CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT
CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT

INDECROTTABLES SOCIALISTES !

Hollande 14

A la veille des vacances, on a appris par la voix du 1er secrétaire du PS, « Camba » pour les connaisseurs (peu nombreux), que le bureau politique a voté une motion réclamant une relance de la consommation en prélevant 10 milliards d’euros sur le CICE, sous prétexte que les patrons n’ont pas assez embauché. Déjà que ce dernier dispositif est une usine à gaz sous-dimensionnée, incapable d’intéresser les entrepreneurs par sa complexité administrative, voilà qu’on y rajoute une insécurité supplémentaire en changeant une nouvelle fois les règles du jeu en cours de route.

C’est pas comme ça que la confiance reviendra !

Mais au-delà, ce qui est bien plus grave, c’est que l’état-major du parti socialiste nous démontre une fois de plus son incapacité à s’adapter au monde réel. Les socialistes n’ont toujours pas compris que la relance par la consommation des ménages –à des fins électorales évidemment- ne peut plus produire de croissance et que si le gouvernement cède à ces sirènes-là, ce sont dix milliards empruntés de plus que l’on va jeter par les fenêtres.

Personne ne nie les bienfaits d’une politique de soutien au pouvoir d’achat des ménages, quand elle est appliquée ponctuellement pour répondre à une mauvaise passe conjoncturelle. Nous ne sommes malheureusement pas dans ce cadre-là : ce qu’on nous propose c’est de continuer à solvabiliser la consommation des ménages par des transferts sociaux, eux-mêmes financés par endettement. Sauf que dans le contexte d’une économie ouverte qui est celui de la France, le soutien à la consommation ne conduit pas à soutenir la demande adressée aux entreprises françaises, il bénéficie largement aux pays fournisseurs (à bas coûts) qui exportent vers notre pays. En fait de relance, ce serait plutôt la Chine ou l’Inde qui en tirerait un bénéfice de croissance.

Il y a plus grave.

Au point où on en est en France, avec le niveau d’imposition que nous connaissons, qui pèse notamment sur le tissu économique, le soutien à la consommation par les pouvoirs publics  est incompatible avec le soutien à l’offre des entreprises. Comme dans le cas présent, qui consiste à retirer 10 milliards destinés au soutien des entreprises, modeste contrepartie des lourds prélèvements opérés depuis 2012, ce type de soutien à la consommation  implique en effet des mesures (transferts redistributifs, baisses d’impôts sur les ménages …) financées par des prélèvements sur les entreprises (ici, 10 milliards du CICE détournés de leur objectif). On ne permet pas à leurs marges de se reconstituer,  on limite leurs capacités à investir : en clair, on ne leur permet pas de se développer et on s’étonne ensuite qu’elles n’embauchent pas.

Pourtant les socialistes devraient savoir que cette politique « keynésienne » dévoyée ne fonctionne pas : il suffit d’observer les résultats obtenus. Malgré une ponction d’impôts massive, non seulement les comptes n’ont pas été rétablis (toujours 4% de déficit) mais le pays a continué à s’endetter gravement, alors qu’aucune crise extérieure n’est susceptible de proposer un début d’explication. C’est le résultat d’une gestion franco-française erronée, purement et simplement.

Cette demande déjà largement subventionnée que les socialistes se proposent d’aggraver un peu plus, quand elle est menée sur la durée ne peut qu’entraîner des impôts et des déficits qui pénalisent les capacités d’investissement des entreprises et dégrade le potentiel d’offre. La France en est là. Les pouvoirs publics n’ont plus les moyens d’intervenir sur les domaines où leur aide serait justifiée comme par exemple favoriser l’innovation. Ils n’ont toujours pas compris que ce sont les entrepreneurs qui sont au cœur de la mécanique de la croissance. Ce sont eux qui connaissent les marchés, qui peuvent apprécier les forces et les faiblesses des produits déjà existants, qui en déduisent les opportunités de croissance. Mais qui à Bercy connait ces mécanismes ?

A la rentrée, le débat risque d’être vif.

Entre les partisans de la politique dite de "l'offre" comme Emmanuel Macron et la gauche du PS qui veut une financer une politique de la demande, ça va chahuter. Si le PS s’entête sur son schéma, ce sont dix milliards d’euros qui seront mis à la disposition des ménages avec l’espoir de gagner (peut-être) un point de croissance (avant les élections ?). En tout cas, le faire croire ! Sauf que les dits ménages au lieu de dépenser l’argent mis à leur disposition, s’empresseront de les thésauriser au lieu de les consommer. L’effet anxiogène dû à la dette gigantesque que chaque Français est capable d’apprécier, et aussi aux déficits qui semblent impossibles à combler sont deux entraves qui viennent s’ajouter et compliquent la reprise d’une vraie croissance en contribuant à gripper la machine. C’est bien pour ça  que l’on constate une hausse du taux d’épargne privée beaucoup plus importante que ce qui est habituellement constaté.

On peut donc parier que l’argent d’une relance par la consommation ira pour partie alimenter les importations et pour partie gonfler les assurances-vie ou les livrets d’épargne. Les entreprises françaises n’auront que des miettes. Donc, d’emplois, point à espérer. Au contraire, l’aggravation du chômage pourrait bien en être la résultante.

 

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