AH ! LE TOUR …
LA GUERRE DES CENTRES

PROTECTIONNISME ET DEMONDIALISATION

 

Deux députés de l’UMP avaient protestés contre le projet d’Air France de renouveler sa flotte en partageant les achats entre Boeing et Airbus, arguant qu’il fallait privilégier le constructeur européen. Agitation bien inutile : il suffit de constater le nombre de commandes engrangées par l’avionneur européen au dernier salon du Bourget pour se persuader que la concurrence est non seulement saine, mais nécessaire. Elle est encore le meilleur stimulant pour rendre notre industrie aéronautique plus compétitive.

Le protectionnisme, dans le monde de l’économie globalisée, est une forme de myopie. Il relève d’un analphabétisme économique, surtout quand il touche aux idéologies en vogue dans notre pays. Le protectionnisme s’accompagne souvent de discours virulents où se mêlent les méfaits de l’Europe, de l’Euro et de la mondialisation, le tout résumé en délocalisations, chômage et autres misères. Démondialiser et protéger notre économie derrière nos frontières, voilà la solution miracle !

Démondialisation : économie peau de chagrin.

Que le concept de démondialisation soit le fait de quelques nostalgiques de la planification communiste tel Mélanchon, ou de poêtes rêveurs du socialisme tel Montebourg, leur croisade au service de l’économie dirigée risque malgré tout de diffuser dans l’esprit du public et de conduire à des réflexes défensifs antimondialistes et antieuropéens qui ne peuvent que nous nuire.

La démondialisation qu’ils prônent parfois rebaptisée « protectionnisme européen » aurait des conséquences très défavorables pour l’avenir de l’Union Européenne car ce sont des raisonnements qui conduisent à la fin de l’Euro. Les mêmes sirènes existent en Grèce, où l’on comprendra aisément pourquoi- et en Allemagne pour les raisons inverses. Or la fin de la monnaie unique, c’est le retour à la dévaluation compétitive et à la croissance médiocre qu’elle génère encadrée par l’intérêt corporatiste le plus brutal. Une spirale vertigineuse qui conduit à des rigueurs bien plus terribles que celles que nous connaissons actuellement.

Le grand marché européen

On constatera dans un avenir proche que c’est l’importance d’un grand marché unifié européen qui demeure le socle de notre expansion face à un monde dont les évolutions sont  plus rapides que les opinions. Quand les pays émergents seront tombés dans « le piège des moyens revenus » avec les salaires qui augmentent plus vite que la productivité, avec un marché intérieur insuffisamment développé pour soutenir la croissance, c’est le grand marché européen qui permettra à notre vieux continent de faire jouer les avantages comparatifs qui sont les siens en matière d’infrastructures et d’éducation.

Comme pour airbus, le marché mondial est plus porteur pour nos activités que sa version « nationale » étriquée. Au moment où l’Euro pourrait devenir la première monnaie mondiale, il n’est pas innocent d’y penser.

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