« ON A VOLE SANS PETROLE » !
DANS LA TORPEUR D’AOUT

LA NUIT Où LA FRANCE BASCULA DANS LA MODERNITE.

Abolition-Privileges-2

 

Il y a 227 ans, dans la nuit du 4 au 5 août, la France connut l’un des événements les plus étonnants et les plus inattendus de son histoire : les Etats Généraux qui s’étaient transformés en Assemblée nationale proclamèrent l’abandon des privilèges dont jouissaient la noblesse et le clergé, mettant fin de fait à ce qu’on appelle depuis « l’ancien régime ».

Inattendu, oui, l’événement peut paraître surprenant. Au moment où Louis XVI convoqua les Etats Généraux, il était loin de penser que moins de trois mois plus tard, c’est une vraie révolution que la France connaîtrait, autrement plus importante que l’émeute du 14 juillet et la fameuse prise de la Bastille, pour symbolique qu’elle fût. Ce mouvement des députés, tous ordres confondus, qui se précipitent à la tribune pour mettre fin à un ordre social multi-séculaire  -la société cloisonnée entre la noblesse, le clergé et le tiers état-  s’explique par le contexte. Pour caricaturer, on pourrait dire que la nuit du 4 août fut la nuit de la « grande trouille ».  C’est que, à la suite de la prise de la Bastille, une « Grande Peur » parcourait les villes et les campagnes : les rumeurs les plus folles se propageaient, amplifiées par la sonnerie du tocsin, selon lesquelles les aristocrates préparaient une revanche violente, payaient des brigands pour brûler les récoltes, échafaudaient même des plans de «massacres des patriotes ». À travers tout le pays, des paysans s’armaient, les populations des campagnes pillaient les châteaux et brûlaient les archives, et notamment tous les documents fixant les droits et les propriétés seigneuriales. Ces émeutes qui se multipliaient inquiétaient les députés qui siégeaient à Versailles, mais étaient restés divisés sur les solutions à apporter pour rétablir l’ordre.

C’est alors que deux aristocrates, à la séance du 4 août 1789, prirent successivement la parole. Le premier, Louis Marc Antoine, vicomte de Noailles,  âgé de 33 ans, cadet d’une famille pauvre, élu par le bailliage de Nemours député de la noblesse aux États généraux, surprit l’assistance en proposant de supprimer les privilèges dont bénéficiaient l’aristocratie française depuis le Moyen-Âge. Venant en appui à son collègue, Armand Désiré Vignerot du Plessis Richelieu, duc d’Aiguillon, proposa dans la foulée une motion sur l’égalité fiscale, l’abolition des servitudes et le rachat des autres droits féodaux et seigneuriaux. Cette spectaculaire initiative des deux nobles était destinée à calmer l’incendie révolutionnaire qui se propageait dans les provinces. Elle suscita une véritable effervescence dans l’Assemblée, comme on peut l’imaginer.

De nombreux participants, dont on notera qu’ils étaient autant de la noblesse, que du clergé et du tiers état, vinrent les uns après les autres, à la tribune pour se joindre à cette renonciation collective des droits pluri-séculaires. Ils le firent dans un élan surprenant mêlant une sorte de ferveur romantique à la sensation grisante de participer à un acte historique d’une portée considérable. Pour la petite histoire, l’une des interventions marquantes vint de l’élu du bailliage de Blois comme représentant de la noblesse aux États Généraux, Alexandre François Marie, vicomte de Beauharnais. Celui-ci, qui sera guillotiné en 1794 quelques jours avant la chute de Robespierre, avait épousé en 1779 une créole martiniquaise, Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie, qui, devenue veuve, se fera appeler Joséphine de Beauharnais et deviendra la première épouse de Napoléon Bonaparte, puis l’impératrice des Français. Tout ça parce que son premier mari avait perdu la tête. Amusant, non ? Et ce n’est pas fini : de son union avec le vicomte de Beauharnais étaient nés deux enfants, Eugène de Beauharnais, qui deviendra roi d’Italie,  et Hortense qui deviendra reine de Hollande, et fut aussi la mère de Napoléon III. L’Histoire a de ces retournements …

Mais, heureusement,  on ne revint jamais sur l’abandon des privilèges de la nuit du 4 août ! Après la « liberté » et la « fraternité », la France avançait vers « l’égalité ». On en n’était pas encore à l’égalitarisme à tout crin que nous impose la socialie actuelle. Il parait que les hallucinés de « Nuit Debout » rêvent d’une nouvelle nuit du 4 août. Si vous voulez avoir une idée des privilèges qu’ils veulent abolir, vous n’avez qu’à aller sur le site de « Merdiapart ». Vous ne serez pas déçus !

On comprend alors qu’il y a intérêt à maintenir l’Etat d’urgence  et à nettoyer la place de la République pour lui rendre sa fonction première beaucoup plus paisible. Pendant ce temps-là, pépère promène sa bedaine à Rio. Vous avez dit "privilège" ? 

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