LA VALSE FOLLE DE JUPITER (extrait n°1)
DEUX COUPS DE GUEULE ET UN CONSEIL

QUAND MACRON VA AU FOSSE !

Voiture au fossé

L’épisode Collomb et ses incohérences, après les nombreuses embardées qui ont commencé avec l’affaire Benalla, envoie cette fois-ci le Président au fossé. J’en profite pour redire que l’affaire  Macron-Benalla est  bien une affaire d’Etat et non la seule dérive d’un homme.  Pour une raison toute simple : s’il n’y avait pas eu les révélations dans la presse trois  mois après les faits, Benalla n’aurait  jamais été poursuivi ni mis en examen pour les faits qu’il avait commis le 1er  mai. Et  cela n’a été possible que parce qu’il avait été « protégé » au plus haut niveau.  J’en reviens à la démission du Ministre de l’Intérieur. Le lien est évident avec l’affaire Benalla, justement. C’est depuis le mois de juillet que le ressort est cassé entre Gérard Collomb et le Président.

Méli-mélo autour d’une démission.

Encore une fois, la procédure utilisée par l’intéressé n’est pas vraiment conforme aux usages. Gérard Collomb n’a respecté aucune règle. En principe, un ministre n’annonce pas sa démission, il attend que l’Elysée ou Matignon la rende publique. En principe, un ministre, surtout un ministre d’Etat occupant un poste régalien, ne part pas à sa convenance. Curieusement, il a d’abord pensé qu’il pouvait se maintenir place Beauvau pendant quelques mois, puis, devant la multiplication des critiques, toujours plus nombreuses et virulentes de la classe politique, il a exprimé le désir d’en finir très vite. Sûr de lui, comme à son habitude, Emmanuel Macron pensait l’avoir convaincu lundi de rester au gouvernement. Malentendu ou désaccord, le démissionnaire n’avait pas plus tôt terminé sa conversation avec le chef de l’Etat qu’il annonçait au « Figaro » qu’il maintenait sa démission.

Jupiter mis à mal.

Dans cette affaire, on va dire une de plus, les coups de théâtre ont été multiples. Ils donnent de la cohésion gouvernementale et du fonctionnement de l’exécutif l’image d’une vraie foire d’empoigne. Si de bout en bout de cette surprenante histoire, l’ancien ministre de l’Intérieur s’est conduit avec un mépris absolu de la hiérarchie, le Premier Ministre a montré sa  faiblesse au point qu’il a appris pendant les questions de l’Assemblée le départ de son Ministre de l’Intérieur qui a même séché le Conseil des Ministres alors qu’il y était « requis ». Ce faisant, il a agi avec une grande désinvolture et le résultat est que le  couple exécutif, Président et Premier Ministre, a été tourné en ridicule. Il  ne pouvait pas ne pas savoir que ce serait le cas. De la part de celui qui était le chef de la police et de la sécurité nationale, c’est un comble !

Le mépris et l’arrogance.

Pour que Gérard Collomb en soit arrivé là, il y a forcément une explication qui transparaît dans les petites phrases qu’il a lâchées ici et là depuis quelques semaines. Il a probablement cru qu’il pouvait encore dire le fond de sa pensée au chef de l’Etat, lui, le soutien de la première heure. Il n’a pu que constater que ce n’était pas le cas, qu’il était méprisé, en tout cas,  pas entendu. Sa défense devant la commission d’enquête parlementaire a montré son embarras dans une affaire qui a montré qu’il avait plus ou moins été tenu à l’écart. Les petites phrases très maladroites lâchées par Macron au gré de ses déplacements ont fait le reste. Incurable ! Comme les autres, Le Ministre d’Etat s’est heurté à la « verticalité » présidentielle : lui qui a le plus fait pour que le jeune ancien ministre de l’Economie fût élu président de la République, qui a pleuré en public le jour de l’investiture, en a conçu une grande déception personnelle. Car au mépris, a suivi l’arrogance, le Président traitant son départ comme un fait insignifiant. Ajoutons à cela que la situation lyonnaise se  complique terriblement pour les prochaines municipales  au point de contrarier les ambitions et les  projets collombiens. D’où son retour en urgence. Tant pis pour la raison d’Etat.

Divergences entre l’Elysée et Matignon.

Une fois n’est pas coutume. Philippe qui s’était toujours aligné sur les décisions du « château », avec ses modalités invraisemblables, cette démission cache, pour la première fois, une querelle au sein de l’exécutif. Le Premier Ministre qui occupe aujourd’hui les fonctions de Ministre de l’Intérieur par intérim, (on aura eu au passage l’épisode croquignolesque de  la longue attente sur le perron), estimait que les déclarations à « l’Express » de Gérard Collomb devaient se traduire par un départ immédiat. Il a été ridiculisé. En effet, Emmanuel Macron n’a pas voulu que, après Nicolas Hulot et Laura Flessel, un troisième ministre, et non des moindres, claque la porte. Il a cru que son autorité suffirait et il s’est trompé, preuve qu’il ne connaissait pas Gérard Collomb aussi bien qu’il le croyait ou qu’il avait  mal évalué le fossé qui s’était creusé avec son Ministre. Alors, bien sûr, après Benalla, après Hulot, ça fait désordre. En fait, le désordre revient si souvent depuis la rentrée que l’opposition n’a pas besoin d’un porte-voix pour exprimer son indignation. Il est vrai que M. Collomb a agi comme s’il se moquait de son travail, donc de la sécurité des Français. Mais il est vrai aussi que la perte d’autorité au plus haut niveau est patente puisque les  Ministres peuvent partir en mettant devant le fait accompli. L’affaiblissement du pouvoir régalien risque de se payer cher. Surtout après le  discours catastrophiste du Ministre de l’Intérieur en guise de bilan !

Macron peut faire comme si rien ne pouvait l’arrêter. On voit surtout qu’il est de  plus en plus seul. Les Français ne sont pas dupes.

 

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