BONNE ANNEE 2020 !
III - Réflexions pour aujourd'hui - La formation professionnelle des enseignants (4)

LA CONVERGENCES DES COLERES

Macron voeux 2020

 

Teasing…

Le teasing orchestré par les médias autour des traditionnels vœux du Président Macron a plutôt bien fonctionné : plus de 10 millions de nos compatriotes ont fait l’effort d’écouter ce qui devait être un discours d’apaisement. « Un discours très attendu » nous a-t-on rabâché. Alors, le moins qu’on puisse dire, c’est que le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. Toujours aussi glacial, aussi lointain, l’hôte de l’Elysée nous a livré un petit chef d’œuvre de méthode Coué : des vœux sans surprise, des annonces déjà connues, et ce qu’on savait déjà, à savoir que Philippe est en première ligne sur le dossier des retraites. Avec une erreur de taille : 2020 n’est pas la première année d’une nouvelle décennie, mais la dernière de la période 2011-2020. Ainsi va le calendrier grégorien. Un détail, me direz-vous, mais révélateur d’un certain amateurisme.  Les réactions n’ont pas tardé : il aurait voulu jeter de l’huile sur le feu qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Les Franciliens ont donc encore de beaux jours de galère devant eux.

Climat délétère.

Je reprends ici les constats énoncés par Jean-Pierre Robin dans le Figaro. Macron a échoué à redynamiser la France. Son action après deux ans et demi de mandat débouche sur « un climat social délétère et une économie à plat ». La promesse de renouveau entraperçue au début de son mandat, à laquelle je n’ai jamais cru mais que beaucoup espéraient, a fait place à la « convergence des colères » : les étudiants, les hôpitaux, les retraités et plus particulièrement ceux des régimes spéciaux, les policiers qu’il a fallu calmer, les pompiers, sans parler des Gilets jaunes, on se demande s’il existe une catégorie de Français satisfaits de leur sort.  Pourtant, Emmanuel Macron avait au départ tous les atouts pour réussir : une croissance revenue (2,3% du Pib en 2017), un peu grâce aux mesures Hollande et beaucoup grâce à la conjoncture mondiale, et l’aura d’un homme neuf et jeune. De fait, il a engagé le quinquennat au pas de charge : ordonnances de la loi travail (qui peinent aujourd’hui à s’appliquer), changement de statut de la SNCF (imposé par l’Europe) pour être désormais soumise à la concurrence, puis suppression progressive de la taxe d’habitation (une ânerie mais aussi une promesse), abolition partielle de l’ISF, réforme de l’apprentissage (qui entre en application ce jour), modification des règles d’indemnisation du chômage et le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu qui devient pour la masse des contribuables invisible et indolore, perversité suprême du fisc dans un pays qui bat tous les records d’imposition. Mais voilà, s’il y a quelques bonnes décisions, toutes ont été imposées d’en haut, dans la pure tradition technocratique. Jupiter se voulait le « maître des horloges ». Il a tout simplement oublié l’adage qui dit « qu’on ne change pas la société par décrets ». Il a suffi d’une banale taxe sur les carburants pour que l’illusion se perde dans la « révolte des Gilets Jaunes » à l’automne 2018.  Une erreur qui en dit long sur la coupure qui existe entre nos hauts fonctionnaires des finances et la France profonde : personne n’imaginait qu’il était absurde d’instaurer une taxe carbone au moment où les cours du pétrole s’envolaient. Mais une erreur coûteuse  qui a mis fin au projet de grande transformation du pays…

100% endetté.

Il a fallu en effet, renoncer aux réformes visant à renforcer la compétitivité des entreprises et améliorer les compétences des Français, pour finalement financer une vulgaire politique de redistribution du pouvoir d’achat par de l’argent public (près de 20 milliards), en impôts prélevés sur les « aisés » et de la dette . Cela n’a pas empêché la baisse de régime de la croissance, deux fois moindre aujourd’hui qu’en 2017 et celle de 2020 s’annonce calamiteuse. La France reste le pays à la pression fiscale record avec 46% de prélèvements obligatoires et les baisses d’impôts annoncées n’y changeront rien puisqu’il s’agit de l’habituel bonneteau : on prend aux uns pour donner aux autres. Les recettes fiscales restent par contre dynamiques, ce qui veut dire qu’elles continuent de croître, mais pas suffisamment pour rattraper les dépenses. L’année 2019 se termine avec un déficit de près de 100 milliards d’euros. Et la dette publique a dépassé les 100% du Pib à 2 415 milliards d’euros. Ce record est lié à une ligne politique fondée sur des impôts et des dépenses élevées, notamment pour financer les prestations sociales. Et telle qu’elle est partie, la réforme des retraites, qui ne devait rien coûter, va se solder par un gouffre financier supplémentaire. Elle ne sera ni universelle, ni juste, j’aurai l’occasion d’y revenir. La dette publique n’a donc pas fini d’enfler telle la grenouille… qui finit par éclater ! C’est la solution de facilité pendant les taux bas, mais c’est 100% dangereux : un seul petit point de plus en taux et c’est 19 milliards de plus d’intérêts supplémentaires, davantage que le déficit de nos régimes de retraites attendu en 2025. La sagesse voudrait qu’on s’intéresse davantage à notre endettement et qu’on s’attaque enfin à cette préférence pour la dépense publique. La France a levé 200 milliards d’euros sur les marchés en 2019. Mais cette folie dépensière n’a débouché sur aucune accumulation de richesse : l’Etat est focalisé sur ses dépenses courantes mais ne crée pas de valeur pour les générations futures. Cette dérive affaiblit la France, paupérise les Français et annonce des lendemains difficiles !

Evidemment, ce tableau réel de la situation du pays n’apparaît pas dans le propos présidentiel.  Et quand il annonce de nouvelles réformes,  il sait forcément qu’il ne pourra pas les financer, ayant épuisé toutes ses marges de manœuvre. Car le court-termisme a un gros inconvénient : il se paiera cher dans dix ans.

 

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