ARCHIBALD SE MARRE !
AU PIED DU MUR

PORTRAIT

 

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 BRUNO LE MAIRE

 

Avec Bruno Le Maire, on est tenté par la comparaison avec la « bébette qui monte, qui monte », sauf que le personnage n’a rien de bébette, bien au contraire. Ce que je veux dire par là, c’est que sortie après sortie sur les plateaux de télé, entretien après entretien, il peaufine à petites touches une image de responsable politique dense, clair pour ne pas dire clairvoyant, cohérent et rigoureux. Il pratique un langage devenu rare d’un personnage mettant ses actes en accord avec ses convictions comme celle qui l’a fait démissionner de la haute fonction publique, appartenance qu’il juge incompatible avec un mandat politique.

Cette image de netteté, il la véhicule tout d’un bloc. S’il s’exprime de manière impeccable, son allure l’est tout autant. Avec son physique de gendre idéal, cet ancien normalien de la rue d’Ulm, passionné de littérature, agrégé de lettres modernes, cultive le langage droit et net. Avec lui, les mots ont un sens. Passé par l’ENA, il a le profil adapté pour embrasser la carrière de l’Etat, côté politique.

Dominique de Villepin en fait son directeur de cabinet, Nicolas Sarkozy en fera un Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, puis en 2009 le nommera au prestigieux Ministère de l’Agriculture. Le député de l’Eure excellera dans les deux postes, où il privilégie l’efficacité sur l’esbrouf, en homme soucieux d’assumer ses responsabilités d’homme au pouvoir, à défaut d’être « de pouvoir ». C’est un acteur par tempérament, conscient que la vie est fragile pour avoir vu son père partir prématurément en quelques mois d’une tumeur au cerveau. Lucide, il n’hésite pas à affirmer : « il n’y a pas d’amitié en politique, car l’amitié doit être désintéressée ».

De son expérience du pouvoir, il tire les leçons. Visiblement il a aimé être Ministre de l’Agriculture, poste qu’il a occupé en croisant sa connaissance des arcanes bruxelloises avec un vrai désir de plaider pour le monde rural qui avait besoin d’un avocat efficace. Et manifestement, ce germanophile prépare l’avenir en prenant bien soin de ne pas insulter le passé. Son positionnement par rapport au quinquennat est simple : il ne revendique pas le droit à l’inventaire, comme on dit, mais préconise « l’aggiornamento » des idées et des projets. Un positionnement habile qui lui permet de lancer quelques pistes  qui renouvelle le discours de l’opposition. Son livre « Jours de pouvoir » lui offre l’opportunité d’occuper le devant de la scène, au moment où d’autres sont contraints à une cure d’abstinence.

Mais derrière l’homme lisse et poli, dans tous les sens du terme, on pressent la « lame d’acier ». Le caractère nécessaire pour affronter un jour le combat suprême. Le profil est là. En tout cas, on ne peut s’empêcher d’y songer. Et pourquoi pas ?

 

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