HISTOIRE
LA SEMAINE D’ARCHIBALD
PENDANT LES QUERELLES … LA CRISE CONTINUE

LE CONCERT

                                                                                               

                                                                                        

Ils sont trois sur scène, trois guitaristes. Derrière eux, le podium sur lequel est installé l’ensemble complexe des percussions qui ne laissent émerger que le haut du tronc du batteur et les mouvements théâtraux de ses bras prolongés par les baguettes.

                                                                                    

Au centre, le chanteur, muni d’une guitare acoustique qui rythme son chant, se dandine devant le micro. Il est accompagné, à droite, de la guitare basse que le musicien sollicite en gestes larges et lents pour obtenir de longs sanglots qui se prolongent et résonnent. Celui qui est à gauche tient une guitare électrique serrée contre lui. Les genoux demi-fléchis dans l’attitude si caractéristique du guitariste de musique moderne, il est concentré sur sa ligne mélodique, la tête baissée vers ses mains qui se déplacent en rythme cadencé sur les cordes et le manche de l’instrument.

                                                                        

Un éclairage blanc tombant verticalement sur chacun d’eux accentue les contrastes avec l’ombre qui envahit toute la scène. La voix chaude s’est collée au micro pour mieux prendre possession de la salle. Puis les instruments prennent le relais. Insensiblement le rythme s’accélère. Le chanteur a abandonné le micro et se balance d’arrière en avant en cadence, tandis que ses compères passent d’un pied sur l’autre, d’avant en arrière, au gré des pulsions qu’ils génèrent. La tension a gagné le guitariste de gauche dont les mains courent de plus en plus frénétiquement sur l’instrument. Les notes se superposent, ponctuées par les coups sourds de la caisse et les battements colorés des percussions, pour former un ensemble plein qui remplit tout le volume du théâtre.

                                                                                                                                                         

Les jeux de lumière s’animent maintenant, les couleurs alternent et accordent leurs mouvements aux sons, gagnés qu’ils sont  par le crescendo. Les musiciens tournent maintenant le dos au public. Ils entourent le batteur comme pour mieux se mettre à son tempo. Pendant qu’il martèle ses différentes caisses, ponctuant d’éclairs de cymbales la frénésie qu’il produit, les guitaristes suivent et accélèrent en une trépidation convulsive dont l’intensité augmente en ondes successives qui paraissent ne devoir jamais s’arrêter. Le stromboscope flashe la scène d’une pulsation éblouissante qui accroît l’effet spasmodique des sons et de la lumière. La salle vibre, nos poitrines encaissent physiquement les halètements suraigus des instruments. On atteint le paroxysme dans une sorte de transe immatérielle qui sature les cerveaux sans laisser le moindre espace. Puis, soudain, celui qui chantait fait un saut prodigieux sur la scène, guitare en main, et en retombant, d’un coup, libère…le silence, et plonge la scène dans le noir absolu.

                                                                           

Repos !

 

 

C'était "Minor Majority" au THV de Saint-Barthélemy...                                                       

                                                                                         

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