LA CLASSE MOYENNE, ENJEU ELECTORAL.
L’ŒIL D’ARCHIBALD

QUAND LES RETRAITES SONT MAL TRAITES !

Archibald en colère

 

Le gouvernement a décidé d’augmenter de 1,7 point la CSG. C’est une mesure injuste pour les retraités qui n’auront droit à aucune compensation. Ils sont 2,5 millions dans ce cas. La  mesure  est d’autant plus inacceptable  que ce n’est  pas la première  fois que les gouvernements s’en prennent à eux. Peut-être   parce  que le risque de les  voir descendre dans la rue avec leurs déambulateurs et  leurs fauteuils roulants n’est  pas très élevé.  Cela fait 25  ans, en effet, que leur pouvoir d’achat est régulièrement attaqué, aggravé par les sempiternelles "conditions de ressources" qui touchent toujours  les  mêmes  !

Cela a commencé en 1993 par un nouveau mode de calcul

La réforme Balladur a abouti à ce que les pensions des salariés du privé soient calculées sur les 25 meilleures années de cotisation - au lieu des 10 meilleures - avec pour conséquence une baisse de 15 % à 20 % du salaire de référence pris en compte pour le calcul des pensions de retraite ce qui a eu pour effet une baisse de ces dernières. Cerise sur le gâteau, cette réforme a fait évoluer les modalités de calcul de la revalorisation des pensions de base, de sorte que celles-ci sont désormais indexées sur l’inflation et non plus sur l’évolution des salaires. Or depuis plusieurs années, l’inflation est largement inférieure à l’évolution des salaires. Double  punition donc !

2013 :les pensions gelées et nouvelle cotisation sur la dépendance

A partir de 2013, le rythme des attaques  s’accélère. Depuis 2013, les pensions complémentaires versées par les régimes complémentaires (l’Arrco et l’Agirc) sont gelées. Autant dire qu’elles ne sont pas près d’être revalorisées puisque l’accord signé en 2015 par les partenaires sociaux prévoit pour 2016, 2017 et 2018 une revalorisation égale à l’inflation, diminuée d’un point. Malchance : l’inflation était de 0,2 % en 2016 et devrait rester proche de 1 % en 2017 !  À cela s’ajoute une nouvelle cotisation sur les pensions de retraite qui a vocation à financer les frais liés à la dépendance : la contribution de solidarité pour l’autonomie (CAS). Prélevée au taux de 0,3 %, elle s’ajoute à la CSG et à la CRDS. Nouvelle amputation du pouvoir d’achat !

2014 : deux niches fiscales sont supprimées

Deux niches fiscales destinées aux retraités ont été supprimées en 2014. La première est la majoration de retraite de 10 % pour charges de famille qui bénéficient aux retraités ayant élevé au moins trois enfants : auparavant exonérée, celle-ci doit désormais être intégrée dans leur revenu imposable. 10% de revenu en plus ont entrainé pour nombre de contribuables 30% d’impôts en plus, par le jeu des tranches d’imposition. La seconde est « la demi-part veuve » qui profitait à de nombreux retraités. Sa suppression a eu un impact substantiel, non seulement au regard de l’impôt sur le revenu, mais aussi des taxes locales (taxe d’habitation et/ou taxe foncière). La suppression de ces deux niches fiscales a aussi eu pour conséquence d’assujettir certains retraités au taux normal de CSG de 6,6 %, et non plus au taux réduit de 3,8 %. Cela commence à faire beaucoup, non ?

2015 : la fin de la CSG au taux réduit pour 460.000 retraités

Pourtant ce n’est pas fini. Depuis 2015, le taux réduit de CSG est réservé aux retraités dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil : 14.375 euros en 2017. Quelque 460.000 retraités ont ainsi vu la CSG appliquée sur leur retraite passer de 3,8 % à 6,6 %.

2016 : une hausse du reste à charge dans les frais de santé

Et  ça continue. La réforme Touraine de 2016 est venue indirectement augmenter le coût des dépenses liées à la santé. Or les retraités représentent la population la plus exposée à ce type de dépenses. Explications : la réforme de l'ancienne ministre de la Santé a imposé la limitation des remboursements des frais de santé par les complémentaires. L’objectif de cette mesure était de faire baisser les tarifs des médecins de secteurs 2 pratiquant des dépassements d’honoraires, lesquels étaient jusqu’alors couverts par la prise en charge des complémentaires santé. Cependant, la plupart des médecins n’ont pas matérialisé la baisse escomptée de leurs tarifs. Donc, ce sont les assurés, et en particulier les retraités, qui ont vu la part restant à leur charge augmenter.

2017 : la hausse de la CSG

Cette  année, c’est le bouquet. Actuellement, les prélèvements sociaux opérés s’élèvent à 7,4 % pour la retraite de base et à 8,4 % pour la retraite des régimes complémentaires. Avec la hausse de 1,7 point de la CSG, ces prélèvements s’élèveront à 9,1 % pour la retraite de base et à 10,1 % pour la retraite des régimes complémentaires. À ces prélèvements sociaux s’ajouteront bien entendu les prélèvements fiscaux, selon les règles de droit commun : les pensions de retraite continueront ainsi d’être soumises au barème de l’impôt sur le revenu, dont le taux marginal s’élève à 45 %, voire 49 % avec la contribution sur les hauts revenus. Le  manque à gagner de cette augmentation se mesure en centaines d’euros pour de nombreux retraités, devenus les  vaches à lait de  la redistribution.

C’est une forme de  mépris dont ils font l’objet.

On sait que Macron n’aime  pas les vieux, sauf sa  vieille. Mais la  somme de toutes  ces décisions finit par peser lourd.  Le prétexte qu’ils seraient des nantis fait l’impasse sur les années de travail et  les  cotisations versées, qui à l’époque représentaient un effort, pris sur leur niveau de vie, quand ce n’était pas au prix de quelques sacrifices. Mais à force de renier leurs retraites, c’est l’Etat qui sera pris au piège du financement de la dépendance qu’ils  ne pourront plus  assumer faute de revenus suffisants. Sauf à les euthanasier  !


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