LE PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE
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TOUT UN CINEMA POUR PAS GRAND-CHOSE !

Macron
  

Loi Macron, effet micron !

Rarement on nous aura fait ce coup-là au parlement : un projet de loi macrodosé en plus de 200 articles pour des effets soi-disant macroéconmique. Et pour fêter ça, la gauche avait mis les moyens : discours lyrique du 1er Ministre avec envolée oratoire et trémolo dans la voix, discussion parlementaire avec plus de 110 heures de débat ! Et 3 000 amendements en discussion, s’il vous plait ! C’est dire la bonne volonté de co-production législative du gouvernement qui espérait même s’attirer les faveurs de représentants de l’opposition.  Après tout, la situation de la France est telle que peut-être le gouvernement et sa majorité avait enfin compris qu’il fallait réformer dans le consensus. Au résultat, niqueduoille : un détricotage systématique d’un texte déjà pas très ambitieux, avec un seul et unique but, celui de s’attirer les bonnes grâces de la gauche  protestataire, combat perdu d’avance. Et qui a fini par décourager quelques bonnes volontés qui s’étaient signalées à droite et au centre. Résultat, l’exécutif a été obligé de dégainer son 49-3 pour faire passer la loi. Pas très reluisant !

Un catalogue incohérent dont il ne sortira rien.

Ce devait être la loi emblématique du virage économique vers la politique de l’offre qui doit relancer la croissance. On allait voir ce qu’on allait voir : avec sa loi, le Manolito de Bercy allait enfin libérer l’activité, doper la croissance, réaliser des réformes que même la droite n’aurait pas osé faire… C’est dire. D’ailleurs les médias ne se sont pas privés pour nous faire croire que c’était une loi que la droite aurait pu proposer. Trompe l’œil et rideau de fumée ! C’est Eric Woerth, réputé pour ses réparties modérées, qui résume ce qu’elle est : « Votre loi n’est ni héroïque, ni historique, elle est juste à côté de la plaque ! ». Tout est dit. Mais que contient-elle donc ? Ce serait trop long d’en donner le détail ici, on se contentera de quelques exemples. On a insisté  sur l’extension du travail dominical qui après la moulinette de la gauche parlementaire reste bien loin des déclarations initiales : on passe de 5 à 12 dimanches si autorisation du maire, les contreparties pour les employés sont durcies et elle ne concerne au final que quelques quartiers touristiques. Laloi collectionne ensuite les mesurettes éparses : libéralisation des trajets en autocar, assouplissement du régime d’imposition des actions gratuites, des mesures techniques sur les plans sociaux, la possibilité de médiation et d’arbitrages pour accélérer la justice prudhommale, de recours à des fonctionnaires pour faire passer le permis de conduire avec suppression du nombre minimal d’heures avant de se présenter à l’examen, quelques articles concernent les grandes surfaces et visent à empêcher les positions dominantes ce qui a le mérite de mettre en émoi les Leclerc et Système U… ; parmi les professions réglementées les notaires, coupables de gagner de l’argent, ont préservé leur monopole mais leurs tarifs sont encadrés par la loi (mais c’était déjà l’Etat qui les définissait) ! De tout ce fatras qui va être complètement démonté au Sénat, on ne voit pas quel intérêt économique il peut en ressortir !

On passe de professions réglementées à des professions surréglementées.

Sous couvert de libéralisation, la loi Macron instaure un interventionnisme plus pointilleux que jamais. Est-ce en renforçant les pouvoirs de l’inspection du travail qu’on va inciter les patrons à embaucher ? Au lieu d’un tarif, les notaires en auront trois avec des régimes différents, et une cartographie impérative des professions réglementées sera mise en place. Avec la redistribution forcée des rémunérations de certaines professions au travers d’un fond de péréquation, on touche le fond de la lourdeur administrative. Notre pays n’avait vraiment pas besoin d’une nouvelle couche. Le summum de l’inadaptation économique est atteint avec l’autorité de la concurrence qui bénéficie d’un pouvoir d’injonction de cessions d’actifs à l’encontre des entreprises sans qu’elle soit tenue d’établir un abus de position dominante de celle-ci. Autrement dit cette « injonction structurelle » sanctionnera les entreprise pour avoir réussi, ruine la sécurité juridique et crée une incertitude sur les marchés : voilà qui va certainement encourager la croissance quand on sait que le mal dont souffre actuellement la France c’est la pénurie des investissements !

L’opposition ne pouvait que voter contre.

A l’exception de quelques personnalités dont on peut se demander si leur position n’était pas commandée par la volonté de se singulariser, l’ensemble des députés de l’opposition se devait de s’opposer à ce qui ressemblait à un inventaire à la Prévert. En s’attaquant à quelques catégories spécifiques de Français, le texte cherchait à désigner des boucs émissaires à défaut de traiter les vrais sujets. Et comme par hasard, les gens visés sont plutôt portés à voter à droite. Inacceptable.  La fonction publique aurait mérité aussi quelques dérèglementations, mais on se garde bien d’y toucher. Et pourtant, il y a là un gisement de vraies économies. Si le projet avait été équilibré, peut-être que l’opposition aurait pu voter la loi : pour qu’une réforme fasse consensus, les dégâts « électoraux » doivent être partagés, sinon, c’est un piège à c… Pourtant, comme le souligne François Fillon, cette loi était l’occasion de tenter autre chose. De nombreux députés UMP et centristes ont participé aux débats dans un esprit constructif pour tenter d’améliorer le texte. Mais hélas, la consigne était claire : il ne s’agissait pas de réunir une majorité d’idées à travers le travail parlementaire, mais de s’en servir pour amadouer l’aile gauche de la majorité par des concessions qui au contraire ont vidé le texte de son sens un peu plus chaque jour.

Avec le 49-3 en conclusion, la vérité éclate.

Il n’y a jamais eu depuis l’élection de François Hollande de majorité pour mettre en oeuvre un programme politique destiné à redresser la France. Ce sont des alliances de circonstance entre partis et des arrangements internes au PS entre des factions, qui ne partagent ni le diagnostic, ni les analyses, ni les propositions qui seraient susceptible de bâtir une stratégie. On est face à un conglomérat avant tout électoraliste.  La loi Macron n’est finalement qu’un leurre législatif, agité à grand renfort de déclarations tonitruantes dont la clameur est inversement proportionnelle à la dimension économique du texte, destiné à rassurer nos partenaires européens afin de nous faire obtenir une énième dérogation à nos engagements. Les vrais problèmes de la France : endettement, chômage, pouvoir d’achat, ne sont pas traités, et la loi en ajoute de nouveaux aux anciens. Il n’y a pas de quoi rire !



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