MIEUX PARCE QUE C’EST PAS PIRE … ???
LA GAUCHE PRISE AU PIEGE DE SES CONTRADICTIONS

UNE BELLE VICTOIRE !

  Départementales 2ème tour 

Ne boudons pas notre plaisir : le tandem UMP et UDI a remporté une belle victoire qui se traduit dans le nombre des cantons conquis sur la gauche. Le second tour des élections départementales a donc confirmé la victoire au premier tour de la droite, qui s’adjuge deux départements sur trois et inverse ainsi le rapport de forces avec la gauche, tandis que le Front national n’en obtient aucun. La déroute de la gauche pose à la tête de l’état un problème insoluble : le Président de la République et le Premier Ministre ont affirmé qu’ils ne changeraient pas de politique économique et sociale, mais l’ampleur de la défaite va nécessairement les obliger à modifier leur programme et à remanier le gouvernement, même si c’est de bonne guerre d’en retarder le moment.  Alors que la droite a recueilli 45,03 % des suffrages, la gauche, elle, n’en a obtenu que 32,12 %, soit un écart de 13 points. Quant au FN, il  a rassemblé 22,23 % des voix. Chiffres à relativiser dans un second tour.

Ce matin je me suis réveillé sur un canton à droite. Voilà près de 40 ans que j’attendais ça. Même soigneusement redécoupé avec un net avantage donné aux voix de gauche (Sarkozy , 43% en 2012), notre binôme a réussi l’exploit de l’emporter avec 400 voix d’avance et, cerise sur le gâteau, 4 voix de plus que le candidat socialiste à Saint-Barthélemy. Champagne !

Victoire par 3 à 0

Comme le dit si bien Nicolas Beytout dans l’Opinion, la droite a gagné ces départementales par 3 à 0. En un, le département de la Corrèze, le fief de François Hollande, celui sur lequel il avait construit une partie de sa carrière politique, lieu emblématique de sa déclaration de candidature, bascule à droite ; un camouflet personnel qu’il se prend en pleine face. En deux, le département du Nord de la fédération socialiste qui se veut la plus puissante et la plus nombreuse de France, cette terre considérée comme une place forte du socialisme, passe à droite. Une gifle pour l’amère de Lille, Martine Aubry qui rejoint dans cette défaite plusieurs figures du socialisme, comme Laurent Fabius, Ségolène Royal et évidemment Manuel Valls, dont les bastions sont devenus bleus. En trois, les Bouches-du-Rhône, ce territoire qui a été si longtemps à gauche est enfin pris par la droite. C’est un moment historique qui symbolise le recul général de la gauche et son enlisement ici et là dans un clientélisme-affairiste aux relents putrides. Le zéro, comme zéro département, c’est celui du Front National, qui ne parvient pas à concrétiser au deuxième tour ses gains du premier. C’est un enseignement pour Marine Le Pen qui ne franchit pas l’obstacle que lui oppose le mode de scrutin.

Le paysage politique est modifié en profondeur.

«Battu mais content» titre sur sa Une « Libération ». On peut toujours se consoler d’un « pire » qu’on aurait évité. L’Histoire en est pleine d’exemples. La gauche a échappé à une bérézina du même type que celle de 1992, grâce notamment à un redécoupage-charcutage des cantons qui aurait fait pâlir Charles Pasqua. Elle n’a pourtant pas échappé au vote sanction. Il n’en reste pas moins que des trois grands blocs politiques français, seule l’alliance de la droite et du centre peut légitimement revendiquer la victoire. Le chef de l’Etat, le Premier ministre, les leaders, les zones d’influence du PS : toute l’architecture du pouvoir a été frappée par cette défaite électorale. Le Front National, lui, a calé au milieu du gué, obligé de constater que la stratégie sarkozienne d’affrontement lui a été néfaste. Nul doute que le délitement à gauche sera difficile à enrayer et il faut s’attendre à une multiplication des manœuvres d’enfumage de l’Elysée pour tenter de concilier l’inconciliable. Ce ne sont pas les annonces de Manuel Valls hier soir qui vont calmer le jeu avec les contestataires de la gauche. Nul doute que la dénonciation de la dangerosité du FN va s’accentuer et est susceptible de déstabiliser un parti qui traverse une crise interne savamment  camouflée. Nul doute que ce succès dont l’UMP peut profiter va se traduire par la continuité d’une ligne gagnante : union, union, union.

Une large victoire de la droite

67 départements vont être dirigés par la droite et le centre et 34 par la gauche, à l’issue des élections qui ont vu 28 départements basculer de gauche à droite et un seul, la Lozère, dans l’autre sens, enfin, peut-être. Jusqu’à présent, la gauche était à la tête de 61 départements et la droite 40. Nicolas Sarkozy s’en est pris au chef de l’Etat, sa cible favorite et à son niveau. Il a jugé que le désaveu était sans appel pour François Hollande et le gouvernement. « Ce soir la droite républicaine et le centre ont nettement remporté les élections départementales. Jamais sous la Vème République, notre famille politique n'avait remporté autant de départements (...) Ce résultat dépasse de très loin les considérations locales. Les Français ont massivement rejeté la politique de François Hollande et son gouvernement. Jamais une majorité n'avait perdu autant de départements. L'alternance est en marche, rien ne l'arrêtera », s’est-il réjoui, (et nous donc) alors que de son côté, Alain Juppé a salué la victoire de l'alliance « UMP-UDI-Modem » bien qu’elle n’ait pas obtenu les résultats escomptés en Aquitaine.

Un vote sanction pour la gauche.

La gauche n’échappe pas à la malédiction des scrutins intermédiaires : elle perd près de la moitié de ses départements et n’en gèrera que 34. Le seul département à basculer à gauche serait la Lozère, un des plus pauvres et le moins peuplé de France, avec sept cantons sur treize, un événement presqu’anecdotique dont on ne sera vraiment certain qu’avec la désignation du président. Le PS qui sauve le Pas-de-Calais, la Meurthe-et-Moselle ou encore la Seine-Saint-Denis, se concentre désormais dans ses terres historiques du Sud-Ouest. Manolito, un peu pâlot, a reconnu la défaite de son camp. Il en a profité pour imprimer sa marque en annonçant : « dans les prochains jours, seront décidées de nouvelles mesures en faveur de l'investissement privé et public. Nous proposerons des dispositifs qui favoriseront la création d'emplois, notamment dans les PME », comme pour s’assurer que son sillon social-réformateur sera poursuivi. C’est l’amère de Lille, Martine Aubry qui lui a indirectement répondu en pointant « un vote de protestation envers la politique nationale », comme quoi elle n’est pas vraiment sur la même longueur d’onde. L’ère des règlements de compte et des marchandages ne fait que commencer. Après les municipales, les européennes et les sénatoriales, ce scrutin marque la quatrième défaite consécutive de la gauche au pouvoir, avant le dernier test pré-présidentielle de 2017, celui des régionales en décembre.

Le FN rate le second tour.

Le FN, qui avait réalisé un score national de 25,2 % au premier tour, ne remporte finalement aucun département. L'Aisne a basculé à droite et le pari sur le  Vaucluse a raté en raison des bons reports de voix sur les adversaires du Front.  De même les binômes PS, divers gauche et EELV l'ont emporté avec un score serré sur les trois cantons d'Avignon. Pourtant le FN a atteint un niveau électoral « exceptionnel », « socle des victoires de demain », selon Marine Le Pen. Elle peut gloser en affirmant gratuitement : « Je suis à la tête du seul mouvement d'opposition véritable au pouvoir en place » et s’adjuger « une multitude de relais locaux » qui ne sont qu’une soixantaine sur les milliers de conseillers départementaux, le masque de l’amertume pointe sous le sourire de façade et le rictus souligne la hargne rentrée des  propos. Elle peut clamer : « Les départementales sont une étape vers l'arrivée du Front National au pouvoir », personne n’y croit, pas plus qu’au refrain usé et un tantinet ridicule de Philipot sur « l’UMPS ». Le FN a peut-être connu son apogée dimanche 22 mars.

Il reste qu’un électeur sur deux a boudé les urnes. Mais vous savez ce qu’on dit : les absents ont toujours tort. En voilà qui ne pourront pas venir se plaindre de ce qui va se passer maintenant.

 

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