L’ONDE DE CHOC DU CAS CAHUZAC
UNE POLITIQUE BATIE SUR LE MENSONGE

LE BOUFFON NE FAIT PLUS RIRE

Hollande fiasco

On a envie de dire : « ça suffit ! ». La France tombe dans l’hystérie collective à force de nier la réalité et pour les dirigeants et l’opinion d’être incapable de l’affronter. Un gouvernant était corrompu et menteur : cela arrive partout et dans tous les camps. Il est poursuivi et sera condamné. Nul n’est besoin de nous sortir tout un arsenal législatif pour accentuer encore un peu plus la chappe qui pèse sur la liberté des Français. Notre pays n’est-il pas suffisamment un univers de contraintes qu’il faille en rajouter ? Et que nous propose-t-on ? Le pire des voyeurismes : tout le monde à poil et gare à celui qui aura la verge trop longue ou à celle qui aura les seins trop arrogants… La gauche nous gratifie d’un exercice dans lequel elle excelle : « montre-moi ce que tu as dans ta gamelle, et gare à toi si tu as plus que moi ! » Dommage que certains à droite se soient vautrés immédiatement dans cette exposition indécente. Il paraît que c’est le prix à payer pour réconcilier les Français avec la classe politique et faire litière du « tous pourris ! ». La ficelle est un peu grosse.

Pas besoin de moralisation !

D’abord parce que notre classe politique est constituée à 99% de gens honnêtes. C’est une certitude que les affaires en cours ne doivent pas occulter, même si les médias se précipitent dessus pour en faire leurs choux gras. Parce que depuis vingt ans, les lois successives ont considérablement limité les moyens de frauder et de s’enrichir, et particulièrement au niveau national. Reste qu’un voyou sera toujours un voyou.

Alors pourquoi tout ce chambard ? L’évidence, c’est que le pouvoir a de bonnes raisons de faire de l’affaire Cahuzac un cas exemplaire en entonnant les trompettes de Jéricho. C’est d’abord un moyen de faire oublier sa propre responsabilité d’avoir mis à un poste aussi emblématique un personnage qui se révélera est le dernier des dissimulateurs. C’est ensuite le souci de reprendre la main en se parant de toutes les vertus alors que la crise de confiance bat son plein. C’est enfin une nécessité intellectuelle pour effacer l’affront fait au « socialisme », car celui-ci se veut être une morale avant d’être une politique.

Assez de leçons de vertu !

Le socialisme est irréalisable en tant que politique. C’est la deuxième fois en un demi-siècle que les Français en font l’amère expérience. C’est bien pourquoi il envoie partout des clercs pour nous faire la morale. Le Parti socialiste est un parti de prêtres : il suffit pour cela de se référer aux discours de Ségolène Royal (grande prêtresse inspirée et habitée), de François Hollande (morceau choisi sur la Finance) ou d’Harlem Désir. Ils excellent à prendre des airs indignés et inspirés et ils ont un art consommé de la condamnation, de l’indignation, de la censure, du bannissement, de l’anathème, de la mise à l’index voire même de la malédiction. Rappelez-vous les séances de l’Assemblée nationale au moment de l’affaire Woerth. Et comme la plupart des journalistes sont socialistes, nous entendons toute la sainte journée des leçons de vertu.

L’intensité du scandale vient donc du fait que le corrompu sort des rangs des professeurs de vertu, dont le discours sur la vertu représente la seule spécificité. On comprend que ça fasse désordre. Il faut donc conjurer ce mauvais coup par un arsenal répressif. Pourtant  si la faillite de Jérôme Cahuzac n’est que « la défaillance d’un homme » comme l’affirme le Président, qu’est-ce qui, alors, justifie un dispositif s’appliquant à tous, élus et gouvernants ? Tant pis si du coup, tout le monde est mis dans le même sac. Cependant, on ne le dira jamais assez, la morale est faite d’abord pour s’appliquer à soi-même. C’est bien pour cette raison qu’il y a des bo-bo : ces gens qui prêchent en permanence aux autres ce dont ils s’exemptent eux-mêmes. Cahuzac n’en est qu’un exemple exacerbé. Sauf qu’il n’y a pas de bo-bo de … droite.

Les paradis n’existent que par l’enfer !

L’opération transparence de la vie politique n’est donc qu’une diversion justifiée par la « morale » mise en cause par un seul. Il est permis de voir dans cette exigence de transparence ultime une régression démocratique, un oubli de cette vertu originelle du gouvernement par le peuple qui consiste à juger les élus non pas pour ce qu’ils sont ou ce qu’ils ont, mais pour ce qu’ils font. On va donc amplifier l’enfer pour lutter contre le paradis. En ne se posant jamais la bonne question : « les paradis fiscaux n’existent-ils pas à cause des enfers ? » à tel point que même dans l’entourage du chef de l’état on trouve des personnes qui pratiquent des opérations financières complexes (légales ?) dans les paradis fiscaux et des boites postales installées aux iles Caïmans. Curieuse façon d’un ancien inspecteur des finances… Ces cas ne sont pas isolés, il ne faut pas être naïf. On ne tardera pas à découvrir qu’il y en bien d’autres. Pour la simple raison que notre pays est devenu un enfer fiscal pour ceux qui créent la richesse, qui travaillent et gagnent de l’argent, pour ceux qui épargnent et veulent transmettre un patrimoine à leurs enfants.

Un pays qui marche sur la tête qui lance une vaste offensive contre les paradis fiscaux et se comporte en paradis fiscal pour des investisseurs qataris aimablement exonérés de toute plus-value immobilière, où l’on ne comprend plus qu’un patron puisse avoir 130 millions d’euros mais où l’on n’est pas choqué que quelqu’un puisse gagner la même somme à un jeu de hasard ou en jouant au foot…

Mais pendant ce temps-là, on ne s’occupe pas du chômage qui continue à faire ses ravages et quelles solutions nous sort-on en urgence ?

Mais pendant ce temps-là, on ne fait pas les réductions de dépenses publiques sans lesquelles le pays ne se relèvera pas.

Mais pendant ce temps-là l’économie continue de s’effondrer rendant chaque jour plus illusoire la reprise de la croissance.

Le pingouin, dans l’étrange lucarne, avait beau avoir les lèvres pincées du gourou offensé pour nous annoncer son attirail de décisions qui ne changeront pas grand-chose, sauf à dépenser des euros qui seraient bien utiles ailleurs, il ne convainc plus. Il serait temps qu’il dégage. La fête a assez duré ! Il nous fatigue !

 

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