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L’UNION N’EST PAS UNE AUBERGE ESPAGNOLE

 

  Hongrie parlement

La Hongrie peut-elle continuer de faire partie de l’Union européenne ? La question se pose en raison de la non-conformité de la nouvelle constitution et les nouvelles règles démocratiques qu’elle a mis en place, surtout si son opposition interne ne vient pas à bout de son apprenti-dictateur Viktor Orban. Qu'on en juge : il vient de mettre fin à la république par révision constitutionnelle, aux accents de « Dieu bénisse les Hongrois ». Ce qui implique, selon lui, l'interdiction absolue de l'avortement, la chasse à l'homosexualité, l'emprisonnement des sans-abri, une montée de xénophobie et d'antisémitisme.  A cela s’ajoute un verrouillage du fonctionnement démocratique : les journalistes sont licenciés ou poursuivis, la Cour constitutionnelle asservie, le « Conseil budgétaire », chargé de surveiller les finances publiques, supprimé. Enfin tous les postes clefs sont réservés au parti en place, le Fidesz, tandis que les démocrates sont inquiétés pour « complicité avec les crimes communistes ».

Tout cela n'est pas acceptable. La Hongrie a déjà connu des épisodes de ce type dans son histoire : La longue dictature du régent Horthy de la fin de la Première Guerre à celle de la Seconde, les Rakosi et les Kadar de l'ère soviétique, l'exécution du Premier ministre Nagy pour crime de démocratie. Ce renouveau de national-populisme qui a donné les 2/3 des sièges au Fidesz peut être  aussi une rémanence de la frustration ancienne née du traité de Trianon, qui priva en 1920 la Hongrie des deux tiers de ses populations au profit de ses voisins, et qui inspire le slogan : « la Hongrie aux Hongrois ».

Les démocraties s'inquiètent. Bruxelles envisage - avec un courage très mesuré - de priver de son droit de vote dans l'Union ce pays qui viole les règles démocratiques (article 7 du traité de Lisbonne). D'autres pensent à l'exclure. En fait, son état de quasi-faillite aura probablement raison de «l’apprenti- tyran » de Budapest. Sinon, son pays se retrouvera sur une orbite à distance sanitaire de l'Union européenne.

C’est ainsi que le gouvernement hongrois envisage de modifier partiellement sa loi controversée sur la Banque centrale (MNB), une modification exigée par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE), a indiqué vendredi le Premier ministre conservateur hongrois. Mais s’il est son gouvernement est d’accord avec les arguments juridiques de l'UE sur certains articles concernant la nouvelle loi hongroise sur la Banque centrale, cependant, il y en a d'autres, où les positions sont encore éloignées.

Christine Lagarde avait rencontré auparavant le négociateur hongrois, Tamas Fellegi, ce dernier étant chargé des discussions avec le FMI et l'UE en vue d'obtenir un crédit de 15 à 20 milliards d'euros pour renflouer les caisses de l'Etat hongrois au bord de la banqueroute et qui se finance sur le marché international à des taux d'intérêt insupportables sur le long terme. Elle a précisé que le FMI était prêt à soutenir la Hongrie mais qu'elle avait besoin pour cela de « preuves tangibles » de la bonne volonté de Budapest. Le FMI et l'UE avaient interrompu une visite exploratoire à Budapest à la mi-décembre pour protester contre l'adoption de la réforme de la Banque centrale. La question de la Banque centrale hongroise avait été évoquée aussi à Francfort par la Banque centrale européenne (BCE), dont le président, Mario Draghi, avait déclaré que son institution était « vraiment très préoccupée » par la réforme de la constitution décidée en Hongrie, qui menace l'indépendance de la MNB (Banque centrale hongroise).

Bruxelles pourrait bien se servir de l’épée de Damoclès du financement par la BCE pour venir à bout des lois antidémocratiques que le Premier Ministre conservateur a fait voter. Cela suffira-t-il pour empêcher les persécutions politiques et rétablir la liberté d’expression aujourd’hui bafouée, c’est au peuple hongrois de le dire. Sa place dans l’Union européenne pourrait bien en dépendre. Car, si la modération prime aujourd’hui, en raison du respect des textes réglementaires, le temps viendra vite où les sanctions remplaceront les avertissements.

L'Union, on la respecte ou on s'en va !

 

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