasi continue du chômage des jeunes. Un recul des embauches avait été constaté pour le 2ème trimestre dans les PME. Ceci explique cela… Bah, comme pépère est occupé à soigner sa campagne électorale, les 6 millions de chômeurs peuvent bien attendre un an de plus non?

Mauvaise surprise sur le front de la croissance.

Selon les chiffres publiés dernièrement par l'Insee, le PIB français a stagné au deuxième trimestre. En effet, le détail des résultats publiés montre que la situation est loin d'être encourageante. La plupart des moteurs de l'économie se sont affaiblis et si la croissance n'est pas tombée dans le rouge, c'est grâce à la contribution du commerce extérieur : celle-ci est redevenue positive du fait d'un recul des exportations moins fort que celui des importations. Les autres composantes de la croissance, ne sont guère brillantes.  Comme on pouvait s’en douter, les dépenses de consommation des ménages ralentissent nettement, indique l'Insee. La baisse concerne aussi bien les achats de biens de consommation que ceux de services. Et une amélioration reste problématique. De nombreux aléas continuent de peser sur les mois qui viennent, notamment ceux liés aux retombées du Brexit mais aussi des attentats qui viennent de frapper la France et risquent de déprimer le moral des consommateurs. Du côté de l'investissement, la situation n'est guère plus brillante : après trois trimestres de hausse, il fléchit et repasse dans le rouge avec un repli de 0,4%. Le recul concerne aussi bien l'investissement en construction que celui en produits manufacturés et même des services marchands.

Production et construction replongent.

La production totale, de biens et de services, a aussi légèrement reculé (-0,2%). En particulier, la production de biens manufacturés recule nettement (-1,0% après 0,0%) du fait principalement de la chute de la production dans les raffineries, affectées par des mouvements sociaux en mai et juin  -merci Martinez-. Dans la construction, secteur qui commençait tout juste à donner des signes de reprise, elle a baissé de 0,6%, après +0,3% au premier trimestre.

Ces résultats illustrent le « ça va mieux » du pingouin et ont pris de court les économistes, comme d’habitude ! Le ministre des Finances, notre Sapin-les-bas-roses a reconnu dans un communiqué que ce chiffre de croissance était « décevant ». Il ajoute toutefois que « au-delà des à-coups d'un trimestre à l'autre, l'économie française reste sur une dynamique de reprise qui ne remet pas en cause la prévision de croissance de 1,5% en 2016 ». Si en plus il est nul en maths...

 


LE MYTHE DE L’ETAT INFAILLIBLE

Cazeneuve

 

C’est probablement au nom de ce dogme (de gauche) que M. Le Guen s’est exprimé. Ainsi, s’en prendre à l’Etat serait une atteinte à la démocratie, quand le gouvernement est de gauche naturellement, et ce serait donc un service rendu à la démocratie quand il est de droite, évidemment, si on se réfère au triste spectacle que l’opposition nous a offert sous Sarkozy. Cette conception de la démocratie est suspecte. Mais on devine où ce triste sire veut en venir. Derrière ses propos, il y a « l’affaire de Nice ».

Une « affaire » sur laquelle il faudra bien faire toute la lumière.

Cazeneuve, ce Ministre de l’Intérieur qu’on voudrait nous faire passer pour un bon Saint-Bernard infaillible, y est en première ligne. Les accusations du Maire de Nice sur la carence de la police d’Etat et les réticences du pouvoir central à la renforcer jettent une lumière cruelle sur le massacre qui a eu lieu et ne peut qu’éclabousser ceux qui ont refuser de voir la réalité. A commencer par le Ministre de l’Intérieur lui-même. Autrefois, le titulaire se serait défaussé sur son préfet et … circulez, il n’y a rien à voir. Mais nous avons à faire à un pilier du régime, connu surtout pour son sectarisme et sa rigidité idéologique, et de surcroît un fidèle au Président qui commence à les compter. Donc : pas touche !

La polémique aurait pu en rester là.

L’affaire prend une autre dimension avec la publication des directives reçues par la mairie de Nice concernant les enregistrements de vidéo-surveillance, pour le moins surprenantes : détruire les enregistrements pour éviter que des images « volées » circulent sur le net. Bizarre. Puis la fonctionnaire de police municipale dit avoir été harcelée pour fournir un rapport « ajusté »… Des méthodes que récusent évidemment notre bon samaritain « intègre et tout, et tout ». Beaucoup de bruit pour essayer de dissimuler une sous-estimation du risque par l’Etat ? Tout le monde l’a déjà compris, mais ça fait désordre dans la tentative désespérée du pingouin pour apparaître comme le rempart qui nous protège. Alors Manolito vient à la rescousse, coups de mentons à l’appui (on a l’habitude) et le chef de l’Etat lui-même se fend d’un soutien à son ministre : forcément la vérité est de son côté ! Comme il y a longtemps que les Français ont compris qu’il était un menteur invétéré, personne n’en croira un mot surtout quand il affirme que toute la transparence sera faite : une manière de dire d’avance qu’il n’y aura rien à voir tellement ce sera transparent. Et forcément, les menteurs sont en face, ces polémiqueurs de droite, revanchards et de mauvaise foi. D’ailleurs certains médias commencent à montrer du doigt cette policière municipale comme « une personne très engagée » -donc suspecte de malhonnêteté ?-. Parce que « eux » ils ne sont jamais « engagés » !!! Ils ne sont que ça !

Un Ministre dans cette situation-là, ça démissionne !

Et voilà l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, qui vient mettre son grain de sel. Alors qu’elle est mise en examen dans le procès « anticor », elle aurait mieux fait de continuer à garder le silence pour dénoncer : « ceux qui font commerce de la peur, de l'angoisse, de la douleur d'autrui et vocifèrent sans respect des larmes, en privilégiant leurs intérêts partisans ou leur impatience à s'emparer du pouvoir d'État ». Les arguments qui suivent et que je vous épargne prouvent qu’elle n’a toujours rien compris.  « Ses leçons de morale sont insupportables et frisent l'indécence après sa politique laxiste », résume mon amie Catherine Deroche, Sénatrice de Maine-et-Loire. Une bien piètre contribution au sauvetage d’un ministre enferré dans ses mensonges.

Cazeneuve dégage !

 


LA PRIMAIRE A LE DOS LARGE

Primaire à droite Hollande grimace  Valls 2



Le contrecoup politique de l’attentat de Nice ne s’est pas fait attendre. L’opposition est rapidement montée au créneau et il y a de quoi. Face à un pouvoir prompt à se reposer sur l’excuse de la baisse des effectifs dans les forces publiques, décidées soit-disant avant lui, il ne fallait pas attendre pour alerter l’opinion publique sur les carences de ceux qui nous gouvernent. Et on n’a pas fini de les découvrir.

A quoi bon appeler à la cohésion nationale …

L’expert en commémorations en tout genre qui nous gouverne n’a que ça à la bouche : « union, union, union » en sautant comme un cabri aurait ajouté le Grand Charles . Face au terrorisme, il faut l’union nationale de tous… Appel qui sonne en creux comme un reproche adressé aux leaders de l’opposition qui sont montés rapidement au créneau soit pour dénoncer les carences de protection dans l’attentat de Nice, comme Alain Juppé, soit pour réclamer des mesures plus fermes de lutte contre le terrorisme, comme Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et NKM pour ne citer qu’eux. Mais encore faut-il être crédible pour le faire : et d’abord être capable de rassembler son propre camp !

Le fossé qui sépare la droite de la gauche.

Le débat à l’Assemblée nationale sur la prolongation de l’état d’urgence a été émaillé de vifs propos échangés entre la droite et ce qu’il reste de la majorité de gauche. Il aura permis de constater qu’il existe bien un fossé entre les conceptions de la droite et de la gauche sur la notion « d’ordre républicain ».  Manolito est bien un pur produit de l’école républicaine de la 3ème et 4ème républiques, formé à la culture du « péremptoire », selon laquelle il suffisait d’énoncer pour réaliser. Mais ce qui pouvait se concevoir pour l’apprentissage du savoir autrefois, n’est en rien applicable à l’exercice du pouvoir, surtout de notre temps où avec les réseaux sociaux on peut douter de tout. Ainsi la défense véhémente des valeurs de la République n’est que des mots alors qu’il faudrait qu’ils soient suivis d’actes. C’est là que le bât blesse. La gauche confond toujours le « dire » et le « faire », croyant que « dire » c’est « faire ». De plus, dans la culture de la gauche, il y a toujours une réticence pour l’ordre et une préférence pour le désordre, comme on l’a vu avec les manifestations contre la loi El Khomry. Alors oui, c’est facile de traiter Alain Wauquiez de « facho », au nom du « dire », alors que c’est lui qui a probablement raison sur ce qu’il faudrait « faire ». On aurait pu espérer des échanges plus sereins après la tragédie de Nice et un vote consensuel qui effaçât les différences entre droite et gauche comme cela conviendrait à un pays où nous devrions tous agir comme un seul homme contre le danger qui pèse sur le pays. Comment l’obtenir dès lors qu’on fait peser sur l’adversaire la cause de sa propre incapacité et qu’on oppose le mépris à ses propositions. Malgré tout, la droite s’est montrée responsable, elle a consenti à approuver le texte après avoir obtenu une prolongation de six mois au lieu de trois, ce qui est bien la moindre des choses.

L’état d’urgence n’est pas la panacée.

L’état d’urgence, s’il permet principalement de harceler les milieux tentés par le terrorisme djihadiste en France, de contrecarrer leurs projets dans quelques cas, de rassurer plus ou moins la population, fonctionne trop à l’aveugle et ne permet pas de cibler correctement ceux qui sont sur le point de passer à l’acte et dont l’imagination meurtrière peut prendre les pouvoirs publics par surprise, comme on l’a vu à Nice. L’enquête permet de découvrir que l’acte, loin d’être solitaire, a été longuement préparé avec des complicités. C’est dans ce contexte que le débat qui a précédé le vote a exposé des divergences fondamentales entre les deux camps qu’une acrimonie exceptionnelle ne doit pas occulter. Face à Laurent Wauquiez qui voudrait que toutes les personnes fichées « S », c’est-à-dire susceptibles de basculer dans le terrorisme à un moment de leur parcours,  soient placées dans un centre de rétention, le refus véhément du Premier Ministre n’était pas une surprise, mais il n’avait pas être insultant par les sous-entendus et le procès en diabolisation qu’il a exprimé. La prolongation de l’état d’urgence est indispensable, mais elle ne résoudra rien si on ne renforce pas les procédures et les actions préventives contre les milieux « djihadogènes ».

La primaire de la droite n’est pour rien dans la tension.

Il ne faut pas prendre à la légère ces échauffourées verbales qui traduisent une fébrilité anormale de la gauche.  Certains voudraient y voir une surenchère des candidats les uns par rapport aux autres. Le procès ne vaut pas pour la droite, où tous réclament à peu de chose près les mêmes mesures de fermeté et d’action. La gauche peut balayer devant chez elle, car sa mollesse peut correspondre aussi à un calcul électoral qui consiste à ménager les musulmans qui ont massivement voté Hollande en 2012. Une faute politique évidemment, car dans leur grande majorité, ceux-ci sont demandeurs d’ordre républicain. Il ne suffit pas en effet que l’état d’urgence soit prolongé. Il était en vigueur le 14 juillet, il n’a pas empêché le carnage de Nice dans lequel une trentaine de musulmans ont été tués. L’opposition veut faire comprendre que l’état d’urgence n’est pas suffisant en lui-même, d’autant plus s’il devient permanent, si le gouvernement se refuse à mobiliser les moyens nécessaires. L’opposition a raison de lui demander de se doter de ces moyens, même s’il n’est pas inutile que se poursuive le débat entre la dose minimale de libertés que nous voulons garder et la dose de détermination à annihiler nos ennemis par toutes les procédures possibles et imaginables. L’état de guerre ne doit pas tuer l’état de droit, tout le monde en est conscient, la droite la première. C’est pourquoi le procès permanent en « tentation populiste » qui lui est fait est insupportable. Il participe aussi d’une stratégie électorale du pouvoir actuel.

 


PAS MIEUX, TOUJOURS AUSSI MAL !

Bout du rouleau

 

Voici un petit catalogue, non exhaustif, de tout ce qui ne va pas et qu’il va falloir corriger dès 2017 si on veut que la France aille vraiment mieux.

L'enfer fiscal des entreprises.

La Cour des Comptes a recensé 233 prélèvements pesant sur les entreprises. De l'ordre de 773 milliards d'euros en 2014, soit 36,1% du PIB, ont été collectés par plusieurs administrations fiscales et organismes de sécurité sociale, mais aussi par de nombreux autres organismes de droit privé, « pour un coût estimé à 5,2 milliards d'euros », assène la Cour qui estime que ce coût pourrait être significativement réduit. Leur poids est si lourd qu'il plombe la vie des entreprises. Les grands groupes savent échapper, eux, aux prélèvements, mais les entreprises de tailles petites et moyennes, non. Elles qui subissent de plein fouet ce délire fiscal. Pas étonnant que l'Irlande, et ses 12.5% d'IS, ait un PIB en croissance de... 26% !

L’usine à gaz du CICE.

Les moyens consacrés au Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi  (CICE) en valaient-ils la peine, au regard des résultats atteints ? Pas vraiment répond un rapport de la commission des finances du Sénat, qui analyse d’un point de vue fiscal les effets de ce dispositif phare du quinquennat Hollande. On rappelle que le dispositif consiste en un crédit d’impôt sur la masse salariale, jusqu’à 2,5 smic. L’industrie, cible initiale du dispositif, n’est que péniblement le premier secteur concerné avec à peine 19,4 % de la créance d’impôts et le second bénéficiaire du CICE est le secteur commercial alors qu’il est souvent moins soumis aux impératifs de compétitivité et moins présent à l’exportation. La cible est donc largement ratée. Même constat en fonction de la part du chiffre d’affaires réalisée à l’exportation : en 2014, les entreprises réalisant plus de 10 % de leurs ventes à l’international ont reçu seulement 21,4 % des montants du CICE. Ce ciblage défaillant est notamment lié au plafonnement du CICE à 2,5 smic, alors que les rémunérations des emplois visés sur l’innovation sont presque toujours au-dessus de 2,5 voire 3 smic. A l’autre bout du spectre, pour les PME-TPE en difficulté à la sortie de la crise, le CICE a souvent fait fonction d’outil de trésorerie, ce qui n’est pas son rôle, compte tenu des difficultés de mise en place et des lourdeurs de gestion inhérente au crédit d’impôt. Le rapport pose aussi la question de la soutenabilité budgétaire du dispositif, puisque les dépenses effectives pour l’Etat sont étalées dans le temps : les entreprises ont en effet trois ans à partir de l’exercice sur lequel les salaires ont été versés pour déclarer leurs créances. L’annonce faite fin juin par Hollande de relever le CICE en 2017 à 7 % de la masse salariale contre 6 % précédemment, plutôt que de supprimer la C3S, procède de cette logique de décalage budgétaire. Autant de financements décalés pour « après 2017 » … l’enveloppe budgétaire devrait atteindre quelque 20 milliards d’euros d’ici 2017, soit près de 1 % du PIB de notre pays. A l’horizon 2017, le CICE aura permis de créer ou de sauvegarder 140 000 emplois indique l’OFCE. A la mise en place du dispositif, l’exécutif, lui, tablait sur 300 000 nouveaux postes à un horizon de cinq ans. Les effets sur l’emploi sont donc bien moindres qu’espérés, on n’en sera pas surpris. Le rapport conclut que le CICE nécessite d’être revu profondément, dans sa forme comme dans son montant. Il vaudrait mieux le supprimer pour le remplacer par un allègement direct des charges des entreprises.

L’impôt sur le revenu de plus en plus concentré.

C'est un chiffre noyé dans un obscur document présentant le bilan annuel de la Direction générale des finances publiques. En 2015, 17,1 millions de foyers ont payé l'impôt sur le revenu. On s'aperçoit que la proportion d'imposables a atteint un plancher historique, à 45,6 % - contre plus de 52 % deux ans auparavant. Il faut remonter loin en arrière pour retrouver un niveau pareil. Et surtout, si l'on intègre l'effet de la baisse de l'impôt applicable cette année et celle d'ores et déjà promise pour 2017 à destination des revenus peu élevés, la part des Français qui contribuent à l'impôt sur le revenu va descendre très nettement plus bas. C’est une injustice scandaleuse et on comprend qu'aucune publicité n'en soit faite. L'imposition directe et personnalisée des revenus est de plus en plus concentrée sur un nombre toujours plus réduit de contribuables. L'alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail comme le plafonnement des réductions d'impôt et du quotient familial sont toutes allées dans le même sens : ce sont les Français des classes moyennes aisées et supérieures qui paient le plus lourd tribut. Cette concentration de l'impôt sur le revenu suscite évidemment l'exaspération des foyers qui voient leur charge fiscale augmenter sans que les déficits publics baissent franchement ni que les services publics n'améliorent leur efficacité. Et d’un autre côté les non-imposables sont trompés, car ils ont le sentiment que les prélèvements obligatoires ne sont pas élevés en France alors que c'est le contraire : ils le sont pour tous, via la TVA, la CSG, les impôts locaux, les taxes sur les carburants, etc… Si bien que la pression pour maîtriser les impôts et les dépenses publiques est excessivement faible dans notre pays. Elle est aggravée par les taux d’intérêts très bas sur les emprunts. L’impôt et l’emprunt sont les deux moteurs de la gabegie socialiste.

Le numéro de magie sur le financement des retraites.

C'est un numéro assez stupéfiant auquel on a assisté sur l'avenir des retraites. Le comité de suivi des retraites pointe une « amélioration » de la situation financière du système. Il n'en fallait pas plus au gouvernement pour annoncer que les régimes de retraite étaient proches de l'équilibre et ne nécessitaient plus de réformes structurelles. Il suffit juste, d'après les hypothèses du gouvernement, d'avoir une croissance de 1,5% par an de la productivité du travail et un taux de chômage sous les 7 %. Cherchez l’erreur ! Le message à l'opinion est sans sous-titre : n'écoutez pas les candidats de droite qui vous annoncent un relèvement de l'âge de départ de 62 ans à 64 (Sarkozy) ou 65 ans (Fillon et Juppé), ce n'est en rien nécessaire. Ce discours est indécent à plusieurs titres, et pas seulement parce que la ficelle politique est grosse. D’abord, si « la France » a redressé les comptes sociaux, ce n'est pas grâce à la gauche, qui a voté contre toutes les lois qui permettent aujourd’hui l’amélioration, et qui est du coup assez mal placée pour tirer la couverture à elle. Le Parti socialiste s'est à quatre reprises opposé, jusque dans la rue, aux ajustements décidés par Edouard Balladur (1993), François Fillon (2004) et Nicolas Sarkozy (2008 et 2010). Ensuite l'assurance du gouvernement est bien téméraire parce que le déficit des retraites de base du secteur privé et de divers dispositifs de solidarité tournera autour de 3,5 milliards d'euros cette année et le COR le voit à encore 4 milliards en 2020, et ces chiffres ne prennent pas en compte les subventions aux régimes spéciaux des entreprises publiques ni les retraites des fonctionnaires. Enfin, l'optimisme du gouvernement repose sur des hypothèses... très optimistes, un taux de chômage un tiers inférieur à ce qu'il est aujourd'hui et des revenus continuant de progresser à un rythme convenable. Dans le contexte actuel, convenons que c’est pour le moins risqué comme pronostic. C’est de l’abus de confiance, ni plus ni moins. Dans le privé, on met les gens qui le pratiquent en prison.

L’opposition aura donc du grain à moudre pour remettre la France sur ses pieds. Pour l’instant, avec Hollande et ses dépenses électorales, Sapin et ses prévisions mensongères, elle continue de marcher sur la tête. Courage, encore dix mois à tenir !


LE SYNDROME DE SARKO

Sarko tf1 5  Hollande grimace

Je pensais pouvoir aborder des sujets plus légers. L'actualité nous a rattrapés. Incontournable. Les mots manquent pour qualifier la barbarie. Pas pour la médiocrité de celui qui nous gouverne.

Qu’il s’agisse de ses résultats économiques, du nombre des chômeurs ou du terrorisme, ce gouvernement est incapable de faire son propre bilan. Il faut toujours qu’il en rejette la faute sur les autres ; et bien sûr sur le gouvernement qui a précédé et particulièrement le précédent président. Hollande semble hanté par Sarkozy qu’il a été obligé d’imiter (sans y parvenir) après avoir imaginé qu’on pouvait être un homme « normal » pour gouverner la France. De ce point de vue, sa conférence de presse du 14 juillet a été pitoyable, au point de manipuler le nombre des chômeurs pour amoindrir son échec. Inutile d’épiloguer puisque personne ne l’écoute plus. Nous nous convaincrons de sa mauvaise foi  en nous appuyant uniquement sur les rapports de la Cour des Comptes : relisons ce qu’elle disait de la situation de la France et de l’action menée par l’exécutif sous Sarkozy, et notamment fin 2011, et comparons avec les rapports qui viennent d’être publiés et le signal d’alarme que les sages de la rue Cambon tire au sujet des déficits et de la dette !

Un bilan désastreux.

L’attentat de Nice, après l’assassinat des deux policiers viennent un peu plus ternir le bilan hollandais. Certains trouveront que les polémiques déclenchées par les différentes oppositions sont déplacées. Ce serait trop facile : on ne tire pas sur l’ambulance semblent nous crier les bonnes consciences habituelles de la gauche bobo !  Comment peut-on se taire après ce qui s’est passé sur la promenade des Anglais ? La tragédie débouche évidemment sur la colère des gens simples qui exigent une prévention plus efficace et davantage de fermeté. Ne pas y répondre, c’est faire le lit de ceux qui préconisent à l’extrême-droite, des solutions fondées sur la haine et la xénophobie qui ne conduisent nulle part, et on peut compter sur toutes les surenchères de Mme Le Pen pour profiter de l’occasion et faire de la récupération. Quant à l’extrême gauche, elle oublie un peu vite son empathie pour l’islamisme djihadiste. C’est donc à l’opposition  de droite et du centre de dire les choses, et il faut qu’elle les dise avec fermeté. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont eu raison de monter au créneau. Ce n’est pas une question de concurrence au sein de la primaire, le sujet est trop grave. Mais qui ne voit l’urgence vis-à-vis de l’opinion, à ne pas laisser le champ libre aux rodomontades populistes.

La leçon n’a pas été tirée.

La polémique peut paraître dérisoire, elle est nécessaire. C’est à l’opposition de prendre le relais de la fermeté que réclament les français qui ont droit à une sécurité durable. Or, on ne peut que le constater, le gouvernement a cru, à tort, au lendemain de l’Euro, qu’il pouvait baisser la garde. Bernard Cazeneuve aura beau nous opposer ses dénégations et ses certitudes sur le risque zéro, il ne convaincra personne. Lui aussi est atteint du syndrome « Sarko » tant il est difficile de supplanter le ministre de l’Intérieur qu’il a été. Qu’on le veuille ou non, la police aurait dû être en mesure d’arrêter le camion avant même qu’il ne s’engage dans la Promenade, et certainement avant qu’il n’ait parcouru deux kilomètres mortifères. Comme l’affirme Alain Juppé, force est de constater que les moyens adéquats n’avaient pas été prévus. Un événement dramatique dont la leçon doit être tirée. En commençant par écouter l’opposition. On ne peut pas continuer de se contenter de compter les morts et les blessés. On ne peut pas répéter sans cesse que l’on fait de son mieux. Ce n’est pas une question d'union nationale non plus. A quoi bon l’appeler à cor et à cris quand on n’est même pas capable d’avoir une simple majorité. Il est dérisoire mais tellement de gauche de répondre à la barbarie avec des hommages, des discours et des illuminations de la Tour Eiffel. Tout cela pour ne pas dire franchement que nous sommes en guerre. Tous ces comportements qui, à force de grandiloquence et de coups de tambours martiaux devraient rassurer, et ne font que donner aux minables abjects une stature qu’ils n’ont pas. Affirmons au contraire qu’on ne fait pas la guerre avec des bons sentiments. Car l’on voit bien le manque de fermeté pour lutter contre l’emprise islamiste : les mosquées plus ou moins radicales que l’on tolère, les centres de « déradicalisation » sans moyens, l’absence de surveillance adéquate dans les prisons… Il ne s’agit pas de s’en prendre aux musulmans, mais de nommer clairement les choses, et où sont les limites. Or le gouvernement n’a toujours pas clarifié sa position sur le communautarisme qu’il se contente de combattre par les mots et rarement dans les faits. Affirmons notre volonté de mener la guerre  de l’ombre, sur le terrain, celle qui ne se voit pas, qui diligente des actions de renseignement, de filatures, de surveillance internet, … en y mettant vraiment les moyens.

Il n’y a pas de remède miracle.

La lutte contre le fascisme islamiste alimenté par Daech sera de longue haleine. Plus on détruira ses bases au Moyen Orient, plus on dispersera ses fanatiques et plus nous nous exposerons à des métastases qui explosent violemment. On a vu à Nice que c’est possible avec peu de moyens. L’argument des « effectifs » (de police ou de gendarmerie) qui ont diminué il y a quatre ans est lamentable et contestable. Le pouvoir aurait dû agir depuis, non ? Le temps est venu de traiter le terrorisme avec une fermeté inaltérable et sans précipitation. Sans jeter l’opprobre sur les musulmans qui vivent en France, il serait bon que nous les invitions fermement à participer activement à ce combat, puisque dans leur très grande majorité, ils ont condamné le terrorisme, comme ils l’ont fait après l’assassinat de deux policiers dans les Yvelines. Quand on demande la vigilance de tous les citoyens, il leur appartient plus qu’à d’autres d’être les premiers à signaler ceux des leurs qui basculent dans la radicalisation. Ce signalement est la clé d’une prévention efficace. Il sera aussi le meilleur moyen de lever la suspicion ou le malentendu qui s’est peu à peu établi avec un grand nombre de nos concitoyens.

Puisqu’il lui reste quelques mois, souhaitons que le pouvoir actuel les utilise pleinement à entamer ce combat en se préoccupant davantage de ce qu’il faut faire que de savoir si c’est ce que Sarko aurait fait. Pauvre Hollande, incapable d’exister par lui-même !

 


LA GABEGIE A TOUT VA !

Hollande grimace

 

Mic-mac et tours de passe-passe.

Piètre gestionnaire, mais tricheur de génie. Hollande Président a donc choisi d’enterrer son plan d’économies de 50 milliards d’euros. Nouveau dérapage et surtout nouvelle facture transmise … à celui qui succédera. 2017 vaut bien toutes les facilités. On savait déjà que Bercy vendait des obligations à taux d’intérêts « intéressants » pour empêcher la dette de franchir la barre des 100%. On savait aussi que le gouvernement avait choisi de reporter à après 2017 la négociation sur l’assurance chômage en prorogeant le système en place faute d’accord entre les partenaires sociaux. On savait depuis la semaine dernière et le rapport de la Cour de comptes que le déficit de 2015 ne s’est pas réduit de 15 milliards d’euros par rapport à 2014, mais de … 300 millions.

Si ça n’était que ça ! Il y a pire : ce sont plus de 8 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour l’année prochaine qui ont été engagées. En voici le détail : le plan emploi et la prime à l’embauche pour les PME coûteront « environ 2 milliards », le montant est à peu près le même pour le renforcement des moyens de la défense, de la police, de la gendarmerie nationale et de la justice ; par ailleurs, l’augmentation des professeurs et la montée en puissance du service civique coûteront aux alentours de 3 milliards d’euros l’année prochaine. Sur le seul périmètre de l’État, c’est déjà 7 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. ll faut rajouter 1,2 milliard en faveur des communes et des intercommunalités, promis au congrès des maires, en laissant au passage une ardoise de 1 milliard d’euros au prochain gouvernement. Et, cerise sur le gâteau, il est encore question d’une baisse d’impôt pour les ménages de 2 milliards d’euros !!!

Comme l’objectif de déficit de 2,7 % du PIB reste « intangible », il a bien fallu trouver un tour de passe-passe pour compenser ces milliards de dépenses nouvelles. Le coup de génie budgétaire de l’Elysée : il suffit d’abandonner la suppression de la C3S des grandes entreprises (3,5 milliards d’euros), pour réinjecter les fonds dans une augmentation du CICE « d’environ 4 milliards d’euros ». Comme le CICE est un crédit d’impôt et pas une baisse de charge, son effet se fera sentir dès 2017 dans les comptes des entreprises mais seulement en 2018 dans les comptes de l’État. Et voilà ! Cela permet de repousser à 2018 le coût de la dernière tranche du Pacte de Responsabilité. Quelques réductions de dépenses sont bien prévues « y compris des dépenses sociales », sans qu’on sache exactement le montant. Finalement personne ne croit que les 2,7% seront atteints, pas plus la Cour des Comptes que Bruxelles.

Plus l’inversion de la courbe … des fonctionnaires !

30 000 fonctionnaires de plus depuis 2012. Si personne ne conteste qu’un effort était nécessaire pour conforter les effectifs de la police, de la gendarmerie et de l’armée, c’est beaucoup plus discutable en ce qui concerne l’éducation qui peine d’ailleurs à recruter. Mais tous ces effectifs supplémentaires auraient dû être compensés par autant de départs non remplacés dans des Ministères aux effectifs pléthoriques. Autant de postes supplémentaires qui plombent la trajectoire de retour à l’équilibre. Comme l’explique Eric Woerth, la seule vraie façon de faire baisser le déficit public en ce qui concerne l’Etat, c’est d’agir durablement sur la masse salariale et donc la réduction du nombre des fonctionnaires. Si on s’en tient au 7 milliards de dépenses supplémentaires prévues pour l’an prochain, cela représente 0,3 points de PIB : intenable. « Le gouvernement va laisser beaucoup de cadavres fiscaux dans le placard des finances publiques » ! La gabegie, c’est moi ! Pour l’Elysée, 2017 n’a pas de prix, mais il y aura un coût … après coup.

Pourquoi se gêner ?

En haut lieu, exceptée la Cour des comptes, et il faut saluer le courage de Didier Migaud, et les rappels de l’opposition, peu relayés par les médias, personne ne contredit le chef de l’Etat. Ni ses ministres, plus préoccupés par le toujours plus, ni les députés de la majorité plus occupés à s’étriper qu’à contrôler, et de toutes façons peu enclins à s’intéresser à la rigueur budgétaire. Ce n’est plus un pingouin qui nous gouverne, mais une autruche : face aux admonestations de la Cour des Comptes, aux inquiétudes de l’OCDE, aux doutes de Bruxelles, au ras-le-bol des Français, il oppose ruse et manipulation, déni de réalité, prenant un jour, rendant un autre selon un scénario imprévisible. Et les dégâts sont déjà là : la République abimée, la parole politique démonétisée, le crédit international ruiné. La défiance s’est installée partout, bâtie sur les ruines provoquées par les reniements, les mensonges et les artifices. Le président-candidat brade le pays dont les ambitions s’alignent dans des discours jamais suivis d’effets, au nom de quelques intérêts électoraux méprisables. Peu importe que la dette mine notre indépendance et réduise notre souveraineté à néant, il continue à se présenter en protecteur d’un modèle social qui laisse 3 millions de chômeurs sur le bord du chemin et qu’il contribue à détruire par son immobilisme et son saupoudrage électoral. Pourquoi se gêner, puisque la France n’a jamais connu des taux d’intérêts aussi bas pour emprunter, une vraie aubaine pour nos apothicaires, un vrai malheur pour notre avenir.

L’ardoise Hollande : ce sera au prochain gouvernement de régler la note. Elle s’annonce salée. En attendant, pourquoi se gêner ? Puisque ça va mieux !

 


EUROPE A « JE T’AIME, MOI NON PLUS » !

Europe_le_volontarisme_politique

 

Fico the One.

L’Europe nous réservera toujours des surprises : c’est au moment où elle connait son prurit populiste aigu du Brexit qu’elle voit arriver à sa présidence tournante l’un des plus excités : Robert Fico ! « Connais pas ! » me direz-vous… ne culpabilisez pas, même si on m’avait demandé qui c’est, je n’aurais pas su. Et pourtant, je n’ai pas d’excuses avec des enfants qui ont habité à Bratislava. Le Fico en question n’est autre que le Premier Ministre de la Slovaquie, où va se tenir le prochain sommet européen. Ce « social-démocrate » appartient à une variété particulière de la grande famille dite de gauche. Voisin de Viktor Orban, le conservateur de Hongrie, il partage avec lui la même conception de l’immigration : il n’en veut pas. « Nous ne laisserons jamais entrer un musulman en Slovaquie » a-t-il proclamé, bien que son pays soit à l’écart des mouvements migratoires. D’ailleurs, il n’a pas hésité à s’allier, pour gouverner,  avec les leaders xénophobes.  On comprend que la gauche européenne tienne à l’écart cet eurosceptique notoire. Aussi attend-on avec curiosité les impulsions que sa présidence voudra insuffler à la machine européenne.

Brexit à reculons.

L’après referendum s’avère plein de surprises aussi chez les Grands Bretons. On y voit les vainqueurs fuir les responsabilités et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne se hâte pas de prendre le manche pour envoyer la lettre qui actionnerait l’article 50. Courage fuyons. Le Brexit n'a plus de leader, plus de défenseur. On voit mal comment on pourrait échapper à des élections législatives anticipées et peut-être même à un nouveau référendum. Devant le désastre que provoque l’annonce du divorce, à la fois politique et économique, les godons ne sont plus pressés de se séparer. Ils veulent prendre leur temps, laissant tout le monde dans l’incertitude. Perfide Albion, toujours la même. En attendant, bonjour les dégâts : l’immobilier commercial a chuté de 50% depuis le début de l’année car les institutions bancaires avaient anticipé le risque, deux fonds MetG et Aviva Investors ont gelé leurs fonds face à l’afflux des retraits, et la £ivre a atteint son plus faible niveau depuis 1985 face au dollar. Déficit public record, endettement très élevé des ménages, perte d’attrait du Royaume-Uni auprès des investisseurs : la Banque d’Angleterre a identifié les menaces qui pèsent sur l’économie britannique. C’est pourquoi Londres hésite entre l’affrontement et la coopération avec Bruxelles, mais il faudra que ses gouvernants se décident vite. Si, comme le proclame Georges Osborne, il est envisagé de faire du dumping fiscal pour maintenir la place financière en baissant à 15% les taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises (aujourd’hui à 20%), ce sera interprété comme un cri de guerre, de quoi durcir les conditions du retrait. Il va de soi que la « marché unique, c’est la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes, quatre libertés qui forment un tout indissociable ». Si les britanniques veulent jouer aux flibustiers, ils ne pourront rester au sein de l’Europe, même à minima. Et le pari de Georges Osborne est loin d’être gagné pour reconquérir la confiance des investisseurs avec ce seul appât. C’est qu’en effet, Londres ne pourra faire autrement que de négocier un accord avec l’Union européenne qui constitue aujourd’hui plus de la moitié de son commerce et probablement bien plus encore pour la survie de la « City ». D’ailleurs c'est à 99.9% que les actionnaires du London Stock Exchange ont voté pour la fusion avec la Deutsche Börse, fusion qui devrait, malgré le Brexit, avoir lieu. Dans ces conditions on ne voit pas pourquoi le siège de la nouvelle institution ne serait pas en Allemagne.

L’Europe si ça m’arrange !

Matteo Renzi veut profiter du trouble créé par le Brexit pour faire avaler un projet que Bruxelles refuse depuis des mois. Il veut restructurer son secteur bancaire en recapitalisant ses banques avec des aides d'État et en imposant des regroupements. Les banques italiennes sont en difficulté et ça urge. Leurs cours se sont effondrés en Bourse et elles ne passeront pas, pour la plupart, les « stress tests » de la Banque centrale européenne, en fin de mois. Son plan de sauvetage est basique : l'État injecterait de l'argent dans le capital des banques pour leur permettre de respecter leurs ratios de solvabilité car leur problème c'est la masse des créances douteuses qui plombent leur bilan, et pousserait les plus fragiles à se regrouper ou à s'adosser. Un plan comme il y en a eu un peu partout en Europe. Le problème c'est qu’entre temps, l'Europe a changé les règles du jeu. Elle veut que ce soient les actionnaires et les créanciers qui paient les pots cassés et pas la puissance publique, dans le cadre des nouvelles règles de l'Union Bancaire. Donc pas question pour l'Europe d'accepter le plan Renzi. Celui-ci poursuit donc un double objectif : tout d'abord il veut sauver ses banques au plus vite,  mais en même temps, il veut démontrer qu'il sait, lui aussi, résister à Bruxelles. C’est que depuis l'élection municipale à Rome et depuis le Brexit, il est sous pression, notamment des populistes. Lui aussi a mis tout son poids dans la balance pour un referendum (hé oui, encore un) sur les réformes structurelles. Et au fil des semaines, le camp du non gagne du terrain. S’il perd, il devra évidemment démissionner. Il a donc intérêt à sauver les banques contre l'avis de Bruxelles pour sauver sa peau !! Du rififi en perspectives.

Cause toujours…

Finissons ce cours panorama par notre cher pays. Après ce que vient d’annoncer la Cour des Comptes, la discours de notre Sapin-les-bas-roses a perdu toute substance. Non la France ne réduit pas ses déficits, oui la dette explose et non la France ne respectera pas ses engagements de retour en-dessous des 3% en 2017 (je vous épargne les chiffres). Et devant la liste des nouvelles dépenses non financées, à caractère purement électoral, les instances bruxelloises sont exaspérées par le double langage qu’on leur tient. Ce qui rend risibles les discours qu’on entend partout pour expliquer que Paris va attirer tous les talents financiers de Londres. Allez savoir pourquoi un financier viendrait à Paris ? Pour payer 60% d'impôts, plus l'ISF et en prime se faire cracher dessus par la gauche, l'extrême-gauche, les écolos et le Front National ? Voilà donc qu’ils ne seraient plus, ces financiers, l'ennemi sans visage de notre pathétique pingouin ? La Finance ne fait pas bon ménage avec l'égalitarisme et le nivellement par le bas, sinon, ça se saurait. Voilà qui ne rend pas très crédible la France quand elle veut faire entendre ses exigences concernant le Brexit. On a vaguement compris que nos gouvernants souhaitait une évolution de l’Union vers plus de « solidarité ». je traduis le langage « solférinien » : il ne s’agit rien moins que de faire payer par les autres les efforts que nous refusons de consentir depuis cinq ans. M’étonnerait que ça marche !

 


BATTRE ENSEMBLE LA GAUCHE …

Primaire à droite

 

Si la droite a décidé d’organiser une primaire, c’est bien parce qu’elle s’est donné comme objectif de battre la gauche. Elle n’y parviendra que si ses candidats savent se rassembler. On comprend que chacun n’ait pas attendu pour commencer à faire campagne en avançant des propositions, et face à l’échec effroyable de la gauche et de ses vieilles recettes, il ne faut pas trop d’imagination pour annoncer autre chose. Encore faut-il qu’ils ne partent pas sur des chemins de traverse. A les écouter leurs électeurs putatifs peuvent se rassurer : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire et les autres n’ont pas des visions si différentes que ça de la société, de l’économie, de l’école, de l’immigration et même de l’Europe. A tel point que Guillaume Tabard, dans le Figaro, constate que « jamais la droite n’a connu une telle unité idéologique face à des gauches qui n’ont jamais été à ce point irréconciliables ». Je partage ce point de vue.

Alors, bien sûr, il existe des nuances et chacun bataillera sur la nécessité de la baisse de l’impôt avec un calendrier et un rythme ou des cibles différentes, mais le fait est que tout le monde s’accorde sur la nécessité de baisser les dépenses pour baisser les impôts. De même, chacun présentera un calendrier et une méthode pour allonger le temps de travail et sa durée… mais si on gomme les postures pour les besoins de la campagne et les discussions byzantines pour caricaturer le couloir d’à côté, on s’aperçoit que tous disent à peu près la même chose. On aura donc une campagne qui sera plus celle des « égos » que celle des idées.

En matière d’égos, on a pu en avoir une petite idée avec le Conseil National des Républicains samedi dernier.  Pour les candidats, c’était parait-il un problème : y aller, y participer, s’y montrer, sécher … On aura eu droit à toutes les positions. Que de tortures inutiles. Balayons le prétexte insupportable : celui d’une manifestation conçue pour valoriser le président du parti. Personne n’est dupe. Remarquons toutefois, que ce faisant, il est tout-à-fait dans son rôle et il était de son devoir de doter le parti d’un projet en forme de plate-forme. Celui-ci a été, comme il se doit, ratifié massivement. Il est le fruit de vingt commissions thématiques, réunissant élus de toutes les écuries et experts, sur les différentes têtes de chapitre. Ce travail a été mené sous la direction d’Eric Woerth, et personne ne peut prétendre qu’il n’a pas été fait sérieusement. J’affirme ici que ne pas participer à cette manifestation c’est afficher du mépris à  l’égard de la formation à laquelle on appartient, et donc à ses adhérents. Personne ne croira qu’en s’y rendant, Alain Juppé aurait manifesté une quelconque soumission à Nicolas Sarkozy ! Il a aggravé son cas en y faisant une apparition pour aussitôt s’éclipser dans un bistrot voisin pour y tenir une réunion avec une poignée de jeunes. Ô combien plus intelligente a été la participation de François Fillon qui n’a pas hésité à prendre la parole pour défendre son projet devant les cadres du parti. Il y a donc eu ceux qui étaient là et ceux qui ont boudé. Tant pis pour ces derniers. La primaire veut élargir le pouvoir de décisions à tous ceux qui se reconnaissent dans nos idées, encore faut-il ne pas oublier ceux qui militent et les défendent au quotidien!

Quant à savoir si le projet engage les candidats à la primaire, c’est encore une querelle byzantine. Le projet présenté, le président peut le faire sien… ou non. Tous les observateurs extérieurs ont bien vu qu’il n’y a pas de fossé entre les idées avancées par tous les candidats et le projet de quelques 300 pages sortis de la moulinette des fédérations. Chacun sait, en effet, et particulièrement dans notre famille politique, que la conquête de la présidence c’est d’abord l’affaire d’un homme et de son projet face au peuple. Autrement dit, il n’a jamais été question que le projet du parti soit un carcan pour enfermer les candidats dans un prêt-à-porter uniforme. Il est tout de même réconfortant de constater que tous sont sur la même longueur d’onde, et que le parti qui investit les candidats aux législatives ne raconte pas une autre histoire.

La bataille sera donc avant tout une « querelle » de personnalités. Il ne devrait donc pas être trop compliqué de se rassembler derrière celui (celle) que le vote désignera.