ET MAINTENANT LE TROISIEME TOUR !
LE PARCOURS N’EST PAS TERMINE…

CHACUN SES ELEGANCES !

 

Sarko adieu

Une belle leçon d’humilité et une déclaration d’une rare élégance, voilà ce que le Président le plus vilipendé a réservé hier à ses soutiens mais aussi à la France entière et, en invitant le nouvel élu non intronisé à commémorer le 8 mai à ses côtés,  continue d’offrir aujourd’hui au monde. L’esprit républicain et le respect des institutions, la patrie placée au-dessus de soi, sont des vertus dont devront bientôt s’inspirer ceux qui l’ont si durement combattu pendant cinq ans. Merci Nicolas Sarkozy pour cette belle page finale d’une campagne hors du commun.

Il est de bon ton dans les médias de critiquer la « ligne droitière », qui avait convaincu le candidat-président de faire une campagne sur la défense de l’identité française. Cette ligne était la bonne et il n’y en avait pas d’autre possible. Elle a permis à Nicolas Sarkozy de faire une belle remontée jusqu’à espérer gagner au second tour. Décidée plus tôt, cette stratégie aurait peut-être pu enrayer la progression du Front national. Mais on connait les réticences de plusieurs responsables de la majorité à parler de l’immigration ou du communautarisme. Ils ont tort.

Un rendez-vous manqué, parce que le résultat de cette élection illustre parfaitement ce que décrit Dominique Reynié dans son ouvrage « Populisme, la pente fatale », où il décrit l’appropriation du thème « patrimonial » -c’est-à-dire de l’identité- par l’extrême droite qui en fait son  thème de prédilection, surfant sur le sentiment de « dépossession » ressenti à travers tout le pays par la visibilité grandissante de certaines communautés. Faute de venir sur les mêmes terrains, la droite républicaine et la gauche en feront un jour et successivement les frais.

Je n’ai probablement pas été le seul à avoir été choqué de voir dimanche soir, sur les télévisions, les multiples drapeaux étrangers brandis aux alentours de la colonne de la Bastille : algériens, marocains, palestiniens,... Ces manifestations d’appartenance sont autant de signaux supplémentaires et de « provocations » propres à alimenter le vote extrémiste. Elles sont à mettre en parallèle avec les excellents scores que le candidat socialiste a enregistré dans les « quartiers populaires » (comprendre : quartiers musulmans), ce qui fait dire à certains qu’il est l’élu des musulmans. L’élection de François Hollande a pour premier mérite d’illustrer la réalité des communautarismes en France, qu’il a dit vouloir combattre tout en promettant de faire respecter la laïcité.  Il s’est donné deux priorités : la justice et la jeunesse. Il n’a pas dit : le désendettement et le communautarisme…

L’euphorie qui s’est exprimée cette nuit dans les rues de Paris et des autres villes de France, les larmes de joies, les cris hystériques, les coups de klaxon, la jubilation des journalistes avaient un caractère surréaliste. De même, le discours enflammé du nouveau président invoquant « le rêve français » m’a semblé étrangement décalé par rapport aux réalités. D’abord, jamais élection n’a été aussi peu glorieuse : le score est finalement mince face à un président sortant dont le bilan était parait-il si accablant. Le deuxième président socialiste de la Vème République est le seul à n’avoir pas obtenu avec, 47,5%, la majorité des votants.  Ensuite, cette élection est le fruit d’un pilonnage intense de l’appareil médiatique depuis plus de cinq ans fondé sur la caricature, les amalgames, les insultes, la calomnie, les aboiements haineux et les mensonges. Et je peux en témoigner, ils vont laisser des traces.

Comme souvent à droite, Les trahisons ont pesé sur le score final, en particulier celle de François Bayrou. Pourtant le résultat est loin d’être déshonorant pour l’ex-majorité avec 48,4%. Appréciable en temps de crise. Zapatero aurait bien voulu perdre avec le même écart. Il autorise même à espérer une victoire législative qui parait à portée, d’autant plus qu’on ne sait pas quelle sera l’atmosphère nationale et internationale dans six semaines. La crise grecque, agrémentée d’un piment espagnol, pourrait bien venir compliquer le débat.

Les électeurs du FN, se sont abstenus ou ont voté blanc (2 millions de voix). Ils ont fait perdre la droite. C’était l’objectif recherché par Marine Le Pen qui ne pourra progresser que si elle détruit le « môle » républicain. Mais c’est vrai que la majorité vient de payer son incapacité à s’adresser au peuple « perdu » alors que le pays est culturellement et sociologiquement à droite. En même temps, ces électeurs frontistes, s’ils reproduisent le même scénario aux législatives, ne pourront pas se plaindre de la politique communautariste et laxiste sur l’immigration qu’ils auront contribué à mettre en place avec une majorité de gauche à l’assemblée nationale. N’oublions jamais que la « machine » Le Pen est d’abord au service des intérêts vitaux de la famille avant ceux de la France.

Inévitablement, nous allons vers des temps difficiles pour ne pas dire dramatiques. Après l’état de grâce et une fuite en avant destinée à faire oublier les réalités à l’image de la « fête » de cette nuit, le retour à la réalité frappera le pays de plein fouet, inévitablement, mais personne ne sait sous quelle forme ni exactement à quel moment…

Chacun son tour. Pour Hollande, « les emmerdes, c’est maintenant ». Il peut être certain d’une chose : nous ne serons pas des spectateurs impavides !

 

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