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EUROPEENNES : LES TRIPATOUILLAGES DE MACRON

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Une élection à hauts risques.

Ce n’est un secret pour personne, les élections des députés  au parlement européen sont toujours à haut risque pour le pouvoir en place : la faible appétence des Français pour l’Europe a pour conséquence une participation électorale qui est allée rétrécissant comme une peau de chagrin au fil des rendez-vous électoraux depuis 1979. Il en résulte logiquement une survalorisation de l’électorat qui se mobilise le plus. Jusqu’à maintenant, c’était le Front National qui tirait proportionnellement  les marrons du feu, à la notable exception de 2009 où l’UMP est arrivée en tête. Le pire scrutin fut celui de 2014 qui vit le FN arriver en tête avec près de 25% des voix devant l’UMP avec seulement 20%, l’UDI en faisant 10% de son côté. Le  PS s’était effondré à 14% ainsi que  les Verts à 9%, pour seulement 42% de votants. La régionalisation des listes avait probablement limité les  dégâts en tentant de rapprocher les candidats des électeurs. Le camp des eurosceptiques et des souverainistes va-t-il  encore marquer des  points en 2019 ?  Le résultat des élections italiennes incline à le penser,  mais les conséquences du Brexit qui deviennent peu à peu visibles peuvent provoquer un effet inverse. A  la dernière présidentielle les « anti-Europe »  et souverainistes (Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon…) ont réuni pratiquement la moitié des suffrages. C’est un bon indicateur bien que  ces résultats ne soient pas transposables. C’est néanmoins un premier écueil pour Emmanuel  Macron qui campe sur des positions favorables au renforcement  de  l’intégration européennes  et à son élargissement aux Balkans. 

Les listes transnationales.

La sortie du Royaume-Uni de l’Union libère 73 sièges au Parlement de Strasbourg. D’aucun y verrait une occasion de diminuer le nombre d’élus d’autant et de faire des économies. Les cerveaux de nos technocrates n’ont pas cette logique probablement trop simple. Puisque 73 sièges sont vacants, pourquoi ne pas les utiliser pour élire des députés sur des listes transnationales. Sans entrer dans le détail, si cela se réalisait, nous voterions donc deux fois : une fois pour les  listes nationales et une autre  fois pour les listes transnationales. J’arrête là l’explication : inutile d’entrer dans le détail, le projet a été rejeté par le Parlement européen. Le président français s’était fait le chantre de ce double scrutin,  il y voyait un  moyen de renouveler l’intérêt pour la construction européenne dans la tête de nos concitoyens. A  mon humble avis, il se faisait de douces illusions. Mais l’objectif était bien de faire exploser, grâce à ce tripatouillage, le rapport de force politique entre le PPE et les sociaux démocrates au sein du parlement, en faisant entrer un groupe « ni droite-ni gauche » … Or, le PPE est quasiment assuré de conserver l’an prochain la majorité au Parlement. La seule possibilité de contrer ce monopole, c’était de faire des listes transnationales, chaque citoyen européen disposant alors d’une voix nationale et d’une voix européenne. Une partie de la droite redoutait que le futur président de la commission européenne, qui doit être venir du groupe majoritaire soit issu de ces listes transnationales. Elle a logiquement dit non.

Retour aux listes nationales en France.

« En même temps », Macron a fait voter par l’Assemblée nationale, une modification du mode de scrutin avec le retour des listes nationales. C'est le "vieux monde" qu'il ressuscite  ! Deuxième tripatouillage. Ce type de listes avait été abandonné parce que leur composition concoctée par les états-majors parisiens paraissait bien éloignée des électeurs qui, la  plupart du temps, ne connaissaient même pas  le nom de leurs députés européens finalement élus. Mais c’est un impératif pour le Président dont le parti n’a  aucun enracinement local et se révélait incapable de mettre en place des candidats  crédibles dans les circonscriptions régionales. C’est évidemment une régression démocratique. Il n’est pas certain que cela motive le corps électoral pour le mobiliser.

Le principe de réalité.

Face à la montée du populisme, tout le monde est bien d’accord qu’il faut faire repartir l’Union sur de nouvelles bases. La relance telle que la conçoit Macron,  c’est la fuite en avant,  avec grandes envolées lyriques et décor de théâtre, le Parthénon, en arrière-plan.  Pas certain que ça fasse « bander »  les Français (et les Françaises). Ceux qui tablent sur un affaiblissement de  Merkel vont rapidement déchanter, maintenant qu’elle a obtenu ce qu’elle voulait, sa  « grosko ». Comme  l’émergence d’un nouveau groupe politique au Parlement européen, autour de « En Marche » est plutôt  compromis, les alliés d’Agir venant d’adhérer au PPE, c’est donc aux Républicains de jouer  leur partition. Face au projet de Macron qui veut construire l’Europe en continuant d’oublier les peuples européens et en premier lieu le peuple français, qui rêve d’une Europe de Schengen élargie aux Balkans avec  toujours plus de fédéralisme, celui de  Wauquiez pourrait paraître comme celui du réalisme. Car la solution la plus viable pour notre continent est celle d’une Europe à plusieurs vitesses autour d’un noyau dur d’Etats prêts à avancer ensemble. L’important est que l’Europe  apparaisse comme la  solution et non comme le problème. Le meilleur moyen de la réconcilier avec ses citoyens  c’est qu’elle soit là pour leur faciliter la vie. Ce projet sera aussi un bon moyen de désamorcer le scepticisme qui alimente le souverainisme mortifère. Avec un programme qui pourrait apparaître comme celui de la raison, le scrutin européen, avec une liste « des territoires », peut être une chance  pour Wauquiez : quel joli pied de nez en réponse aux tripatouillages présidentiels !

 

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