PETIT ANNIVERSAIRE POUR UN DESASTRE HISTORIQUE.
MAIS Où PASSE L’ARGENT ?

L’ENVERS DU DECOR

Macron de dos

 

La Macronie a six mois. 

On n’attend même plus une année pour fêter les anniversaires. Et impossible de  passer  à côté de l’événement tant les médias nous ont rebattus les oreilles des mérites du Jupiter qui préside  à nos destinées. A les écouter, jamais  tant de réformes n’auraient été menées dans des délais aussi courts.  Ce qui rime avec mémoire courte. Sarkozy avait fait aussi bien et en mieux en 2007. A l’automne de cette année-là,  l’économie française avait repris des couleurs et le chômage tombait en-dessous de 8% … Cela dit, les six derniers mois n’ont pas été complètement inutiles en raison des quelques réformes qui vont dans le bon sens, au premier rang desquelles la timide libéralisation du marché du travail, et la suppression partielle de l’ISF. Mais le reste de la  politique va à contre-sens à commencer par l’utilisation de l’impôt (la CSG) pour redistribuer du pouvoir d’achat, le manque de  volonté de faire maigrir l’Etat, et la  multiplication des taxes qui reprennent d’une main ce que l’autre a donné.

Les gros points noirs subsistent.

En fait la France continue de plonger. Le budget 2018 en est le signe le plus tangible qui ne corrige pas la trajectoire sur les trois points noirs que sont le déficit, la dette et le commerce extérieur.  Ce sont les vrais baromètres de la santé du pays. Ils nous disent tous les trois que le mal empire.  La France continue de s’appauvrir inexorablement. 

Commençons par le commerce extérieur, puisqu’il fait l’actualité : les chiffres qui sont tombés indiquent que le déficit du commerce extérieur a atteint sur le dernier trimestre 14,5 milliards d'euros, ce qui amène celui sur une année à 61,7 milliards d'euros. Un chiffre en forte hausse par rapport aux 48,3 milliards des 12 mois précédents. Une situation inquiétante qui se soldera en décembre par un trou de près de 80 milliards d’euros pour 2017. La dégradation des derniers chiffres est due à la hausse des importations de produits manufacturés provoquée par la croissance de la consommation et la hausse des importations de biens d'équipement liée à la hausse des investissements des entreprises. Ce qui veut dire que quand la France redémarre, qu'elle consomme plus et qu'elle investit plus, elle importe plus. Rien de plus logique. Mais cette situation reflète surtout un problème majeur de compétitivité. Les produits français restent soit trop chers, du fait du manque de compétitivité du coût du travail, soit inadaptés à la demande du fait du positionnement de l'industrie française, soit encore de l’absence de produits à vendre du fait de notre désindustrialisation. À l'heure où l'Allemagne engrange, mois après mois, des milliards d'excédent commercial, notre déficit commercial se creuse. En 2018, les choix politiques qui sont faits vont aggraver ces handicaps : augmentation des  importations avec la relance de la consommation par le pouvoir d’achat dont se targue Mr Darmanin, aggravation du manque de compétitivité par  la diminution de l’enveloppe du CICE qui pèsera sur le coût du travail, pari sur le retour des investisseurs contrarié par la surtaxe sur le chiffre d’affaire des grandes entreprises et autres taxes sur les signes de richesse.

Le déficit de l’Etat, que la tuile de la  taxe de 3% sur les dividendes invalidée –un scandale à 10 milliards qui n’a pas ému grand monde- ne va pas arranger, va continuer de tourner autour des 80 milliards d’euros, obligeant Bercy à des  acrobaties pour rester dans les objectifs annoncés à Bruxelles de 2,7 ou 2,8%.  On sait ce qu’il en est des tours de passe-passe budgétaires dont nos technocrates sont capables. La réalité, c’est que nous continuons à dépenser  plus que nous ne pouvons. Depuis quelques jours et jusqu’à la fin de  l’année, la France va vivre à crédit pour assurer ses fins de mois. Il en sera de même l’année prochaine. Pourtant des opportunités existent. La croissance venue de l'extérieur est porteuse et permet d'adoucir les efforts à consentir.  Jamais autant de fonctionnaires ne vont partir à la  retraite,  jamais l’informatisation n’aura  permis de diminuer aussi facilement les postes de travail et l’on va se contenter de supprimer 4 500 postes au niveau de l’Etat,  dérisoire et ridicule ! L’absence de volonté politique est manifeste. Ne pouvait-on pas compenser  les 10 milliards à rembourser aux entreprises par des économies, sur un budget de 1 200  milliards (dépenses sociales comprises) ?

La dette, en conséquence, va continuer de croître et embellir.  L’Etat a  prévu d’emprunter 85 milliards d’euros l’année prochaine pour financer le trou du budget et les intérêts de la dette. Tant que les taux d’intérêts restent bas, ça n’est pas catastrophique.  Mais nous sommes à la merci du moindre aléa planétaire et ce n’est pas une situation saine,  surtout qu’elle  perdure depuis trop longtemps. La dette participe de  notre appauvrissement  et  pèse par son poids sur toutes nos politiques.

Le redressement est compromis.

Seul  un changement de politique qui mettrait la priorité sur la résorption du déficit et de la dette,  et sur  la restauration durable de la compétitivité des entreprises, pourrait inverser le cours des choses. Ce n’est pas le chemin qui est pris. Car il faut bien comprendre que ces chiffres s’additionnent. Quand on se réjouit que le taux de croissance va frôler les  2% du PIB, on ne crée qu’une quarantaine de   milliards d’euros de richesse supplémentaire. C’est de la fausse richesse,  puisqu’il faut en retrancher 80 milliards d’emprunts pour combler le déficit auxquels s’ajoutent les intérêts (40 à 50 milliards par an) et  60 à 80 autres  milliards, facture de notre déficit commercial. Et je n’ai pas parlé du trou de la sécu. Chaque année,  les  Français perdent globalement 140 milliards d’euros…  grosso modo,  financés aussi par les impôts  payés par  les riches et les classes moyennes, évidemment et par  l’emprunt. Mais pendant ce temps-là, les copains banquiers de Macron s’en mettent plein les poches, diraient en cœur et à juste titre, Marine et Jean-Luc. Apparemment il est plus urgent d’introduire des règles absurdes dans l’écriture de notre belle langue ou de voir dans la moindre gauloiserie une perversité sexuelle (Kersauzon, au secours !) que de mettre le paquet sur la  compétitivité de notre économie, ce qui permettrait de relancer le pouvoir d’achat par la hausse des salaires. On en est loin !

 * PIB 2017 : 2570 milliards d'euros

Dette fin 2017  : 2 200 milliards d'euros

    

 

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