PETIT JOURNAL DE L’ECONOMIE
EH NON, LA DROITE N’EST PAS MORTE !

BECHU EST-IL FACHE AVEC L’HONNETETE INTELLECTUELLE ?

Béchu municipales

 

Christophe Béchu  a voulu tourner le dos à sa famille politique, c’est son choix. Il  est respectable,  encore que…

Mais depuis qu’il a  rejoint le camp de la  REM, je trouve qu’il  multiplie les accommodements avec les faits, surtout quand il se prétend toujours de droite. Passons sur les conditions dans lesquelles il a provoqué le changement d’affectation de son ami  Capus,  muté en quelques heures de n°2 de la liste Des Républicains à tête de  liste « En Marche » pour les sénatoriales. Il veut, dit-il, que Macron réussisse pour éviter l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir. En soit, c’est louable,  sauf que ça  le conduit à soutenir une politique dont il a toujours combattu nombre des choix : le libéral qu’il était approuve aujourd’hui la politique dirigiste du gouvernement dont on mesure l’efficacité avec les dossiers Général Electric, Ascoval ou encore Renault-Fiat ; le gestionnaire partage sûrement la  fuite en avant des dépenses publiques pratiquée par le gouvernement de son ami Philippe ; et le catholique que j’ai connu, plutôt défavorable  au mariage pour tous, va certainement soutenir le  projet de « PMA sans père »  et l’artificialisation de la filiation  qu’il officialise. 

Du relativisme argumentaire.

Christophe Béchu lance une association nationale pour rassembler les  maires  macronistes,  en vue des municipales. Et à cette occasion il donne une interview à l’hebdomadaire Le Point dont le contenu contient des affirmations « discutables », en restant poli. Je lui laisse son jugement sur la  participation électorale à tout juste un électeur sur deux qui le réjouit. Il explique la défaite des socialistes et des Républicains  par  le fait qu’ils ont fait de l’opposition systématique. Généralisation hâtive et curieuse conception de la démocratie.  Il est vrai que le Macronisme n’aime pas ce qui s’oppose.  Sans doute Christophe Béchu soutiendrait-il la réforme du règlement de l’Assemblée nationale qui restreint les droits de l’opposition,  comme si la Nation se réduisait à un parti politique aux ordres d’un Président  qui serait répartiteur du temps de parole…  sauf pour lui. J’ajouterai que faire référence à la  période où la droite a été au pouvoir pour  critiquer ses prises de position par  exemple sur les dotations aux collectivités  locales,  en s’affranchissant des contextes qui peut les expliquer, est une ficelle  pas très honnête.  La  droite n’a plus été au pouvoir depuis 2012  et sous-entendre qu’elle n’a  pas réformé  est  une contre-vérité.  Il oublie les  80 réformes réalisées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy  malgré  la  crise de 2008. Il n’est pas certain que Macron en réalise autant. Je ne partage pas  du tout son avis sur l’action qui est  menée : le Président parle  beaucoup  mais agit peu, et quand il agit, il le fait  mal : la  réforme de la taxe d’habitation est une erreur monumentale, la réforme de la formation professionnelle aussi.  Cette recentralisation qu’il aurait combattue en un autre temps, il semble aujourd’hui s’en accommoder. La  vérité, c’est que le pouvoir actuel  mène une politique « radicale-socialiste » shootée à la dépense publique et ne réforme qu’à la marge.  Et  si le pays est en crise et en triste état, ça  n’est  pas le  fait de  l’opposition, mais bien celui d’une gouvernance inadaptée et inefficace. Les Républicains n’ont cessé de tirer le signal d’alarme sur le mécontentement qui couvait dans la France profonde depuis le début de l’année 2018,  sans jamais être ni entendus ni compris par une majorité arrogante et sûre d’elle-même. Soutenir Macron dans ces conditions, c’est faire le lit du Rassemblement national.

Etre de droite exige  de  la  cohérence.

« On peut ne pas avoir voté LR et rester pour autant de droite, non ? Continuer de penser que le travail, le mérite et la liberté sont des valeurs essentielles, que l'assistanat n'est pas une solution, que notre pays a besoin de réformes, que diminuer les dépenses publiques est un impératif et qu'il faut se garder de tout angélisme et naïveté sur l'immigration... ? » dit-il,  mais alors comment peut-il être solidaire d’un gouvernement qui pratique tout  le contraire : jamais l’assistanat n’a autant fleuri, jamais le communautarisme ne s’est aussi bien porté jusque dans les quartiers d’Angers, jamais les déficits n’ont été aussi importants puisque nous sommes la lanterne rouge en Europe et les champions du monde des prélèvements, quant à la naïveté  sur l’immigration j’aimerais savoir ce qu’il pense des 255 000 titres de séjours accordés en 2018…

En politique,  il n’y a pas de défaite, il n’y a que des échecs.

Les Républicains viennent de connaître un grave échec malgré une campagne enthousiasmante. Les causes en sont multiples, comme toujours et les  conséquences  douloureuses,  bien que les résultats de ce genre de scrutin soient rarement « fondateurs » de quelque chose de durable. Pourtant ce qui est sidérant c’est le déluge d’indignité généré par une partie de la classe  politique, assorti d’une sorte de jubilation hystérique de la part de certains. Ceux qui rêvent  de se  partager les dépouilles  du parti, lepénistes d’un côté, marcheurs de l’autre, unis dans un songe commun, pourraient bien en être pour leurs frais. Le  pire est venu du comportement des transfuges de LR qui après avoir trahi par opportunisme –personne ne croit à la fable « des valeurs »- se comportent aujourd’hui en charognards cyniques, faisant penser à ces  pillards qui font les poches des victimes d’une catastrophe :  ceux d’Agir, en première ligne, qui se ruent pour chercher à affaiblir un peu plus les Républicains, n’hésitant pas comme  Frédéric Lefebvre ou Thierry Solère à pratiquer l’outrance, comme s’ils voulaient exorciser leurs démons – quand je m’entends traité d’hyperdroitisé, c’est du même  ordre que Clémentine Autain qui juge Macron ultralibéral- . La dignité  leur a définitivement échappé. Mais voilà, il se trouve  encore chez les Républicains  des gens qui ont des convictions.  Celles-ci sont nobles  et respectables.  Des discours emprunts d’humanisme de Bellamy, je ne retranche pas une seule virgule. Le  parti se relèvera.  « Tenons bon, soyons fermes, soyons fidèles… » et il nous restera l’honneur.   Ce qui manque tant à ceux qui nous dénigrent.

 

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