PETITES NOTES D’ECONOMIE
TANT PIS SI CA DERANGE !

BAISSE DE LA TVA DANS LA RESTAURATION : ON RESTE SUR SA FAIM !

 

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La France a dû batailler pendant huit ans avant d’obtenir le consentement européen. Jacques  Chirac l’avait promise, c’est Nicolas Sarkozy qui l’a obtenue. Rappelons que cette baisse se justifiait en raison des disparités qui existent dans notre pays entre le métier de restaurateur et la restauration rapide. C’était donc une mesure de justice pour rétablir des conditions de concurrence équitables. En échange, la profession s’était engagée à baisser les prix, augmenter les salaires et embaucher du personnel. Beaucoup de conditions bien généreuses que la baisse de 14 points (de 19,6% à 5,5%) devait financer. Début octobre, Hervé Novelli a réuni les représentants de la restauration pour faire le point et surtout s’émouvoir de l’insuffisance des résultats sur les prix et les embauches.

 

On est en effet loin du compte : la baisse des prix a été minime, de l’ordre de 5%, quand elle a été répercutée, et le nombre des embauches plafonne à 6 000 au lieu de 40 000. Laissons de côté les grincheux et les poujadistes, inévitables dans ce genre de métier, qui se sont assis sur les engagements de leur profession. Dans l’ensemble, les restaurateurs ont fait de leur mieux, en affichant les correctifs de prix ou le nombre des embauches auxquelles ils ont procédé. Ce qui est bien la moindre des choses : quand on prend des engagements et qu’on passe un contrat moral avec l’état, le minimum est de tenir ses promesses. La vérité, c’est que la baisse de la TVA a apporté l’oxygène de la survie à de nombreux établissements touchés par la crise, ne permettant pas aux patrons d’être généreux, mais de maintenir leur activité.

 

Il n’est certes pas question de revenir en arrière. Encore que … Les syndicats appellent les professionnels à tenir leurs engagements au risque de tout perdre ! Mais les restaurateurs les plus affectés par la crise pourraient mettre la clé sous le paillasson. La marge de manœuvre n’est pas épaisse. C’est pourquoi le secrétaire d’Etat au commerce s’efforce d’obtenir une amélioration des retombées de la baisse de la TVA (qui a coûté 3,5 milliards au budget) et plus d’embauches, sans pour autant aller jusqu’à une contractualisation qui imposerait des objectifs chiffrés. Pour l’instant le coût de la mesure est plus élevé que ses conséquences positives sur l’emploi et le pouvoir d’achat. C’est pourquoi, avec la reprise des affaires, il faudra que l’état soit plus exigeant. La balle est dans le camp de la restauration. Elle a encore quelques mois pour faire la preuve de sa bonne foi.

 

A défaut d’un verre plein, on se contentera de ce qu’il y a dedans, en pensant qu’il aurait pu être complètement vide, et qu’à défaut d’avoir servi à créer des emplois, la baisse de la TVA en aura peut-être sauvé. Ce n’est déjà pas si mal.

 

 

 

Commentaires

Marcel Moulan

je crois qu'il faut être très nuancé sur ce dossier. D'abord la restauration n'est pas un métier facile; un jour un restaurant est plein et refuse des clients, le lendemain pas un couvert...les heures ne sont pas comptées et le travail se fait souvent au moment où les autres ne travaillent pas...les salaires ne sont pas forcément élevés compte tenu des heures travaillées...ensuite il faut laisser du temps aux restaurateurs pour que le contrat moral avec l'état soit respecté. En effet certains avaient déjà fait des efforts avant la baisse de la TVA non par philanthropie mais simplement pour pouvoir survivre et donc pour nombre d'entre eux cette baisse de la TVA leur a seulement évité le dépot de bilan.
N'oublions pas que la restauration n'est plus ce qu'elle a été: en ces temps de crise, moins ou plus de repas d'affaires et moins de sorties pour les particuliers ou sorties budgétairement limitées. Certains restaurateurs qui jouent le jeu, ont d'ailleurs adapté les baisses sur des menus ciblés ou sur des parties de leur carte. Je suis persuadé que la profession mettra en oeuvre les mesures qui s'imposent dans les mois qui viennent.
Marcel

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