SARKOMAGNE
LA GUERRE DES VILLES

CURIEUSE DEMOCRATIE

                          

                               

 

Le Ministre de l’Education vient de faire preuve de sagesse. Car les quelques milliers de lycéens qui bloquent les lycées et manifestent dans les rues ne sont pas là que pour protester contre une réforme. Ils sont la partie visible de l’iceberg idéologique qui sévit dans le service public. Même si sa décision peut avoir un effet désastreux sur l’opinion publique modérée, il ne pouvait pas prendre le risque de laisser la rue à quelques excités en mal de révolte avec tous les dérapages qui n’auraient pas manqué d’en résulter. Benoit Hamon serait trop content. La majorité n’est tout de même pas là pour lui servir la soupe et exaucer ses vœux, lui qui rêve d’une bonne et grosse crise sociale qui déboucherait sur une crise politique.

                                          

Mais dans quelle curieuse démocratie vit-on, où ce sont ceux qui ne votent pas qui imposent leur loi ! Et leur victoire, si victoire il y a, est en réalité la défaite de leur avenir. S’ils étaient lucides, ils verraient bien que sans réforme, le lycée d’aujourd’hui les envoie dans le mur, avec des options qui débouchent sur des voies de garage, et la perspective d’échouer au bout d’un an ou d’eux d’études supérieures. Ceux qui les encadrent ne veulent rien changer, faute d’être capables de se remettre en cause. Et le constat est là : les performances de notre enseignement secondaire diminuent de manière inquiétante. Les comparaisons avec les autres pays de l’OCDE sont sans appel.

                                           

Le lycée n’est pas un droit : il est une discipline qui impose des devoirs, à commencer par celui de l’effort. Avant d’être un plaisir, le savoir est souvent une douleur, celle d’apprendre !

Le baccalauréat n’est pas un droit non plus : il est une récompense !

                     

Encore faudrait-il que ceux qui réclament un lycée juste et solidaire (sic) sachent de quoi ils parlent. La vérité c’est que la massification est un obstacle à la construction démocratique des élites, dont les plus défavorisés socialement sont les premières victimes. Le talent est noyé, la méritocratie bafouée quotidiennement. Ce n’est donc pas avec tous les slogans creux qu’on leur fait recracher, qu’ils construiront un avenir sérieux.

                                    

Les lycéens nous disent qu’il n’y a pas eu de concertation. Un mensonge de plus. Fin juillet un protocole a été signé avec tous les partenaires de l’éducation sur les objectifs de la réforme. Mais à quoi bon. Il faut bien reconnaître que si la désinformation a pu fonctionner c’est que par ailleurs il y a eu déficit de communication. Et Xavier Darcos a appris à ses dépens en allant se fourvoyer dans un face à face avec les représentants élus des lycéens, comme Jacques Chirac en son temps, que les jeunes n’ont plus aucune retenue et n’ont aucun respect des convenances. Donner le spectacle d’un Ministre qui se fait huer et chahuter est toujours désolant. Il est vrai que ceux qui les encadrent ont déjà bien du mal à leur apprendre le respect, et à se faire respecter eux-mêmes.

                                           

Peut-être a-t-on, après des années de renoncement devant ses mouvements erratiques, tous gouvernements confondus, la jeunesse que l’on mérite !

                           

                                                

 

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