UN CENTENAIRE ENCORE BIEN VERT !
III - Réflexions pour aujourd'hui - La place des parents (5)

Réforme des retraites : retour à la case départ ?

Christelle Morançais

Une fois, n'est pas coutume. Le bloc-notes donne la parole à une élue : la Présidente de la Région Pays de la Loire. Elle vous dit mieux que je n'aurais pu le faire, ce qu'il faut penser de la réforme des retraites. Alors, pourquoi se priver !

 
"Certains mots qui reviennent dans l’actualité semblent annoncer de prochaines défaites. «Conférences de financement» et «régimes spécifiques» sont de ceux-là. Comment imaginer qu’avec une dette de 2400 milliards d’euros (l’équivalent du PIB annuel), la France puisse s’offrir le luxe de renvoyer la question du financement des retraites aux calendes grecques (le déficit du régime à l’horizon 2025 est évalué entre 8 et 17 milliards par an) ? Et comment tolérer la survivance – y compris sous une autre appellation ! – de régimes spéciaux dont l’immense majorité des Français ne veut plus ?
 
La réforme des retraites devait marcher sur ses deux jambes : la fin des régimes spéciaux pour la justice sociale et une mesure d’âge pour le financement. Du moins était-ce la promesse initiale d’Edouard Philippe – et il faut reconnaître au Premier ministre une certaine constance sur la question de l’équilibre financier, malgré l’opposition qui se manifeste jusque dans sa propre majorité. Mais au 37ème jour de grève, le gouvernement ne semble pas en mesure de soutenir plus longtemps le bras-de-fer avec les syndicats. Et déjà se profile un compromis perdant/perdant : l’abandon du volet financier de la réforme et la création d’une universalité mitée de dizaines de régimes spéciaux. Retour à la case départ, en somme. Et 5 semaines de galère dans les transports pour rien !
 
Dès l’origine, le gouvernement a commis une faute : ne pas avoir dit la vérité aux Français. Pour sauver notre régime par répartition des déficits structurels (la part d’actifs rapportée au nombre de retraités ne cesse de diminuer) et pour préserver le niveau des pensions, une mesure et une seule s’impose de toute urgence : travailler plus longtemps (rappelons qu’avant 1982 les Français travaillaient jusqu’à 65 ans). Faire de cette vérité absolue la variable d’ajustement des négociations syndicales, c’est risquer d’enterrer la réforme avant même de l’avoir vue naître.
 
Plus fondamentalement, et au-delà des erreurs que le gouvernement a pu commettre, une question majeure se pose : la France est-elle irréformable ? Alors qu’une majorité de Français est consciente qu’il faut transformer notre modèle social pour préserver l’essentiel : la solidarité entre les générations et la compétitivité de notre économie, pourquoi aucun consensus politique n’arrive à émerger ? Pourquoi l’intérêt général est-il systématiquement écrasé par des intérêts particuliers ? Ces questions restent entières, et pour tout dire préoccupantes."
 
Christelle Morançais
 

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