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WAUQUIEZ REUSSIRA SI…

Laurent Wauquiez     Logo Les républicains

 

Macron a compris que son seul  adversaire crédible est désormais Laurent Wauquiez. C’est pourquoi il s’attache à empiéter par le verbe sur tous les sujets dont le nouveau patron des Républicains pourrait s’emparer pour ne lui laisser aucun espace. Mais un discours de droite ne suffit pas à cacher une politique technocratique de gauche. J’aurais l’occasion d’y revenir. Aussi  Wauquiez a-t-il d’autres sujets sur lesquels il peut espérer faire prospérer une droite rajeunie, car il est le seul à pouvoir, avec Les Républicains, proposer une alternative plausible le moment venu. A lui d’imposer son tempo et ses thèmes en déléguant à son équipe le soin de contester l’exécutif actuel.

Et d’abord incarner un renouveau politique.

On croit la droite éparpillée et éclatée, mais c’est une vision anecdotique entretenue par les médias à la solde du pouvoir. Laurent Wauquiez n’aura pas de mal à réunifier son camp d’autant plus que les quelques défections auxquelles on a assisté étaient aussi médiatiques qu’insignifiantes. Le rajeunissement de l’équipe dirigeante des Républicains et le talent des personnes choisies est un premier signe positif. Il était nécessaire, mais il n’est pas suffisant.

Laurent Wauquiez doit imposer un nouveau style de gouvernance qui renonce au culte si contemporain de la personnalité. Premier devoir : renoncer au mythe du chef tout puissant qui ne semble motivé que pour assurer son propre destin.  C’est probablement ce que les  Français méprisent le plus aujourd’hui. A l’heure actuelle, la vérité sur l’état de la  France et le rejet de  la démagogie s’imposent comme les fondements de toute rénovation politique, ce qui oblige à privilégier l’intérêt général sur les préoccupations individuelles, matérielles ou d’égo. C’est à mon sens la première clé pour retrouver la  confiance populaire.

Nous attendons donc de lui qu’il propose une aventure collective en faisant des « Républicains » le  parti de tous les Français, où l’on privilégie le débat sur tous les sujets, en profitant de la richesse apportée par les multiples sensibilités qui le traversent : gaulliste, libérale, humaniste, territoriale… C’est aussi un bon moyen pour éviter que l’expression des différences se fasse à l’extérieur en jouant contre son camp. Encore faut-il que cette aventure collective parle aux Français.  Réconcilier la vie politique avec le monde des réalités n’est pas une mince affaire. Il lui faudra donc éviter l’écueil de la politique spectacle et aborder les tourments de la vie réelle qui touchent la « France d’en bas » tels que la désindustrialisation, le chômage, la dette, les  prélèvements records, les déficits, la violence, l’exclusion,  les zones de non droit, l’échec scolaire, les territoires  en déshérence... S’adresser aussi à cette France de l’insécurité professionnelle dont les emplois sont menacés par les innovations foudroyantes de la révolution numérique, cette troisième révolution industrielle dont si peu de politiques ont pris la mesure. Son franc parler devrait être un atout pour lui. Ce sera une façon concrète de parler du rôle de l’Etat, en le  présentant comme le lieu où la nation tout entière, et pas seulement les élites, communie dans un sentiment d’appartenance.

Une nouvelle donne c’est aussi faire voir de nouvelles perspectives.

Combattre les lieux communs de la politique sur lesquels le chef de l’Etat campe aujourd’hui à coups de discours creux ne sera pas bien difficile. Mais faire sortir la France du carcan administratif qui l’étouffe, imposé par l’actuelle technocrature (dictature technocratique) est le vrai défi. Là est la difficulté car il faudra panser en même temps les plaies qui gâchent la vie des Français mais dans lesquelles ils se complaisent trop souvent : le  culte de la médiocrité qui imprègne les esprits dès l’école, l’indiscipline qui commence à  l’école et se prolonge dans l’incivilité et la criminalité routière, l’ignorance qui ouvre la  porte à tous les obscurantismes, les incivilités urbaines, le mépris de la personne dont le matraquage fiscal et les procédures bureaucratiques sont les fers de lance. Tout cet ensemble constitue une quasi-culture de l’irresponsabilité collective qui débouche sur  le pessimisme qui ronge notre pays. Ces handicaps n’ont rien à voir  avec la fracture entre les élites et le peuple.  Encore que l’on pourrait être  très sévère avec les « petits pois » qui sortent chaque année en rangs serrés de l’ENA et vont peupler ensuite les cabinets  ministériels. Cette homogénéité des décideurs, dépourvus de culture scientifique serait  à l’origine de beaucoup de nos insuffisances et des déboires que notre pays connait.

Une nouvelle donne politique commence par la promotion d’un Etat exigeant et impartial, fondé sur un régime qui abandonne le mythe du chef tout puissant et répartit les pouvoirs en les respectant. La « République exemplaire » que prônait Nicolas  Sarkozy  n’est pas démodée ! Cette nouvelle donne se poursuit par la défense de la  culture française dont Macron a été jusqu’à nier l’existence. Ce qui suppose que l’on réfléchisse sérieusement à la  place de l’Islam dans la République,  en ne niant pas sa prédisposition théocratique. Elle ne fait pas l’impasse non plus sur l’Europe, qui sera bientôt  à l’ordre du jour avec l’élection au parlement européen. L’Europe est  vitale  pour nous, mais il faudra se frayer un chemin entre  le fédéralisme à tout crin prôné par les centristes et par Macron et sa négation qui est le cheval de bataille des souverainistes. Une belle occasion pour les Républicains d’offrir une ligne équilibrée proche de la sensibilité majoritaire des français.

Voilà un chemin dont chaque pavé est une épine.  Il est possible de  mettre fin à la fracture démocratique et de rassembler à nouveau les  Français dans une grande aventure collective. Il suffit de sortir du culte de la personnalité, de soigner les plaies qui affaiblissent le pays et de parler directement au peuple en abandonnant les postures au profit d’un langage de vérité.

Y a qu’à… comme on dit !

 

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