HISTOIRE
MOTS POUR MAUX DU DIMANCHE
DES VICTOIRES RICHES D’ENSEIGNEMENT

OVERDOSE !

Contribuable détroussé

C’est à vomir : les réactions de la gauche contre Depardieu me donnent la nausée. Voilà des gens qui ne veulent rien voir, qui ont forcément raison et qui, non contents de stigmatiser les riches, de les insulter et de les dépouiller comme des brigands l’auraient fait d’un voyageur au coin d’un bois, il faut en plus qu’ils fassent preuve de patriotisme et disent même merci. Le surréalisme le dispute au mauvais guignol, la mauvaise foi à l’entêtement irresponsable.

C’est que derrière l’imposante stature de Depardieu se cache la forêt des taxes et impôts qui nous est tombée dessus depuis le mois de mai. « La folie fiscale pour financer la folie des dépenses » comme dit  Laurence Parisot, avec mesure.

Impôts des entreprises : (-1) + (+1) = 0, la tête à toto.

Le crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), voté par les députés dans le cadre du collectif budgétaire, passe mal à la gauche du PS, où l’on s’inquiète ouvertement d’un « cadeau » exorbitant fait sans concession aux entreprises, alors que cet effort représente le dixième de ce qu’il faudrait faire pour rattraper la compétitivité allemande. Selon les calculs des « Echos », le bilan fiscal des mesures annoncées par le gouvernement depuis six mois, pour ce qui concerne les entreprises, est globalement neutre. D’un côté, il y a les hausses d’impôts importantes de l’été dernier et des projets de lois de Finances pour 2013. Mais de l’autre, il y a ce désormais fameux crédit d’impôt compétitivité, qui pèse 20 milliards d’euros dans la balance. C’est déjà beaucoup, dira-t-on, compte tenu de la situation des finances publiques. Mais cela reste, hélas, insuffisant quand le danger numéro un pour l’économie est la poursuite de la dégradation historique du taux de marge, quelle que soit la taille de l’entreprise. A l’heure actuelle, les cotisations sociales employeurs et impôts sur la production représentent en France 16 % du PIB. Ils sont à moins de 8 % en Allemagne. Aujourd’hui comme demain, les taux de cotisations patronales sont identiques des deux côtés du Rhin au niveau du SMIC. Mais le fossé est énorme à 1,6 SMIC : presque 40 % à Paris, le double de Berlin. Autant dire que les exportateurs ne s’aventurent pas hors de nos frontières le cœur et les semelles légères. La solution ? Il n’y en a qu’une : la baisse des dépenses publiques, seule propre à alléger la pression générale. Allez dire ça à Gribouille !

Hausse de 20 milliards pour les particuliers.

Pour les particuliers, le surcroît de taxes décidées depuis mai ne sera pas compensé par des baisses futures, à la différence des entreprises. En effet, les particuliers, eux, vont subir de lourdes hausses de prélèvements. La synthèse des effets des textes budgétaires adoptés depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande nous propose une addition déjà salée : les ménages vont subir une hausse de taxes globale d’environ 15 milliards d’euros en 2013, selon la nomenclature de Bercy (qui englobe, il faut le dire, les hausses de prélèvements sociaux des travailleurs indépendants dans la partie ménages). Et il faut y ajouter les hausses de TVA (7 milliards en 2014) et de fiscalité « verte » (3 milliards en 2016) pour financer le Cice. En considérant que les hausses de TVA sont entièrement répercutées sur les prix à moyen terme et que la fiscalité verte pèserait davantage sur les entreprises, cela aboutit à une hausse de prélèvements d’un peu plus de 20 milliards pour les ménages.

Il n’y a pas que les riches qui sont touchés.

Le gouvernement met en avant le fait que ce sont les plus aisés qui sont les plus visés, via la hausse de l’ISF, des droits de succession (deux dernières tranches), et surtout la progressivité renforcée de l’impôt sur le revenu (tranche marginale à 45 %, plafonnement des niches fiscales à 10.000 euros, alignement partiel de la fiscalité du capital sur le travail, etc.). Sans oublier la taxation à 75 % pendant deux ans des revenus dépassant 1 million d’euros. Un paravent facile qui permet d'occulter les autres.

De nombreuses mesures affectent un nombre beaucoup plus large de ménages, à l’instar de la fin des exonérations de charges sur les heures supplémentaires (2,7 milliards de pertes pour les salariés) ou encore de la hausse de la CSG sur les revenus du capital, votée sous Nicolas Sarkozy dans le cadre de la TVA sociale mais maintenue par François Hollande. Les hausses de taxes sur le tabac et la bière vont également affecter une proportion importante de consommateurs. Sans parler de la TVA qui les touchera tous. Autrement dit, pour les ménages, il en va tout autrement puisque l’effort de redressement des comptes publics est principalement à leur charge.

Et ce n’est pas fini !

Le pouvoir est face au mur des 60 milliards qu’il doit trouver d’ici 2017 pour équilibrer les comptes en restant dans les clous de la réduction du déficit. Il va falloir tailler dans les dépenses, ce qu’il ne sait ou ne veut pas faire, et il va falloir financer les cadeaux aux pauvres, ce qu’il ne peut s’empêcher de faire, avec le relèvement du RSA et autres mesures annoncées pour lutter contre la précarité et la pauvreté. Et déjà s’annoncent l’insolvabilité des caisses de retraites, la baisse des recettes de la TVA liée, au ralentissement économique qu’il faudra compenser, … On n’a pas fini de payer !

 

Commentaires

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)