SANTE : COMMENT MACRON L'ETATISE AVEC SA REFORME
LES ANCIENS ONT LA VIE DURE

LES INCONGRUITES DE M. MACRON NE SERVENT PAS LA FRANCE

Macron de dos

L’histoire ne se répète jamais, même quand il arrive qu’elle bégaie. 

Le Président par inculture historique ou syndrome de la communication tombe dans un piège ridicule par simplisme. En comparant notre époque à celle des années 30, il cède à de nombreuses facilités  plus caricaturales que réelles. Les « éléments de langage »  aussi bien affûtés soient-ils feront long feu face aux esprits cultivés. Ils  abuseront peut-être les incultes à qui on a infusé depuis de nombreuses années une histoire simplifiée, idéologisée et fragmentaire. Aussi débute-t-il son « itinérance mémorielle » avec le  même boulet, comme  le souligne une professeure d’histoire-géographie, auteur du livre « Génération ‘j’ai le droit’ », dans un tribune,  publiée par Le figaro,  dénonçant l’inconséquence des programmes d’histoire qui amène à traiter la guerre de 14-18 en 3 heures de cours…  quand j’y passais presqu’un trimestre, il y a 20 ans. Mais revenons au discours présidentiel.

Comparaison n’est pas raison.

Dans son approche, Emmanuel Macron commet une première erreur.

Celle d’oublier le contexte,  la toile  de fond qui oblige à resituer tout événement dans son époque avant d’oser un parallèle. Certes, Staline, Hitler et Mussolini ont été des dirigeants néfastes pour leurs peuples et pour la paix du monde.  Ils ont porté des idéologies qui ont fait des ravages en Europe et notre devoir commun est de ne jamais l’oublier. Mais oser les comparer à Orban, Salvini et pourquoi pas Morawiecki en Pologne et Kurz en Autriche, est une absurdité historique. Ce ne sont pas des fascistes. La défiance qui s’est installée au sein des peuples européens vis-à-vis de la construction européenne vient de la manière dont les partisans d’une union plus « intégrée » ont imposé leurs choix en donnant l’impression de ne pas tenir compte des scrutins.  Et le mal n’a fait que s’aggraver depuis 2005 après le « non » à la Constitution. La  montée en tension que l’on connaît aujourd’hui n'est pas imputable au seul Emmanuel Macron, elle est à l'œuvre depuis que l’on a voulu contourner ce refus par les traités qui ont suivi. Rien à voir avec les tensions et les antagonismes nationaux de la fin des années 30. Le  discours du Président français apparaît donc comme une opération politique profondément anti-européenne propre à attiser les colères en insultant les peuples qui ont élu les dirigeants précités. Il contribue ainsi à aggraver les tensions entre partenaires européens. Et le clip, scandaleusement partisan, émis sur les chaines de télé, par le gouvernement, n’arrangera rien. Du jamais vu en la matière sous la Vème : de la propagande officielle payée par le contribuable !

Il fait une deuxième erreur qui frise l’incongruité.

L'Europe de l'entre-deux-guerres n'est évidemment pas comparable en termes politiques à l'Union européenne des 28. Trois facteurs énormes les différencient. En premier lieu,  l’Europe d’alors était composée d'États-nations souverains qui n’appartenaient pas à une entité supranationale comme c'est notre cas. En second lieu, des idéologies concurrentes puissantes imprégnaient les peuples (communisme, fascisme, nazisme) et s’étaient formalisées politiquement dans trois pays, la Russie, l'Italie puis l'Allemagne, alors qu’aujourd’hui, aucun des Etats de l’Union ne remet  en cause l’économie sociale de marché qui y règne en maitre. En troisième lieu, et c’est un moteur fondamental de la guerre, l'URSS et le IIIe Reich avaient des ambitions d'expansion territoriale, sinon d'hégémonie planétaire, et il s'agissait de nations hyper militarisées. On cherche vainement les « légions » d’Orban ou de Salvini et encore plus une intention belliqueuse quelconque.

Il fait une troisième erreur, grave elle aussi. 

Une erreur d’appréciation. Les  « lépreux » qu’il  dénonce avec mépris, souhaitent, peut-être avec  trop d’intransigeance (à voir),  se concentrer sur leurs intérêts nationaux, protéger leurs frontières de flux migratoires incontrôlés que l'Europe de Schengen n’arrive pas à enrayer, refuser la société multiculturelle dont ils observent les échecs en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Belgique. Prendre en compte ce besoin de protection de l’identité, même Hubert Védrine, qui ne passe pas  pour un foudre de guerre nationaliste, y appelle, si on veut consolider l’Union. Ils  agissent au nom d’un choix de souveraineté politique pour laquelle leurs citoyens les ont élus. Des citoyens qui peuvent encore se dédire aux prochaines élections puisque ni Orban, ni Salvini n'ont remplacé la démocratie par l'autocratie, sans compter que le second fait partie d’une coalition et ne gouverne pas seul. Et on  pourrait encore gloser sur leur arrivée au pouvoir qui n’est en rien comparable  avec celles de ceux à qui on veut les comparer, qui n’avait pas grand-chose de « démocratique ».  

Puisqu’on prend l’Histoire à témoin.

On ne peut pas réduire la montée des totalitarismes dans l'entre-deux-guerres à une conséquence de la crise de 1929 comme le laisse croire Monsieur Macron : c'est encore voir l'histoire par le petit bout de la lorgnette. Ce genre de raccourci ne sert qu’à manipuler l'opinion pour une justifier une politique à venir. Cette manière de faire n’aide pas à comprendre ni le passé, ni le présent. La crise de 1929 a montré pour la première fois à l'échelle mondiale, où pouvaient conduire le capitalisme financier et la spéculation sans limite. Elle se développa dans un contexte protectionniste qui n’existe pas aujourd’hui à la même échelle. Elle déstabilisa les démocraties,  certes,  mais il existait d’autres germes  comme le désir  de revanche de l’Allemagne, humiliée lors des traités qui mirent fin à la  première guerre mondiale, comme les menées bolchéviques sur lesquelles l’URSS naissante s’appuyait pour répandre le communisme en Europe, comme l’affaiblissement de la 3ème République minée par ses rivalités politiciennes…

En tout cas, tout cela ne justifie en rien de tels sermons, une telle arrogance qui ne servent ni la France, ni la cause de l’Europe. Jupiter se voulait le « roi du Monde, de l’Europe, il a bien du mal à être le Président de tous les Français » : une « dégringolade » comme le raille Luc Ferry, en attendant une « sévère déculottée » ?

Un autre chemin existe.

Celui de  la prise en compte des  aspirations des peuples pour faire évoluer l’Europe actuelle  afin qu’elle réponde à leurs vraies préoccupations et aux défis de l’avenir pour lesquels la dimension européenne est utile : protection contre l’invasion immigrationniste,  grands projets communs d’équipements, de recherche, et investissements massifs dans l’intelligence  artificielle, défense commune  ,  etc…  Il y a mieux à faire que d’exacerber des tensions en ignorant leurs causes réelles. Pour ce faire,  « Les Républicains » ont bâti un projet sur sept  piliers fondamentaux.  Les sept piliers de la  raison  ou de la  sagesse : 1. la France a besoin de l’Europe pour répondre aux défis qui sont face à nous. 2. Des frontières sûres : la protection de nos frontières européennes face à l’immigration de masse incontrôlée doit être une priorité absolue. 3. Des frontières stables : aucun nouvel élargissement de l’Union Européenne ou de l’espace Schengen. 4. La préférence européenne et la réciprocité pour nos entreprises, nos emplois et nos agriculteurs avec principe de réciprocité doivent être l’élément fondateur de notre politique commerciale. 5. Refus de la concurrence déloyale : libre entreprise et refus la concurrence déloyale par exemple avec le détournement du travail détaché. 6. Moins de normes. Plus de projets : il faut revoir les compétences de l’Union Européenne : moins de normes, plus de décisions prises au niveau des Etats et de nouvelles coopérations dans les domaines de la Défense, de la recherche médicale, d’Internet, des grandes infrastructures de transport etc.. 7. Une civilisation européenne : ne pas oublier qu’avant d’être une construction institutionnelle, l’Europe est une civilisation commune, dont nous voulons transmettre l’identité, la culture, les racines et les valeurs.

Voilà le projet que « Les Républicains » vont porter et développer jusqu’à l’élection du mois de mai. Sans invectives à l’égard de quiconque. Mais avec  la  sérénité d’offrir une  voie  réaliste à  mi-chemin des progressistes à tout crin et des souverainistes inconséquents.

 

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