MASCARADE ROCHELAISE
AU 31 DU MOIS D’AOUT …

LES RICHES DOIVENT-ILS ETRE SURTAXES ?

 

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C’est une idée devenue courante dans notre pays que les riches bénéficieraient d’un régime de faveur largement dû à un pouvoir politique servile. On nous abreuve tellement à longueur de médias du sort malencontreux des plus pauvres toujours plus pauvres et des riches toujours plus riches qu’on finit par croire à un discours largement alimenté par la gauche qui en a fait son fonds de commerce. Au point que même les riches courent  pour demander qu’on les impose davantage, probablement pour se déculpabiliser de posséder une fortune. On en est donc  arrivé là ! Merci Martine. Passons le ridicule de commentaires comme celui de Charles Aznavour, trouvant que 3% ce n’est pas assez, alors que lui-même vit à Genève.

Dans sa campagne de surenchère permanente entre ses candidats, le PS a lancé une chasse aux riches que pour ma part je trouve malsaine. N’ayant aucune fortune personnelle, je ne puis être taxé de défendre dans cette cause un intérêt personnel. Je me place dans le cadre d’une conception de la société à laquelle je suis attaché, où la liberté d’entreprendre, de réussir ne doit pas être entravée par un état « big brother » et des compatriotes jaloux à l’affût de tout ce qui peut être facteur d’inégalité. Ce qui est en question c’est un projet de société nivelé au point qu’il n’y aurait plus de riches, plus d’écarts de revenus ; on sait ce que cela donne : c’est l’enfer ! Quand il n’y a plus de riches, il ne reste plus que des pauvres.

Les riches en France doivent-ils être surtaxés, ne serait-ce que pour participer à l’effort d’assainissement de nos comptes publics. L’idée couramment admise est que les plus riches bénéficient d’un taux de prélèvement plus faible que celui qui frappe les autres contribuables. C’est vrai que l’imposition des revenus du capital peut bénéficier du prélèvement forfaitaire libératoire de 19%, auquel s’ajoute 12,3% pour les prélèvements sociaux. C’est évidemment plus faible que le taux de 41% de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. Mais s’en tenir là relève de la falsification intellectuelle, car pour ce qui concerne les dividendes, il faut ajouter ce qui a été payé à l’administration fiscale avant leur distribution, en particulier l’impôt sur les sociétés, au taux de 33,3%. On voit alors que le taux d’imposition effectivement supporté par le propriétaire du capital est proche de 46%, sans compter les prélèvement sociaux, ce qui devient au final, considérable.

En France, les riches et le capital ne sont pas sous-taxés, comme on essaie de nous le faire croire. L’impôt sur le revenu conduit même à une sur-taxation du capital, si l’on considère que le capital est constitué à partir d’une épargne qui provient elle-même d’un revenu net déjà amputé par plusieurs impôts. Cette partie épargnée sera ultérieurement taxée par toutes sortes d’impôts, faute d »’avoir été consommée. De ce point de vue, le prélèvement libératoire n’est qu’une atténuation d’une double taxation dont le capital est victime. Imposer davantage les riches constitue donc une injustice fiscale.

Cependant, je distinguerais deux sortes de constitution du capital. Une qu’il faut ménager car elle est porteuse de richesse pour tous, c’est celle qui contribue à la richesse globale en participant au développement de l’entreprise. Cette richesse-là n’est pas prélevée sur les autres, elle est le résultat de ce qui a été créé et a répondu aux besoins d’autrui. Ce capital-là crée de l’emploi, des produits, des services qui, au final profitent à tous. Et puis il y a celle qui s’est bâtie sur l’économie virtuelle par des manipulations financières sans rapport avec l’économie réelle. Elle a permis des fortunes rapides et considérables et est aussi à l’origine des déséquilibres qui ont alimenté la plus grave crise financière depuis 1929. Ce capital-là, celui des traders et des spéculateurs, mérite un sort particulier et même la sévérité fiscale. Les mesures qui ont été prises restent malheureusement insuffisantes parce qu’il faudrait un accord planétaire.

Excepté ce cas, s’opposer à une augmentation de la taxation des plus riches ne constitue pas une défense des intérêts spécifiques de ces derniers, mais la défense des intérêts de tous. C’est tellement vrai, que la gauche au pouvoir met rarement ses actes en accord avec ses discours : Lionel Jospin n’est-il pas le premier ministre qui a le plus « privatisé », et sous Mitterrand la bourse ne s’est jamais aussi bien portée.

On va leur prendre 200 millions de plus. Quand bien même on leur prendrait 2 ou 3 milliards, ce n’est pas ça qui bouchera le gouffre, quand les seuls intérêts de la dette s’élèvent à 45 milliards d’euros. Non, le choix qui se pose à la France est simple : veut-on décourager encore davantage et pousser à l’exil ceux qui sont les plus créateurs de richesse ou veut-on au contraire attirer les plus productifs en éloignant la France de son modèle « d’enfer fiscal » ?

 

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