LES INTELLECTUELS FAUSSAIRES
AD LITERAM

PORTRAIT

 

La campagne pour l’élection présidentielle a ses exigences : l’image compte beaucoup dans une société noyée par les nombreux vecteurs qui sont à notre disposition. Même le téléphone devrait changer de nom tant on le regarde plus qu’on y parle. On sait que les candidats suivent les conseils de spécialistes. Ainsi Ségolène avait-elle adopté un certain type de vêtements, privilégiant le blanc censé seoir à sa « pureté » quasi évangélique. Son ex-mari a dû subir lui aussi un certain nombre de métamorphoses pour se plier à la dictature du « politiquement dans le coup ».

Ces transformations ne m’avaient pas échappé et je m’apprêtais à vous composer son nouveau portrait à ma façon. Mais voilà : un billet de Favilla dans « Les Echos » s’y est attelé et je ne résiste pas à vous le proposer. Il est tellement bien fait…

« Pour les sondages et les médias, c'est une affaire entendue, François Hollande sera le prochain président de la République. Mais une nouvelle question chemine : quel François Hollande ? Ceux qui suivent son parcours depuis longtemps constatent en effet chez lui d'étonnantes transformations.

Au physique, une discipline personnelle et quelques techniques cosmétiques l'ont fait passer de la rondeur à la minceur et d'une calvitie débonnaire à une coiffure certes toujours rare, mais densifiée par quelques apports et une puissante teinture capillaire.

Ces rectifications de surface sont anecdotiques, mais se prolongent par de sensibles réformes de posture. Naguère volontiers avenant, familier ou spirituel, il est devenu gourmé, vertical et un rien sentencieux. A son ancienne rondeur il a substitué un ton parfois autoritaire, qu'on lui a sans doute vendu comme signe d'autorité. Son ancien regard distancié et moqueur s'est transformé en une tendance à fixer les yeux sur un horizon lointain (l'avenir de la France, moderne ligne bleue des Vosges). Pour compléter le tableau, il a jugé utile de mimer à la tribune la gestuelle de Mitterrand jusque parfois dans ses excès de mains, de bras ou de trémolos... Grâce à ses dons naturels il ne se tire pas trop mal de ces réseaux de contraintes, mais on y sent l'effort. De naturel et spontané, il est devenu calculé et construit. A l'image il était présent, le voilà présenté. Au point que certains de ceux qui l'appréciaient ont envie de dire : « Qu'on nous rende Hollande ! ».

« On » lui a sans doute représenté que ces efforts de contention étaient indispensables pour incarner un présidentiable et peut-être évoqué Sarkozy, passé du « bling-bling » à la sobriété. Si c'était le cas, ce pourrait être une erreur stratégique. Car si ce dernier avait à se dépouiller d'un personnage plutôt antipathique, c'est d'une image plutôt sympathique qu'on s'acharne à le débarrasser. »

 

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