SERVICE MINIMUM (suite)
24 juillet 2007
J'entendais l'autre jour à la radio une enseignante avouer qu'elle ne faisait pas toujours grève parce que les motifs avancés à chaque fois, mêlant salaires et conditions de travail, lui paraissaient "fourre-tout". Et surtout, elle ne voyait pas bien à quoi servaient ces journées d'arrêt de travail éparpillées dans l'année, comme s'il fallait céder à un rite : "On fait grève, et le lendemain on reprend le travail comme si de rien n'était : autrement dit, ça ne sert à rien". Sauf que pendant ce temps-là on a embarrassé bien des parents qui n'avaient pas d'autre solution que de "sécher le boulot pour garder les marmots". C'est là ou le bât blesse.
Quand le chef du gouvernement évoque un service minimum dans l'Education Nationale, je ne pense pas qu'il veuille imposer un minimum d'enseignement les jours de grève. Il s'agit surtout de garantir l'accueil des enfants, problème qui se pose évidemment dans l'enseignement primaire. Normalement, les lycées et collèges assurent cet accueil et la cantine (et le problème est moins crucial avec des enfants en âge de se garder eux-mêmes). Tout le monde sait bien que ce sont les enfants des familles les plus défavorisées qui sont les premières victimes quand l'accueil n'est pas assuré. Il y a là un service d'intérêt général pour lequel il est bien normal qu'une solution soit recherchée. Je sais par avance que les syndicats mettront les grands principes en avant pour s'y opposer. Ils pourraient bien apparaître une fois de plus davantage au service de leurs intérêts corporatistes et catégoriels que de l'intérêt général, aux yeux de l'opinion publique.
En contrepartie de la sécurité de l'emploi, le service public a des contraintes, et parmi celles-ci, "le service au public". Cela ne remet nullement en cause le droit de grève que beaucoup confondent avec "journée de congé sans solde". J'imagine très bien qu'on puisse être en grève, ne pas assurer son service d'enseignement et néanmoins participer à l'accueil des élèves de son école, sans s'en remettre à ceux qui ne font pas grève .
Est-ce beaucoup demander ?
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