DESAMOUR ? NON, DECANTATION !
CELLE-LA, ELLE EST UN PEU FORTE !!

SOURIEZ, C'EST ENCORE L'ETE !

Autoroute A87-1

L’AUTOROUTE

Départ pour quelques jours en Vendée. La voiture est chargée comme si on s’échappait pour trois mois. C’est chaque fois la même chose. Pour la énième fois, nous allons emprunter l’A87  jusqu’à La  Roche-sur-Yon. Une heure et quelques miettes d’un parcours qu’on connait par cœur.

Et pourtant,  c’est chaque fois différent. 

Non pas que la route se  déplace ou se modifie. Excepté les inévitables travaux d’entretien, elle est toujours inexorablement la même. Mais prendre l’autoroute pour aller en Vendée, c’est une  ambiance, un état d’esprit,  une allégresse incontrôlable.  Il y a d’abord la promesse de retrouver notre appartement douillet. C’est la surprise que nous offrira la marée selon qu’elle sera haute ou basse. C’est le  plaisir chaque fois renouvelé de contempler de notre balcon le port et ses bateaux alignés. Et si nous partons, c’est qu’il va faire beau, et donc c’est l’assurance de trouver sur place le ciel bleu. C’est aussi le spectacle vivant de l’océan qui  joue sans cesse avec les couleurs : bleu Méditerranée, vert émeraude, gris, ou un mélange savant en strates horizontales de la côte vers le large …

Alors la route à faire s’oublie un peu.

En fait, pas tant que ça. Elle n’offre jamais tout-à-fait le même paysage qui varie en couleurs,  en intensité et en animation selon les saisons et  les dates de départ. Avec le stabilisateur automatique de vitesse, quand la circulation le permet et c’est le cas le plus souvent, la conduite est plus relaxe et on a le temps de regarder la route, ça vaut mieux, et ce qu’il y a autour. Les bas-côtés bien verts que nous avons longés au printemps ont viré au blond avant de devenir franchement roux à la fin de l’été. Tiens ! là, la  chaussée est  toute neuve et nous permet  de glisser presqu’en silence sur quelques kilomètres sans le bruit de roulement, que  le sifflement de l’air, c’est à peine si l’on perçoit  le vrombissement du moteur. Et voici Chemillé : la cheminée de l’usine Isover crache comme d’habitude un panache dru dans l’atmosphère ;  on espère seulement que le contenu n’est pas trop polluant. Plus loin : ah, aujourd’hui les éoliennes ne moulinent guère, signe que le vent a  tombé, tant pis pour l’énergie verte. Une autre fois, par contre, elles tournaient comme des folles. Inconsciemment je note que nous roulons depuis 20 mn : c’est le temps que l’on met depuis Angers pour arriver à leur hauteur. Nous avons maintenant passé Cholet dont on a aperçu d’abord le profil de l’usine Michelin et à l’autre bout quelques gratte-ciel, puis nous dévalons déjà sous le puissant viaduc ferroviaire de la Sèvre Nantaise et ses multiples arches que le tortillard Mortagne-Les Epesses emprunte : nous l’avons aperçu une fois trottinant comme un jouet miniature sur le dessus du pont. Un appel vers la fantaisie ou un retour à l’enfance. Tout comme en saison, nous apercevons de loin le ballon aux rapaces, signe que nous approchons du Puy du Fou, autre lieu de rêve éveillé ! Après la sortie vers Chambretaud dont on aperçoit le clocher, ce sera un autre point de repère : le  moulin du mont des Alouettes qui domine Les Herbiers. Il est un peu caché sur la  gauche, mais il se reconnait à son blanc immaculé. L’autoroute tangente alors la ville avant de filer vers l’échangeur avec l’A 83. Les kilomètres ne pèsent pas. Plus on s’approche vers la côte, plus le ciel semble augmenter en luminosité. C’est surtout quand le temps est moyen qu’on le perçoit : des hauteurs on entrevoit la barre lumineuse au loin sur l’horizon, qui nous vaudra tout-à-l’heure un ciel pur. En attendant on a franchi l’autoroute qui file vers Niort et invariablement, à cet endroit précis, sur quelques dizaines de mètres, mon « gps » m’indique « 90 » au moment où on le croise, alors qu’aucun panneau n’indique une telle contrainte. Une anomalie de géolocalisation. Mais déjà le péage de La Roche-sur-Yon est en vue et l’on passe sans encombre dans le couloir « 30 » télépéage. Nous quittons l’autoroute deux sorties plus loin, au sud de l’agglomération yonnaise. Le sentiment d’être arrivé nous parcourt, pourtant il reste encore à faire un peu de chemin jusqu’à Jard-sur-Mer, mais c’est comme si ça faisait partie du décor. C’est fou ce que l’esprit peur être capricieux et faire preuve d’élasticité. Il reste encore une bonne demi-heure de route,  mais voilà,  c’est décidé, on est arrivé. Aubigny ou Nieul-le-Dolent, c’est la banlieue de Jard !

Nous ne sommes pas un jour de grands départs.

Et la circulation est très paisible en cette fin de matinée car nous partons rarement de bonne heure. Il nous est pourtant arrivé plusieurs fois de nous faire piéger et d’oublier qu’il y a des dates à éviter, car les autres aussi peuvent avoir envie d’aller vers la côte, ou plus loin même, vers  l’Espagne… Heureusement, nous avons deux parades  pour alléger le supplice du bouchon : le paiement automatique pour la barrière de Beaulieu-sur-Layon, et la sortie par l’A83 et les Essarts pour éviter celle de La Roche-sur-Yon où il arrive que cinq ou six kilomètres de retenue se coagulent. Cela nous vaut un peu de « départementale » mais c’est mieux  que de poireauter une demi-heure voire plus dans la cohue.

C’est quand l’autoroute est fluide qu’on le voit le moins. 

Alors, l’esprit s’évade.  On pense à tant de choses en roulant et en conduisant « machinalement ». J’en ai trouvé des idées « géniales » que je me promettais de noter dans un coin et que j’ai évidemment oubliées ou été incapable de retrouver une fois venu le moment de les transcrire. J’en ai résolu des problèmes, au fil des voyages, touchant au bricolage ou à la vie domestique… Et que de réflexions sur la vie politique qui hanteront ensuite le bloc-notes ! « 107,7 » en sourdine diffuse une musique pas toujours à mon goût et égrène « ses points circulation » qui se résument le plus souvent à une litanie d’accidents sur l’A10.  C’est fou ce que cet axe vers  Bordeaux est accidentogène !  L’essentiel c’est que pour nous : RAS ! A côté de moi, il y en a une qui roupille tranquillement, comme d’habitude. Tout va bien. A l’arrivée, j’aurai, une fois de plus, refait le monde.

« Roule ma poule ! »

 

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