AD LITERAM
LE CARNET DE CAMPAGNE DE SERAPHIN

L’INVASION DES INVESTISSEURS BIONIQUES

  Palais_Brongniart_Paris

L’essentiel des ordres de bourse est aujourd’hui réalisé par des ordinateurs qui utilisent des programmes informatiques capables d’analyser et d’exploiter les informations du marché à une vitesse inimaginable. Le temps de réaction d’un ordinateur à une nouvelle information provenant d’une entreprise ou de l’évolution du carnet d’ordres d’un titre est de l’ordre de la milliseconde.

Ce qui est inquiétant, c’est que ce trading automatique déhumanisé tend à s’accroître au point de représenter 54% des transactions américaines aujourd’hui. Si les spécialistes de ce trading à haute fréquence avancent un certain nombre d’avantages dans le cadre de la concurrence acharnée qu’ils se livrent, à savoir que les ordinateurs s’avèrent plus performants que les humains même quand il s’agit de prédire les évolutions des prix, ces pratiques ont néanmoins des effets indésirables et pénalisent notamment les investisseurs traditionnels (i.e. lents) tentés de se retirer du marché  face à ce qu’ils jugent être une concurrence déloyale.

De plus, les ordinateurs sont sujets à des pannes et même des erreurs. On cite l’exemple de l’action United Airlines qui a perdu un jour de 2008 près de 15% de sa valeur en un quart d’heure à la suite de la publication erronée sur internet d’une information vieille de plusieurs années… Qui plus est, le nombre des transactions rend très difficile d’identifier les erreurs, compte tenu de l’interconnexion croissante des prix des différentes classes d’actifs. C’est comme cela que le 6 mai 2010 des titres ont subi en quelques minutes des baisses vertigineuses à cause d’une erreur d’une firme de trading du Kansas, déclenchant un « flash crash »…

Les algorithmes contre les neurones : qui va gagner ? Pas si sûr que la machine l’emporte au final, car l’introduction d’une taxe Tobin réduirait à néant les micromarges générées par le trading à haute fréquence. Qu’est-ce qu’on attend ?

Le problème, pour qu’une taxe sur les transactions financières soit efficace, il faut qu’elle soit prise au niveau mondial pour concerner toutes les places financières pour éviter les délocalisations « déloyales ». Dans le cadre de la mondialisation, les capitaux chercheront toujours le « havre » le plus favorable. Mais rien ne serait plus justifié qu’une taxation de ce type, la financiarisation de l’économie ayant conduit aux effets pervers et aux conséquences catastrophiques que l’on sait. Qu’ils concourent par ce biais à la réparation des dégâts n’est pas immoral n’ont plus.

Le Président de la République a raison quand il veut pousser les feux pour qu’une telle taxation entre en vigueur rapidement, encore faut-il que ce soit à minima au niveau de l’Union européenne. Le décider pour la France toute seule, même à titre d’exemple à valeur d’entraînement, risque d’être au mieux un coup d’épée dans l’eau, au pire la faillite de la bourse de Paris. Cela mérite qu’on y regarde à deux fois !

 

 

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