LE PETIT NICOLAS A LA LOUPE (4)
HUMOUR

L’EURO FORT

Dollar_usYuan


Et voilà, l’euro renoue avec le seuil des 1,50 $, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’Europe, encore moins pour la France. L’euro fort, on en perçoit tout de suite l’avantage : le dollar à 0,66 €, c’est le pétrole que nos payons moins cher, et donc le prix à la pompe qui bénéficie de cet amortissement monétaire de la hausse du prix du pétrole. On peut aussi penser que comme notre commerce extérieur ne pèse que 6% vers les USA, et se réalise pour la moitié avec la zone euro, et que la pénalisation pour notre économie est à proportion. D’autant plus que, à ce niveau,  notre devise est avantageuse pour les importations, et donc aussi pour le maintien du pouvoir d’achat.

Les exportateurs français sont pourtant exposés plus qu’on ne le croie et la dépréciation du billet vert pourrait avoir des effets pervers sur leur activité, et donc l’emploi. La complication vient de la faiblesse du dollar et du yuan qui permet aux concurrents américains et chinois d’être plus compétitifs chez nos partenaires traditionnels. L’euro nous met à égalité avec nos partenaires européens mais ne nous protège pas d’un choc face aux entreprises extra-européennes exportant au sein de la zone euro. Et si nos propres partenaires perdent en compétitivité, celle-ci rejaillira indirectement sur les exportations françaises. Concrètement, si l’Allemagne voit son économie affaiblie par la montée de la monnaie, son carnet de commande vers la France s’en ressentira. Ainsi, EADS est atteinte davantage par la baisse du billet de l’Oncle Sam que par la crise, et au premier semestre, les effets de change ont amputé le résultat d’exploitation de 500 millions d’euros. Bref, selon l’OFCE, une appréciation de 10% du taux de change ampute la croissance française de 0,2 % à 0,5%. Or l’euro s’est apprécié par rapport au dollar de 17% depuis le mois de mars !

Le sort actuel de notre monnaie commune complique la sortie de crise de toute l’Europe, au moment où elle est en pleine phase de reprise économique. La glissade du dollar favorise évidemment le redémarrage de l’économie américaine. Il s’est affaibli parce que l’effet « monnaie refuge » s’est estompé avec la fin de la récession, parce que le déficit américain a été multiplié par cinq en deux ans et parce les taux d’intérêts de la fed sont très bas et le différentiel avec l’euro (0,75) rend ce dernier plus attirant pour les capitaux. Or, cette glissade n’est par terminée.

Cependant la monnaie américaine pourrait se redresser dès le printemps prochain à la faveur d’une reprise plus vigoureuse que sur le vieux continent. Tout le monde en est d’accord : l’économie mondiale a besoin d’un dollar fort et d’un Yuan à sa vraie valeur. Les deux pays concernés ne sont pas pressés de procéder aux ajustements, allez savoir pourquoi ?  … C’est pourtant la clef d’une croissance plus équilibrée dans le monde !


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