MAIS QU’ILS ARRETENT DE BRAIRE !
UN BUDGET DE COMBAT

LA CRISE : LE POINT


Un vent d'optimisme souffle sur la planète économie. La récession terminée, la reprise, même faible, attendrait sur le pas de la porte. D'ailleurs, les bourses mondiales ont repris du poil de la bête - près de 50% de hausse en six mois - et les indicateurs positifs réapparaissent. Qu’en est-il vraiment ?

S’il est vrai qu’il y a des signaux positifs comme l’amorce de reprise sur le marché mondial des ordinateurs où le bon taux de croissance de la Chine, la conjoncture de l’industrie française qui semble aller un peu mieux, il n’en reste pas moins que des Etats-Unis nous viennent des indications qui montrent bien que tout n’est pas réglé, loin de là. Or, sans le redémarrage certain du moteur américain, notre continent ne peut guère espérer de croissance digne de ce nom. Et tout montre que ce sont surtout les pays émergents qui tireront la croissance mondiale en 2010. Voilà pourquoi le FMI, s’il annonce la fin de la récession, reste très prudent sur le retour de la croissance.

Les indicateurs qui fâchent : d’abord l’emploi. Le taux d'emploi des populations aux Etats-Unis est loin de s'améliorer ces derniers mois. Au contraire, mis à part quelques rares périodes de stabilité, il est en chute constante depuis novembre 2007. En août, il est tombé à 59,2%, niveau qu'il n'avait pas connu depuis mars 1984, au sortir de la crise consécutive au second choc pétrolier. Le chômage est loin de ne frapper que la France ou les Etats-Unis. Partout dans le monde, les chiffres explosent. L'Espagne connaît le plus fort taux de chômage des pays de l'OCDE, avec 20% de la population concernée.

Ensuite le logement. Le marché de l'immobilier aux Etats-Unis ne cesse pas de souffrir. Les stocks de logements invendus avaient fortement chuté entre juillet 2008 et janvier 2009, laissant présager un début de retour à la normale. Mais depuis le début de l'année, c'est l'inverse qui se produit, avec une remonté des stocks de 13% sur la période, soit 480 000 unités de plus en attente d'acheteurs. Et ce malgré une remontée de 7,2% des ventes de logements constatées ce même mois de juillet. On peut y voir les conséquences de la fin du moratoire en mars contre les saisies immobilières outre-Atlantique. Selon un dirigeant interrogé à l'époque par le San Fransisco Gate, "il y a environ dans le pays 600 000 propriétés reprises par les banques mais qu'elles n'ont pas remises en vente sur le marché". Un risque majeur pour le secteur, si jamais cette masse de logements devait arriver d'un coup sur le marché.

Autre point noir : les défauts de paiement. Outre leurs placements qui leur ont fait perdre des milliards, les banques américaines doivent faire face à un phénomène en hausse inquiétante : le défaut de paiement de leurs clients, que ce soit sur les prêts immobiliers accordés aux particuliers et aux entreprises ou sur les crédits distribués via les cartes de crédit des particuliers. Sur ces trois supports, l'envolée des défauts de paiement est inquiétante.

Enfin, Les bourses mondiales ont certes repris des couleurs, néanmoins, certains signes montrent que les investisseurs restent encore extrêmement prudents dans leurs investissements. Parmi ces signes, les taux des Treasury Bill (T-Bill) et des Treasury bonds, qui sont des placements sûrs. L'évolution de ces taux montre que la demande reste très forte, en particulier sur les « T-Bill » à trois mois et les « bonds » à deux ans, les rendements étant inversement proportionnels à la demande. Malgré la reprise boursière, les investisseurs n'ont pas encore quitté les « bonds » à deux ans. Et l’on voit bien que le moindre indice défaillant ou décevant fait vaciller les cours.

Un signe encourageant pour finir : depuis janvier 2009, l'opinion des industriels américains remonte la pente, alors qu'elle dégringolait littéralement depuis septembre 2008. concrètement, 11 branches de l'industrie américaine sur 18 sont en croissance. Parmi elles : le textile, la papeterie, l'imprimerie, l'électronique, l'équipement automobile. Il en reste 6 en berne : les métaux primaires, le plastique et le caoutchouc, les meubles, les produits du bois, les produits alimentaires, les boissons et le tabac, les machines-outils. Autrement dit, on n’est pas encore au bout de nos peines.

Demain je vous parlerai du projet de budget de la France pour 2010.


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